﻿{"id":15620,"date":"2020-12-16T20:28:15","date_gmt":"2020-12-16T19:28:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.testanonpertinente.net\/?p=15620"},"modified":"2024-08-12T10:51:38","modified_gmt":"2024-08-12T09:51:38","slug":"15620","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/testanonpertinente.net\/?p=15620","title":{"rendered":"litanie, neige, recouvrement, r\u00e9p\u00e9tition, (Walser, Petite prose)"},"content":{"rendered":"<p>Il neige, il neige. Il neige tout ce que le ciel contient de neige, et c\u2019est consi\u00add\u00e9\u00adrable. Sans arr\u00eat, sans d\u00e9but et sans fin. Il n\u2019y a plus de ciel, tout est chute de neige grise, blanche. Il n\u2019y a plus d\u2019air non plus, il est plein de neige. Il n\u2019y a plus de terre non plus, elle est cou\u00adverte de neige, et encore de neige. Toits, routes, arbres sont enve\u00adlop\u00adp\u00e9s de neige. Il neige sur tout, et c\u2019est com\u00adpr\u00e9\u00adhen\u00adsible, car quand il neige, la neige tombe sur tout, on l\u2019aura com\u00adpris, sans excep\u00adtion. Tout doit por\u00adter la neige, objets fixes et objets mobiles, par exemple les voi\u00adtures, les meubles et les immeubles, les pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9s et tout ce qui est trans\u00adpor\u00adtable, et les pieux, piquets et poteaux autant que les hommes qui marchent. Il ne reste pas le moindre recoin \u00e9par\u00adgn\u00e9 par la neige, \u00e0 l\u2019exception de ce qui est dans des mai\u00adsons, dans des tun\u00adnels et dans des grottes. Des for\u00eats enti\u00e8res, des champs, des mon\u00adtagnes, des villes, des vil\u00adlages, des domaines sont enve\u00adlop\u00adp\u00e9s de neige. La neige tombe sur des \u00c9tats entiers, sur des bud\u00adgets d\u2019\u00c9tat. Seuls les lacs et les fleuves ne sont jamais ennei\u00adg\u00e9s. On ne peut pas cou\u00advrir un lac de neige du moment que l\u2019eau, tout sim\u00adple\u00adment, absorbe et avale la neige&nbsp;; en revanche, d\u00e9po\u00adtoirs, d\u00e9tri\u00adtus, haillons, gue\u00adnilles, rocs et rocailles ont for\u00adte\u00adment ten\u00addance \u00e0 \u00eatre recou\u00adverts de neige. Chiens, chats, pigeons, moi\u00adneaux, vaches et che\u00advaux sont cou\u00adverts de neige, et de m\u00eame, cha\u00adpeaux, man\u00adteaux, robes, pan\u00adta\u00adlons, chaus\u00adsures et nez. Sur les che\u00adveux des jolies femmes, il neige sans fa\u00e7on, et de m\u00eame, sur les visages, les mains et les cils des mignons enfants qui vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Tout ce qui marche, s\u2019arr\u00eate, rampe, saute ou bon\u00addit est bien pro\u00adpre\u00adment cou\u00advert de neige. Les haies sont d\u00e9co\u00adr\u00e9es de petites boules blanches, les affiches mul\u00adti\u00adco\u00adlores se couvrent de blanc, ce qui, ici et l\u00e0, ne g\u00e2te rien. Les r\u00e9clames sont ren\u00addues inof\u00adfen\u00adsives et invi\u00adsibles, ce