• Maël Guesdon ⋅ Mon plan 22 12 21

    Et depuis qu’il a com­pris qu’à chaque fois qu’il déconne suf­fi­sam­ment, on lui demande de reco­pier, au futur et sous une forme néga­tive, la conne­rie com­mise, mon plan choi­sit très scru­pu­leu­se­ment ses façons de décon­ner afin de reco­pier des conne­ries qu’il juge suf­fi­sam­ment inté­res­santes pour être reco­piées. C’est à ce moment-là seule­ment, après tout, qu’on lui demande d’écrire. C’est quand il sait qu’on l’obligera à retrans­crire conscien­cieu­se­ment ce qu’il ne devait pas faire (voir à reprendre, mot à mot, ce qu’il ne devait pas dire) qu’il trouve la moti­va­tion suf­fi­sante pour abou­tir à quelques conne­ries qui en valent la peine.…

  • Maël Guesdon ⋅ Mon plan

    Un de ces jours où je suis très petit, on s’arrête une nuit de vacances dans cette mai­son que je ne connais pas, une sorte de cha­let désaf­fec­té, ouvert à l’endroit des arbres. Je veux dor­mir mais le lit est bor­dé d’une manière si rigou­reuse qu’il m’est impos­sible de le défaire tout seul. Quelqu’un m’aide. Les draps froids, tirés, presque infi­nis m’aplatissent et, sou­dain, je sors, par la force des choses, de mon habi­tude d’être en boule. Je tends les bras, j’étire les jambes, le cou : je suis pour la pre­mière fois pris dans cette forme d’extension de la pâte…

  • Marie de Quatrebarbes , Maël Guesdon ⋅ « La fin des histoires » 03 02 25

    En ce moment je cherche pour mes vieux jours une méthode qui me per­met­trait de pas­ser en dou­ceur du futur au condi­tion­nel. On raconte qu’au cours de la deuxième année de son règne, Nabuchodonosor a fait quelques rêves trou­blants qui ont agi­té son esprit et ren­du son som­meil capri­cieux. Il convoque les ensor­ce­leurs, mages, astro­logues, devins et enchan­teurs du coin pour qu’ils l’aident, et leur dit : — J’ai rêvé un rêve, et mon esprit s’est trou­blé du désir de com­prendre ce rêve. Après une phrase de défé­rence qui sou­haite au roi de vivre long­temps, voire éter­nel­le­ment, les enchan­teurs lui répondent : — Raconte…

  • David Christoffel , Maël Guesdon ⋅ Le bien-être par la poésie 09 07 26

    Vous pou­vez, bien sûr, éclair­cir vos mobiles. Vous pou­vez même vous mon­trer capable de for­mu­ler vos rêves les plus secrets. Vous pou­vez repé­rer, une à une, les rai­sons qui vous font agir, celles qui vous retiennent d’en faire plus, tirer les consé­quences de vos urgences et de vos empê­che­ments. Vous pou­vez aus­si vous entraî­ner à voir en vous comme à tra­vers une eau claire et calme. Mais tous ces efforts de trans­pa­rence ne vous évi­te­ront pas de ren­con­trer des gens qui auront à cœur de vous empê­cher de les réa­li­ser et qui remue­ront constam­ment la sur­face de vous-mêmes pour créer…

  • David Christoffel , Maël Guesdon ⋅ Le bien-être par la poésie

    Il nous est tous un jour arri­vé de rece­voir un petit tas de reproches et de n’en accep­ter qu’un seul, même pas le plus ter­rible, sur­tout pas le plus aigui­sé, pour pou­voir lui appor­ter une franche et sub­tile objec­tion et, fina­le­ment, ne pas rete­nir la moindre leçon de ces griefs.…

  • David Christoffel , Maël Guesdon ⋅ Le bien-être par la poésie

    Que celles et ceux d’entre vous qui font de la bicy­clette se rap­pellent leurs débuts. Vous êtes sur la route. Vous vous cram­pon­nez à votre gui­don dans la crainte de tom­ber. Avec l’enthousiasme des com­men­ce­ments, vous oscil­lez entre le trop plein d’élan et l’appréhension des chan­ge­ments d’allures qui presque tou­jours vous dés­équi­librent. Alors que le vélo va déjà trop vite, vous avez le sen­ti­ment dif­fus qu’en arrê­tant de péda­ler ou en frei­nant, vous ris­que­riez de perdre le peu d’équilibre que vous donne la vitesse acquise. Et tout à coup, vous aper­ce­vez un simple petit caillou, en plein milieu du chemin…

  • David Christoffel , Maël Guesdon ⋅ Le bien-être par la poésie

    Mais que vous viviez toute la course sur le registre du tra­que­nard ou sur celui de la bonne leçon, vous êtes, de toute manière, en train de la conclure violemment.…

  • David Christoffel , Maël Guesdon ⋅ Le bien-être par la poésie

    À force de mul­ti­plier les tons, les into­na­tions, les rythmes, les silences, les accen­tua­tions, les timbres, les modu­la­tions et les régimes de convic­tion, en accé­lé­rant le rythme jusqu’à au moins quinze ou seize répé­ti­tions simul­ta­nées, vous-même ne sera plus qu’une sorte de fan­toche de vous-même facile à répéter.…

  • David Christoffel , Maël Guesdon ⋅ Le bien-être par la poésie

    Remarquez plu­tôt comme ces lacets, ces cir­con­vo­lu­tions vous per­mettent de res­pi­rer le monde dans toute sa gamme d’aléas super­fé­ta­toires, légers, sym­pa­thiques et pol­luants. Sans doute aurez-vous quel­que­fois le sen­ti­ment de ne pas méri­ter tout ceci : ce n’est que le début.…