• Jean Starobinski ⋅ « Les mal­en­ten­dus » ⋅ Jean-Jacques Rousseau, la trans­pa­rence et l’obstacle 05 05 24

    Avant de deve­nir écri­vain, Rousseau a décou­vert la force et l’impuissance de la parole. À Bossey, chez les Lambercier, ses pro­tes­ta­tions d’innocence ne lui ont été d’aucun secours : « Les appa­rences me condam­naient. » À Turin, chez les Vercellis, où il a volé un ruban, il accuse la pauvre Marion, il ment avec « une impu­dence infer­nale », et les juges intègres se laissent prendre à son men­songe : « Les pré­ju­gés étaient pour moi. » La parole ne peut rien et peut tout : elle est inca­pable de vaincre les « appa­rences » men­son­gères, et elle est capable d’inspirer des « pré­ju­gés » qui résistent vic­to­rieu­se­ment à la véri­té. Aucune parole…