• Al-Kindî ⋅ Les rayons des étoiles ⋅ cité par A. de Libera, Penser au Moyen Âge, Seuil, 1991, p. 266 12 11 20

    Chaque chose d’ici-bas, que ce soit une sub­stance ou un acci­dent, émet des rayons à l’instar des astres. La grande diver­si­té des choses de ce monde pro­vient tout entière de ce choc de rayons. Toute l’action des étoiles s’effectue par l’intermédiaire des rayons. Il n’est pas jusqu’à la voix humaine qui ne pro­duise des rayons et qui, comme toutes les autres choses réelles, n’agisse par leur inter­mé­diaire dans le monde des quatre éléments.…

  • Al-Kindî ⋅ De radiis 29 06 21

    […] Le pre­mier et le prin­ci­pal acci­dent néces­saire à la géné­ra­tion d’une chose grâce au modèle de l’image men­tale est le désir de l’homme qui ima­gine que la chose existe. En effet, le désir joint à l’imagination est sem­blable à la scam­mo­née mélan­gée au remède, qui consti­tue par sa ver­tu propre l’ensemble du remède laxa­tif. Ainsi le désir qui prend l’homme de voir se pro­duire un mou­ve­ment dans une ou plu­sieurs choses indi­vi­duelles, ajou­té à l’imagination de ce même mou­ve­ment, rend cette ima­gi­na­tion capable de mettre en mou­ve­ment les choses indi­vi­duelles situées à l’extérieur, grâce aux rayons qui leur sont…

  • Al-Kindî ⋅ De radiis 30 06 21

    Parce que les hommes croient que les mots contiennent un effet moteur, […] les sons pro­duits en acte émettent des rayons comme le font les autres choses en acte, et ils agissent sur le monde des élé­ments de la même manière que les autres choses indi­vi­duelles. Et du fait qu’il existe d’innombrables sons dif­fé­rents, cha­cun d’eux, pro­non­cé en acte, a son effet propre, dif­fé­rent de l’effet des autres, dans les autres choses com­po­sées d’éléments. L’harmonie céleste donne leur effet propre aux sons, ain­si qu’aux herbes et à d’autres choses et, de la même manière, elle donne des effets qua­li­ta­ti­ve­ment très…

  • Al-Kindî ⋅ De radiis

    Le désir humain est dans le cœur, qui est le centre d’où pro­viennent toutes les actions volon­taires, et ce centre pos­sède sa propre nature cen­trique, d’une cer­taine manière sem­blable à celle du monde. Car l’homme, indi­vi­dué par sa com­plexion propre, naît conforme au monde, puisque chaque par­tie du monde par­ti­cipe à son indi­vi­dua­tion. De là vient le fait que le centre du monde pro­duit à sa manière une cen­tri­ci­té dans chaque homme indi­vi­duel, et même dans chaque ani­mal. C’est pour­quoi le centre de l’homme le dirige dans ses mou­ve­ments, comme le centre du monde dirige celui-ci à sa manière dans…