• Djuna Barnes ⋅ « January » ⋅ Ladies Almanack sho­wing their Signs and their tides ; their Moons and their Changes ; the Seasons as it is with them ; their Eclipses and Equinoxes ; as well as a full Record of diur­nal and noc­tur­nal Distempers 09 06 26

    Aussi cou­pante dans sa déri­sion qu’un ins­tru­ment chi­rur­gi­cal, la voix réson­nait d’un bout à l’autre de l’année, jour après jour, sans par­ve­nir à d’autre conclu­sion que celle-ci : — J’ai tâté tous les pro­cé­dés, mathé­ma­tiques, poé­tiques, sta­tis­tiques et ration­nels pour péné­trer au cœur de ce désordre appe­lé filles. Filles ! Et nulle part je n’ai pu décou­vrir la source où la femme puise cette pré­ro­ga­tive qui la rend si habile à pro­di­guer la Béatitude à nulle autre pareille. Qui lui a impar­ti les ins­truc­tions, la saga­ci­té et la tur­pi­tude néces­saire ? Où et dans quelle chambre obs­cure l’arbre fut-il à ce point coupé…

  • Djuna Barnes ⋅ « April » ⋅ Ladies Almanack sho­wing their Signs and their tides ; their Moons and their Changes ; the Seasons as it is with them ; their Eclipses and Equinoxes ; as well as a full Record of diur­nal and noc­tur­nal Distempers

    La mélan­co­lie aiguë affecte sou­vent celles qui ont péné­tré fort avant en la Matière alors que glous­se­ments espiègles et humeur folâtre semblent l’apanage de celles qui en sont aux tout pre­miers stades. Les jeunes Donzelles enamou­rées se dis­tinguent par leur fai­blesse de concen­tra­tion, leur manque de réflexion, leur ten­dance à gigo­ter, gam­ba­der, gam­biller et poser un œil bala­deur sur toute belle brû­lante du même désir de bati­fo­ler. Surviennent les fris­sons, les fièvres noc­turnes, la mania­cale et bizarre habi­tude d’inventorier des objets aus­si com­muns que les pavés, les bon­nets de hus­sards (lors qu’elles habitent Londres), les flèches de clo­cher, les panerées…