• Frédéric Goubier ⋅ « Dire et vou­loir dire dans la logique médié­vale : Quelques jalons pour situer une frontière » 25 10 17

    Lambert Marie de Rijk a décrit le XIIe siècle logi­co-séman­tique comme le moment où émergent et se déve­loppent des approches « contex­tuelles » du lan­gage, en ce sens que les ana­lyses s’intéressent de manière crois­sante au rap­port entre les varia­tions de valeurs de véri­té des énon­cés et leur com­po­si­tion – le contexte est ici intra­lin­guis­tique. Au tour­nant du XIIIe siècle naît la « théo­rie de la sup­po­si­tion », à savoir, pour une part au moins, une approche sys­té­ma­tique des condi­tions de véri­té des pro­po­si­tions à par­tir des pro­prié­tés intrin­sèques attri­buées aux termes : type de quan­ti­fi­ca­tion, temps du verbe, moda­li­tés alé­thiques, res­tric­tion adjec­ti­vale, etc. Frédéric Goubier,…

  • Frédéric Goubier ⋅ « Dire et vou­loir dire dans la logique médié­vale : Quelques jalons pour situer une frontière »

    La sup­po­si­tio est l’élément-clé de ce dis­po­si­tif. Elle four­nit trois types d’informations : le « mode de sup­po­ser » indique 1) la nature du sup­po­si­tum ou des sup­po­si­ta (les ‘réfé­rents’ d’un sub­stan­tif don­né peuvent être des choses, le concept sous lequel elles tombent, le sub­stan­tif lui-même) et, 2) à l’intérieur de la dési­gna­tion de choses, le type de quan­ti­fi­ca­tion (exis­ten­tielle, uni­ver­selle et ses varia­tions) ; 3) les concepts d’ampliatio et de res­tric­tio se chargent eux du cal­cul du volume des sup­po­si­ta. Au XIVe siècle, et dans une bien moindre mesure au XIIIe, la dis­tinc­tion entre modi sup­po­nen­di per­met à la théo­rie d’aborder d’emblée…

  • Frédéric Goubier ⋅ « Dire et vou­loir dire dans la logique médié­vale : Quelques jalons pour situer une frontière »

    La théo­rie de la sup­po­si­tion, dans la ver­sion déve­lop­pée au XIIIe siècle, est avant tout concer­née par les caté­go­rèmes – et par les effets de quelques syn­ca­té­go­rèmes triés sur le volet, comme les quan­ti­fieurs. Elle ne repré­sente tou­te­fois qu’une par­tie de l’édifice séman­tique : son socle, pour l’essentiel, qu’une séman­tique des syn­ca­té­go­rèmes com­plète et pré­sup­pose par ailleurs. Dotée d’un espace lit­té­raire propre, cette séman­tique se déploie dans l’un des réseaux théo­riques les plus riches, les plus sophis­ti­qués et des moins connus du Moyen Âge phi­lo­so­phique, un réseau de concepts et d’arguments dia­lec­ti­que­ment déve­lop­pés dans l’analyse des sophis­ma­ta. Les dis­cus­sions aux­quelles ces…

  • Frédéric Goubier ⋅ « Dire et vou­loir dire dans la logique médié­vale : Quelques jalons pour situer une frontière »

    Un sophis­ma est une pro­po­si­tion qui met en jeu cer­taines carac­té­ris­tiques d’un (ou plu­sieurs) syncatégorème(s) donné(s). Le jeu consiste à dis­tin­guer dif­fé­rents sens à cette pro­po­si­tion, déter­mi­ner pour cha­cun d’entre eux sa valeur de véri­té et, sur­tout, la mesure dans laquelle il peut être jus­ti­fié par une action syn­ca­té­go­ré­ma­tique. En prin­cipe, donc, chaque sophis­ma – ou chaque famille de sophis­ma­ta – est une occa­sion d’évaluer une situa­tion séman­tique impli­quant le fonc­tion­ne­ment de cer­tains mots du lan­gage. La lit­té­ra­ture des sophis­ma­ta, c’est la ligne de front, le lieu où l’analyse logique ren­contre les phé­no­mènes séman­tiques. Si la pru­dence invite à ne…