• Claudine Tiercelin ⋅ « Métaphysique et phi­lo­so­phie de la connaissance » ⋅ Annuaire du Collège de France 2010–2011 09 04 18

    Le rela­ti­visme est un terme qui recouvre toute une famille de doc­trines, selon le domaine auquel il s’applique (rela­ti­visme onto­lo­gique, lin­guis­tique, moral, esthé­tique, cultu­rel, social, etc.) et selon aus­si le degré que l’on est prêt à lui don­ner (rela­ti­visme des faits, de la jus­ti­fi­ca­tion de nos croyances, de nos rai­sons épis­té­miques, morales, esthé­tiques ?), ou selon encore que l’on estime ou non que l’ intro­duc­tion d’un para­mètre de rela­ti­vi­té, quel qu’il soit, engage ou non à une posi­tion rela­ti­viste. Selon les cas, le rela­ti­visme sera reçu comme une posi­tion soit inco­hé­rente, soit inévi­table sans être for­cé­ment hos­tile à l’idée de connaissance,…

  • Claudine Tiercelin ⋅ « Normes, valeurs et ver­tus épistémiques »

    Pour William James, au contraire : il n’est pas tou­jours mau­vais de croire sur la base d’évidences insuf­fi­santes. Il y a des cas où en sui­vant la voie selon laquelle on peut pré­fé­rer l’injonction « nous devons connaître la véri­té » et non l’autre « nous devons évi­ter l’erreur », il peut être bon (voire ration­nel) de croire des choses qu’on n’a pas de rai­sons bien assu­rées de croire et même, dans cer­tains cas, il peut être bon de croire à l’encontre des don­nées dont on dis­pose. Il faut dis­tin­guer, d’une part, entre jus­ti­fi­ca­tion épis­té­mique et jus­ti­fi­ca­tion éthique, d’autre part, ce qui peut valoir (et…

  • Claudine Tiercelin ⋅ « Lectures aris­to­té­li­ciennes » 10 04 18

    « si la phro­ne­sis (pru­dence ou saga­ci­té), contrai­re­ment à la sagesse, est liée à la par­tie irra­tion­nelle de l’âme, et donc inti­me­ment liée à la morale, elle est comme la sagesse une ver­tu intel­lec­tuelle » / « de même que la sagesse sup­pose un double état, scien­ti­fique et ration­nel qui per­met de démon­trer à par­tir de prin­cipe pre­mier, et celui intel­lec­tif qui per­met de sai­sir les pre­miers prin­cipes de toute démons­tra­tion ; la saga­ci­té ou pru­dence sup­pose un double état : déli­bé­ra­tif et pro­pre­ment ration­nel (per­met de trou­ver les moyens en vue d’une fin) et celui intel­lec­tif qui per­met de sai­sir les fins ultimes de…

  • Claudine Tiercelin ⋅ « Métaphysique et phi­lo­so­phie de la connaissance » ⋅ Annuaire du Collège de France 2010–2011 09 04 18

    La stra­té­gie contex­tua­liste, qu’il importe de dis­tin­guer de la posi­tion rela­ti­viste : « savoir » est un terme essen­tiel­le­ment rela­tif, dont les condi­tions d’application et le sens varient selon les contextes. Si « P est vrai pour moi » signi­fie « Je crois que P », on a sim­ple­ment un cas de désac­cord. Le contex­tua­liste dit qu’une phrase est vraie dans un contexte où elle est énon­cée par X, pas vraie dans un autre. Mais, dans le contexte C, la phrase énon­cée est abso­lu­ment vraie (bref, la véri­té elle-même n’est pas contex­tuelle, ce que conteste un rela­ti­viste pour qui 1) la véri­té change avec le temps, en fonc­tion du sujet, etc. ; 2) le…