• Friedrich Schiller ⋅ De la poé­sie naïve et sentimentale 11 11 17

    Interroge-toi bien, lorsque dégoû­té des arti­fices et des abus de la socié­té tu te sens, dans ta soli­tude, atti­ré par la nature inani­mée : est-ce que ce sont leurs bri­gan­dages, leur impor­tu­ni­té, leur désa­gré­ment, ou bien est-ce leur anar­chie morale, leur arbi­traire, leurs désordres qui te répugnent en eux ? Dans les pre­miers, ton cou­rage doit se plon­ger avec joie et ta récom­pense doit être la liber­té même que tu en tires. Certes, tu peux tou­jours te fixer le bon­heur natu­rel comme hori­zon loin­tain, mais vise seule­ment le bon­heur dont tu es digne. […] Veille à agir pro­pre­ment dans cette flé­tris­sure, librement…

  • Friedrich Schiller ⋅ « Les poètes sentimentaux » ⋅ De la poé­sie naïve et sentimentale 12 11 17

    Je dois rap­pe­ler une fois encore que la satire, l’élégie et l’idylle, que je consi­dère ici comme les trois seules caté­go­ries pos­sibles de poé­sie sen­ti­men­tale, n’ont rien de com­mun avec les trois formes par­ti­cu­lières de poé­sie que l’on connaît ordi­nai­re­ment sous ce nom, mais ne désigne qu’une manière de sen­tir, propre à celles-là et à celles-ci. Quant à mon­trer que, hors du champ de la poé­sie naïve, il ne peut y avoir que ces trois manières de sen­tir et ces trois sortes de poé­sie, que donc cette divi­sion couvre tout le champ de la poé­sie sen­ti­men­tale, c’est ce qui peut…

  • Friedrich Schiller ⋅ « Les poètes sentimentaux » ⋅ De la poé­sie naïve et sentimentale

    La nature a accor­dé au poète naïf la faveur d’agir tou­jours comme une uni­té indi­vi­sible, d’être à tout ins­tant un tout indé­pen­dant et par­fait et de repré­sen­ter au sein du monde réel l’humanité dans sa plus haute valeur. De l’autre côté, elle a don­né au poète sen­ti­men­tal la force, ou plus exac­te­ment elle a impri­mé en lui l’instinct vivace de recons­ti­tuer par lui-même m’unité qui lui a été ôtée par l’abstraction, de com­plé­ter en lui l’humanité, et de s’élever d’un état limi­té à un état illi­mi­té. Dem nai­ven Dichter hat die Natur die Gunst erzeigt, immer als eine unge­teilte Einheit…

  • Friedrich Schiller ⋅ « Les poètes sentimentaux » ⋅ De la poé­sie naïve et sentimentale

    En toute rigueur, le but du poète ne sau­rait être d’adopter un ton ven­geur ni un ton plai­sant. Le pre­mier est trop sérieux pour ce jeu que doit tou­jours être la poé­sie ; le second est trop fri­vole pour le sérieux qui doit fon­der tout jeu poé­tique. Streng genom­men ver­trägt zwar der Zweck des Dichters weder den Ton der Strafe noch den der Belustigung. Jener ist zu ernst für das Spiel, was die Poesie immer sein soll ; die­ser ist zu fri­vol für den Ernst, der allem poe­ti­schen Spiel zugrunde lie­gen soll.…