• Olivier Cadiot ⋅ « Cap au mieux (entre­tien avec Philippe Mangeot & Pierre Zaoui) » 19 01 16

    D’où la néces­si­té de faire autre chose : atta­quons la méta­phore avec ses propres armes, envoyez un virus d’image dans l’imagerie. Ça fait des bulles. Cuisine gazeuze, je lis ça sur un menu : Marshmallow de par­me­san, Lait élec­trique, Caviar sphé­rique de melon, Truffe-nitro cou­lant de pis­tache, Soupe d’huile d’olive à l’orange san­guine, Nitro-pâte de fruit de rama­rillo, Morphings de patate. Plat du jour : Métonymie heu­reuse. Et à volonté.…

  • Olivier Cadiot ⋅ « Cap au mieux (entre­tien avec Philippe Mangeot & Pierre Zaoui) »

    La pre­mière per­sonne est d’abord une manière de dire : pré­sent — comme on dit « pré­sent » en classe, au moment de l’appel. Allow me to intro­duce myself. Or il a fal­lu que je gagne mon pré­sent. J’ai été éle­vé à l’idée de la dis­cré­tion, nour­ri au Beckett ou au Bartleby… Mais j’ai bien dû consta­ter ce que cela pou­vait pro­duire de rhé­to­rique, de pos­ture, de prê­chi-prê­cha. Ça finit par don­ner du basique res­sas­sé. Le majeur du mineur. Il y a là un pro­blème qu’il fau­drait exa­mi­ner dans tous les arts, dans toutes les dimen­sions poli­tiques et humaines : com­ment, à un moment…

  • Pierre Alferi , Olivier Cadiot ⋅ « La méca­nique lyrique » ⋅ Revue de lit­té­ra­ture générale 03 11 17

    Le but n’est pas de redon­ner ses lettres de noblesse à l’écriture, mais de les lui enle­ver, de la sous­traire aux cri­tères qui com­mandent, d’autant mieux qu’ils res­tent impli­cites, sa crtique et sa pro­duc­tion : Produits Industriels de Fiction ou Artisanat Local de Poésie. Objets ver­baux non iden­ti­fiés Dans un fic­tif pre­mier temps, pour essayer d’échapper à cette fausse alter­na­tive, on a inté­rêt à se fabri­quer des objets. Il faut que quelque chose arrête, que quelque chose objecte. Des objets-freins. Plutôt que d’un appel du vide (dont il n’y a rien à dire à moins de ver­ser dans une pénible mystique…

  • Olivier Cadiot ⋅ Médecine géné­rale 05 12 21

    Pendant que je rou­lais avec le corps de mon frère, en train de se décom­po­ser légè­re­ment, tous deux trim­ba­lés sur l’autoroute, j’écoutais l’Incarnatus est de la plus belle des messes de Haydn. Ce petit bout de musique chan­tée pré­ten­dait opé­rer en quelques minutes un miracle : Et homo fac­tus est. Un homme ? Une femme ? Un être humain prend corps devant nous. Et par paliers, ça s’incarne, c’est fait. Ça n’arrête pas de naître, des fleurs s’ouvrent en accé­lé­ré, la peau se construit et les yeux s’ouvrent. Ça se fabrique sous nos yeux. Ça donne des forces. Il faut au moins trois voix…

  • Olivier Cadiot ⋅ Futur, ancien, fugitif 06 12 16

    6. L’ÎLE, GÉNÉRALITÉS. Les roches appa­raissent à nu dans les mon­tagnes. Certaines ne contiennent pas de trace d’êtres vivants. D’autres ne contiennent que des débris ou des corps entiers d’animaux ou de plantes. Les eaux tra­versent le sol et s’enfoncent à une grande pro­fon­deur. Si on creuse un puits on trouve les ani­maux les plus petits dont les sque­lettes tombent en myriade au fond de la terre. Dans l’île la res­pi­ra­tion est un phé­no­mène géné­ral. L’eau qui tombe sur le sol pro­vient des nuages. Ceux-ci, refroi­dis au contact des mon­tagnes se condensent et donnent de la neige ou de la pluie…