• Justine Huppe ⋅ La lit­té­ra­ture embarquée 03 09 23

    De prime abord, la notion d’embarcation insiste sur l’impureté de toute pen­sée et de toute action, et, dès lors, elle rap­pelle que l’écriture lit­té­raire, mal­gré sa ten­dance his­to­rique à refou­ler ses sou­bas­se­ments pra­tiques et maté­riels, n’a rien d’une pra­tique sacrée. Mais, plus qu’une piqûre de rap­pel, la notion ren­voie plus géné­ra­le­ment à ce qui serait la condi­tion par­ta­gée des militant⋅es, intellectuel⋅les et artistes : dans un monde deve­nu rétif à toute appré­hen­sion tota­li­sante et dans lequel l’autonomie de la sphère intel­lec­tuelle ne va plus de soi, « être embar­qué » dit à la fois la perte d’un magis­tère, la fra­gi­li­sa­tion d’une assise fixe…

  • Justine Huppe ⋅ La lit­té­ra­ture embarquée

    Doit-on admettre si faci­le­ment que la seule manière pour les textes lit­té­raires d’être en prise avec le réel serait d’adopter la réfé­ren­tia­li­té des témoi­gnages, études de cas, ana­lyses du quo­ti­dien et autres auto­bio­gra­phies ? N’y a‑t‑il pas lieu de pen­ser que les signes dis­posent d’une pano­plie plus éten­due de manières de réfé­rer ? […] Cette foca­li­sa­tion est le fait ou d’un atta­che­ment à un modèle cor­res­pon­dan­tiste (il y aurait le lan­gage d’un côté, le réel de l’autre, et entre les deux des ponts jetés par la réfé­rence) ou, plus géné­ra­le­ment, d’une dif­fi­cul­té à recon­naître que la lit­té­ra­ture est autre chose qu’un simple…