• Jérôme Cardan ⋅ Le livre de ma vie 29 12 22

    J’avais cou­tume, au grand éton­ne­ment de beau­coup, de me cau­ser de la dou­leur, […] parce que je pen­sais que le plai­sir consis­tait dans l’apaisement de la dou­leur pré­cé­dente : si, donc, la dou­leur est volon­taire, il est facile de l’apaiser. Et parce que je sais d’expérience que je ne peux jamais être tota­le­ment exempt de dou­leur, et que si d’aventure cela se pro­duit, me pénètre l’esprit un élan­ce­ment tel­le­ment pénible que rien ne peut être plus gênant, si bien qu’une dou­leur est un moindre mal, ou bien une cause de dou­leur dépour­vue de honte ou de dan­ger, j’ai ima­gi­né de me…

  • Jérôme Cardan ⋅ Le livre de ma vie

    Tu écri­ras, me dis-je, mais com­ment écrire des livres qui se lisent ? Et sur quels sujets assez pres­ti­gieux et assez bien connus de toi pour pou­voir espé­rer des lec­teurs ? Et avec quel style, quelle élé­gance dans la langue pour évi­ter de les las­ser ? Admettons qu’il y ait des lec­teurs. Le temps pas­sant, les livres ne s’ajoutent-ils pas de jour en jour aux livres au point de faire dédai­gner, pour ne pas dire négli­ger, les plus anciens ? Ils dure­ront bien quelques années ? Combien ? Cent ? Mille ? Dix mille ? Donne-moi l’exemple d’un seul, par­mi tant de mil­liers ? Et comme tout doit finir, que…