dont les com\u00adman\u00addi\u00adtaires se plaignent en vain. Il y a des che\u00admins blancs, des murs blancs, des branches blanches, des tiges blanches, des por\u00adtails de jar\u00addin blancs, des champs blancs, des col\u00adlines blanches et Dieu sait quoi encore. Avec assi\u00addui\u00adt\u00e9, avec constance, il conti\u00adnue de nei\u00adger, cela ne va jamais s\u2019arr\u00eater, semble-t-il. Toutes les cou\u00adleurs, rouge, vert, brun et bleu sont cou\u00advertes de blanc. O\u00f9 que l\u2019on regarde, tout est d\u2019une blan\u00adcheur de neige&nbsp;; o\u00f9 que tu portes les yeux, tout est d\u2019une blan\u00adcheur de neige. Et c\u2019est silen\u00adcieux, c\u2019est chaud, c\u2019est meuble, c\u2019est propre. Assur\u00e9ment, se salir dans la neige pour\u00adrait \u00eatre assez dif\u00adfi\u00adcile, voire com\u00adpl\u00e8\u00adte\u00adment impos\u00adsible. Toutes les branches de sapin sont cou\u00advertes de neige, ploient jusqu\u2019\u00e0 terre sous l\u2019\u00e9pais far\u00addeau blanc, obs\u00adtruent le che\u00admin. Le che\u00admin&nbsp;? Comme s\u2019il y avait encore un che\u00admin&nbsp;! On marche, et tout en mar\u00adchant, on esp\u00e8re que l\u2019on est sur le bon che\u00admin. Et c\u2019est le silence. La neige a amor\u00adti tout mur\u00admure, tout bruit, tous les sons et tous les \u00e9chos. On n\u2019entend que le silence, l\u2019absence de son qui, vrai\u00adment, ne fait pas beau\u00adcoup de bruit. Et il fait chaud, dans toute cette dense douce neige, chaud comme dans un salon douillet o\u00f9 les gens pai\u00adsibles sont ras\u00adsem\u00adbl\u00e9s pour une f\u00eate \u00e9l\u00e9\u00adgante, aimable. Et c\u2019est rond, \u00e0 la ronde, tout est comme arron\u00addi, lis\u00ads\u00e9. Les ar\u00eates, les angles et les pointes sont cou\u00adverts de neige. Ce qui \u00e9tait aigu et poin\u00adtu est main\u00adte\u00adnant coif\u00adf\u00e9 d\u2019un capu\u00adchon blanc, et de ce fait, arron\u00addi. Tout le dur, le gros\u00adsier, le rabo\u00adteux, est recou\u00advert de neige avec obli\u00adgeance, avec une aimable com\u00adplai\u00adsance. O\u00f9 que tu ailles, tu ne marches que sur quelque chose de meuble, de blanc, et tout ce que tu touches est doux, humide et mou. Tout est voi\u00adl\u00e9, nive\u00adl\u00e9, att\u00e9\u00adnu\u00e9. L\u00e0 o\u00f9 r\u00e9gnait le mul\u00adtiple et le divers, il n\u2019y a plus qu\u2019une chose, la neige&nbsp;; et l\u00e0 o\u00f9 il y avait des contrastes, il n\u2019y a plus qu\u2019une seule chose, la neige. Quelle dou\u00adceur, quelle paix dans toutes les appa\u00adrences diverses, par\u00admi toutes les formes reli\u00e9es pour com\u00adpo\u00adser un seul visage, un seul tout, r\u00eaveur. Une forme unique r\u00e8gne. Ce qui d\u00e9pas\u00adsait beau\u00adcoup est amoin\u00addri, et ce qui saillait de la com\u00admu\u00adnau\u00adt\u00e9 est au ser\u00advice, au meilleur sens du terme, d\u2019un ensemble