• Moïse Maïmonide ⋅ Le Guide des égarés 21 11 20

    Si quelqu’un croyait que Zéïd est debout, au moment où il est assis, sa dévia­tion de la véri­té ne serait pas [grave] comme la dévia­tion de celui qui croi­rait que le feu est au-des­sous de l’air, ou que l’eau est au-des­sous de la terre, ou que la terre est plane, et d’autres choses sem­blables ; la dévia­tion de ce der­nier ne serait pas comme la dévia­tion de celui qui croi­rait que le soleil est [tiré de l’élément] du feu, ou que le ciel est un hémi­sphère, et d’autres choses sem­blables ; la dévia­tion de ce troi­sième ne serait pas comme la déviation…

  • Moïse Maïmonide ⋅ Le Guide des égarés

    [La ques­tion se pose de savoir pour­quoi Dieu est dit, bien que tou­jours méta­pho­ri­que­ment, doué de vue et d’ouïe, mais pas de tou­cher ni de goût.] La cause en est qu’il est éta­bli dans l’imagination de tous que Dieu ne sau­rait être en contact avec les corps comme l’est un corps avec un autre, puisque [les hommes] ne peuvent le voir ; or, ces deux sens, je veux dire le goût et le tact, ne per­çoivent les objets de leur sen­sa­tion qu’en les tou­chant, tan­dis que la vue, l’ouïe et l’odorat per­çoivent les objets de leur sen­sa­tion, lors même que les corps…

  • Moïse Maïmonide ⋅ Le Guide des égarés

    Le but de tous [les attri­buts de Dieu] n’est autre que de lui attri­buer la per­fec­tion [en géné­ral], et non pas cette chose même qui est une per­fec­tion pour ce qui d’entre les créa­tures est doué d’une âme. La plu­part sont des attri­buts [venant] de ses actions diverses ; car la diver­si­té des actions ne sup­pose pas l’existence d’idées diverses dans l’agent. Je vais te don­ner à cet égard un exemple pris dans les choses qui existent près de nous, [pour te mon­trer] que, l’agent était un, il en résulte pour­tant des actions diverses, lors même qu’il n’aurait pas de volonté,…

  • Moïse Maïmonide ⋅ Le Guide des égarés

    Suppose qu’un homme ait cette notion qu’il existe [quelque chose qu’on appelle] un navire, sans pour­tant savoir si la choses à laquelle s’applique ce nom est une sub­stance ou un acci­dent ; qu’ensuite une autre indi­vi­du ait recon­nu que ce n’est point un acci­dent ; un autre ensuite, que ce n’est point un miné­ral ; un autre, que ce n’est pas non plus un ani­mal ; un autre, que ce n’est pas non plus un végé­tal encore atta­ché à la terre ; un autre, que ce n’est pas non plus un seul corps for­mant un ensemble natu­rel ; un autre, que ce n’est pas non plus…

  • Moïse Maïmonide ⋅ Le Guide des égarés

    Quant à celui qui prête à Dieu un attri­but affir­ma­tif, il ne sait [de lui] rien que le simple nom, mais l’objet auquel, dans son ima­gi­na­tion, ce nom s’applique, est quelque chose qui n’existe pas ; c’est plu­tôt une inven­tion et un men­songe, et c’est comme s’il appli­quait ce nom à un non-être, car il n’y a dans l’être rien de pareil. Il en est comme de quelqu’un qui, ayant enten­du le nom de l’éléphant et ayant su que c’est un ani­mal, dési­re­rait en connaître la figure et la véri­table nature, et à qui un autre, trom­pé ou trom­peur, dirait : « C’est…

  • Moïse Maïmonide ⋅ Le Guide des égarés

    Tous les corps qui naissent et péris­sent ne sont sujets à la cor­rup­tion que du côté de leur matière seule ; du côté de la forme et en consi­dé­rant la forme en elle-même, ils ne sont point sujets à la cor­rup­tion, mais sont per­ma­nents. Tu vois, en effet, que toutes les formes spé­ci­fiques sont per­pé­tuelles et per­ma­nentes ; la cor­rup­tion n’atteint la forme qu’accidentellement, je veux dire en tant qu’elle est jointe à la matière. Il est dans la véri­table nature de la matière que celle-ci ne cesse jamais d’être asso­ciée à la pri­va­tion ; c’est pour­quoi elle ne conserve aucune forme [indi­vi­duelle],…

  • Moïse Maïmonide ⋅ Le Guide des égarés

    Je crois aus­si pou­voir indi­quer la rai­son pour laquelle notre langue [hébraïque] est appe­lée la « langue sainte » ; car il ne faut pas croire que ce soit là de notre part un vain mot ou une erreur, mais c’est une véri­té. C’est que, dans cette langue sacrée, il n’a été créé aucun mot pour [dési­gner] l’organe sexuel des hommes et des femmes, ni pour l’acte même qui amène la géné­ra­tion, ni pour le sperme, ni pour l’urine, ni pour les excré­ments. Pour toutes ces choses, il n’a point été créé de terme pri­mi­tif dans la langue hébraïque, mais on les désigne…