• Stéphane Mallarmé ⋅ lettre à Eugène Lefébure, lun­di 27 mai 1867 17 01 16

    Je crois que pour être bien l’homme, la nature se pen­sant, il faut pen­ser de tout son corps ― ce qui donne une pen­sée pleine et à l’unisson comme ces cordes du vio­lon vibrant immé­dia­te­ment avec sa boîte de bois creux. Les pen­sées par­tant du seul cer­veau (dont j’ai tant abu­sé l’été der­nier et une par­tie de cet hiver) me font main­te­nant l’effet d’airs joués sur la par­tie aiguë de la chan­te­relle dont le son ne récon­forte pas dans la boîte, ― qui passent et s’en vont sans se créer, sans lais­ser de traces d’elles. En effet, je ne me…