gran\u00addiose, beau et bon. Mais je n\u2019ai pas encore tout dit. Patiente encore un peu. J\u2019aurai bien\u00adt\u00f4t fini, bien\u00adt\u00f4t. Car l\u2019id\u00e9e me vient qu\u2019un h\u00e9ros qui se serait d\u00e9fen\u00addu avec cou\u00adrage contre une puis\u00adsance sup\u00e9\u00adrieure, qui n\u2019aurait pas vou\u00adlu entendre par\u00adler de se rendre, qui aurait accom\u00adpli son devoir jusqu\u2019au bout, pour\u00adrait \u00eatre tom\u00adb\u00e9 dans la neige. La neige dili\u00adgente aurait ense\u00adve\u00adli le visage, la main, le pauvre corps avec sa bles\u00adsure san\u00adglante, le noble sto\u00ef\u00adcisme, la m\u00e2le r\u00e9so\u00adlu\u00adtion, l\u2019\u00e2me vaillante, cou\u00adra\u00adgeuse. On peut mar\u00adcher sur cette tombe sans rien remar\u00adquer, mais lui, qui repose sous la neige, il est bien, il est tran\u00adquille, il a la paix, il est chez lui. \u2013 Sa femme est au logis, \u00e0 la fen\u00eatre, et elle voit qu\u2019il neige et elle pense&nbsp;: \u00ab&nbsp;O\u00f9 peut-il bien \u00eatre et com\u00adment va-t-il&nbsp;? Il va s\u00fbre\u00adment bien.&nbsp;\u00bb Tout \u00e0 coup, elle le voit, elle a une vision. Elle s\u2019\u00e9carte de la fen\u00eatre, elle s\u2019assied, et elle pleure.<\/p>\n<p>Es schneit, schneit, was vom Himmel herun\u00adter mag, und es mag Erkleckliches herun\u00adter. Das h\u00f6rt nicht auf, hat nicht Anfang und nicht Ende. Einen Himmel gibt es nicht mehr, alles ist ein graues weisses Schneien. Eine Luft gibt es auch nicht mehr, sie ist voll Schnee. Eine Erde gibt es auch nicht mehr, sie ist mit Schnee und wie\u00adder mit Schnee zuge\u00addeckt. D\u00e4cher, Strassen, B\u00e4ume sind ein\u00adges\u00adch\u00adneit. Auf alles schneit es herab, und das ist begrei\u00adflich, denn wenn es schneit, schneit es begrei\u00adfli\u00adcher\u00adweise auf alles herab, ohne Ausnahme. Alles muss den Schnee tra\u00adgen, feste Gegenst\u00e4nde wie Gegenst\u00e4nde, die sich bewe\u00adgen, wie z.B. Wagen, Mobilien wie Immobilien, Liegenschaften wie Transportables, Bl\u00f6cke, Pfl\u00f6cke und Pf\u00e4hle wie gehende Menschen. Kein Fleckchen exis\u00adtiert, das vom Schnee unber\u00fchrt bleibt, aus\u00adser was in H\u00e4usern, in Tunneln oder in H\u00f6hlen liegt. Ganze W\u00e4lder, Felder, Berge, St\u00e4dte, D\u00f6rfer, L\u00e4ndereien wer\u00adden ein\u00adges\u00adch\u00adneit. Auf ganze Staatswesen, Staatshaushaltungen schneit es herab. Nur Seen und Fl\u00fcsse sind unein\u00adsch\u00adnei\u00adbar. Seen sind unm\u00f6\u00adglich ein\u00adzu\u00adsch\u00adneien, weil das Wasser allen Schnee ein\u00adfach ein- und auf\u00adschluckt, aber daf\u00fcr sind Ger\u00fcmpel, Abf\u00e4llsel, Hudeln, Lumpen, Steine und Ger\u00f6ll sehr veran\u00adlagt, ein\u00adges\u00adch\u00adneit zu wer\u00adden. Hunde, Katzen, Tauben, Spatzen, K\u00fche und Pferde sind mit Schnee bedeckt, eben\u00adso H\u00fcte, M\u00e4ntel, R\u00f6cke, Hosen, Schuhe und