• Grégoire Sourice ⋅ La gelée du vivant 13 02 22

    L’erreur des Égyptiens qui écrivent que le souffle de vie entre par l’oreille droite et le souffle de mort par l’oreille gauche ; l’erreur d’Hippocrate qui sup­pose que le souffle arrive d’abord au cer­veau, lais­sant dans celui-ci sa par­tie la plus active, celle qui est intel­li­gence et connais­sance. L’erreur répan­due dans l’Égypte antique à pro­pos d’un cœur qui parle, du cœur qui parle à tra­vers les vais­seaux de chaque membre ; l’erreur d’Alcméon qui croit que les artères véhi­culent de l’air ; l’erreur des Grecs selon qui le cœur pos­sède un feu inné situé dans le ven­tri­cule gauche : la res­pi­ra­tion le refroi­dit, le…

  • Grégoire Sourice ⋅ La gelée du vivant

    Sur les berges du fleuve qui tra­verse la ville, une pièce d’un euro dans la vase, l’effigie du roi d’Espagne au pied du châ­teau d’Amboise, tout crot­té. Dans les jar­dins autour de nous, l’indésirable, ou le sur­gis­se­ment du prin­temps, se résume à l’apparition de pâque­rettes sur les pelouses. Cela déferle, une gelée grise, vague for­mée de nano-machines, masse homo­gène et inco­lore de machines invi­sibles à l’œil nu, et qui se répliquent d’une manière effré­née. La crainte com­mune d’un com­plet rem­plis­sage, le com­plot de la ter­reur-du-rem­plis­sage, et sa réponse, le désir de faire le vide, le désir de vider. Je ne passe…