Nasen. Auf das Haar von h\u00fcb\u00adschen Frauen schneit es unge\u00adniert herab, eben\u00adso auf Gesichter, H\u00e4nde und auf die Augenwimpern von zur Schule gehen\u00adden zar\u00adten klei\u00adnen Kindern. Alles, was steht, geht, kriecht, l\u00e4uft und springt, wird sau\u00adber ein\u00adges\u00adch\u00adneit. Hecken wer\u00adden mit weis\u00adsen B\u00f6llerchen ges\u00adchm\u00fcckt, far\u00adbige Plakate wer\u00adden weiss zuge\u00addeckt, was da und dort viel\u00adleicht gar nicht schade ist. Reklamen wer\u00adden unsch\u00e4d\u00adlich und unsicht\u00adbar gemacht, wor\u00fc\u00adber sich die Urheber ver\u00adge\u00adblich bek\u00adla\u00adgen. Weisse Wege gibt\u2019s, weisse Mauern, weisse \u00c4ste, weise Stangen, weisse Gartengitter, weisse \u00c4cker, weisse H\u00fcgel und weiss Gott was sonst noch alles. Fleissig und emsig f\u00e4hrt es fort mit Schneien, will, scheint es, gar nicht wie\u00adder aufh\u00f6\u00adren. Alle Farben, rot, gr\u00fcn, braun und blau, sind vom Weiss ein\u00adge\u00addeckt. Wohin man schaut, ist alles schnee\u00adweiss&nbsp;; wohin du blickst, ist alles schnee\u00adweiss. Und still ist es, warm ist es, weich ist es, sau\u00adber ist es. Sich im Schnee schmut\u00adzig zu machen, d\u00fcrfte sicher ziem\u00adlich schwer, wenn nicht \u00fcbe\u00adrhaupt unm\u00f6\u00adglich sein. Alle Tannen\u00e4ste sind voll Schnee, beu\u00adgen sich unter der dicken weis\u00adsen Last tief zur Erde herab, vers\u00adper\u00adren den Weg. Den Weg&nbsp;? Als wenn es noch einen Weg g\u00e4be&nbsp;! Man geht so, und indem man geht, hofft man, dass man auf dem rech\u00adten Weg sei. Und still ist es. Das Schneien hat alles Ger\u00e4usch, allen L\u00e4rm, alle T\u00f6ne und Sch\u00e4lle ein\u00adges\u00adch\u00adneit. Man h\u00f6rt nur die Stille, die Lautlosigkeit, und die t\u00f6nt wah\u00adrhaf\u00adtig nicht laut. Und warm ist es in all dem dich\u00adten wei\u00adchen Schnee, so warm wie in einem hei\u00adme\u00adli\u00adgen Wohnzimmer, wo fried\u00adfer\u00adtige Menschen zu irgen\u00addei\u00adnem fei\u00adnen lie\u00adben Vergn\u00fcgen ver\u00adsam\u00admelt sind. Und rund ist es, alles ist rund\u00adhe\u00adrum wie abge\u00adrun\u00addet, abge\u00adgl\u00e4t\u00adtet. Sch\u00e4rfen, Ecken und Spitzen sind zuges\u00adch\u00adneit. Was kan\u00adtig und spit\u00adzig war, besitzt jetzt eine weisse Kappe und ist somit abge\u00adrun\u00addet. Alles Harte, Grobe, Holperige ist mit Gef\u00e4lligkeit, freund\u00adli\u00adcher Verbindlichkeit, mit Schnee, zuge\u00addeckt. Wo du gehst, trittst du nur auf Weiches, Weisses, und was du anr\u00fchrst, ist sanft, nass und weich. Verschleiert, aus\u00adge\u00adgli\u00adchen, abges\u00adchw\u00e4cht ist alles. Wo ein Vielerlei und Mancherlei war, ist nur noch eines, n\u00e4m\u00adlich Schnee&nbsp;; und wo Gegens\u00e4tze waren, ist ein Einziges und Einiges, n\u00e4m\u00adlich Schnee. Wie s\u00fcss, wie fried\u00adlich sind alle man\u00adnig\u00adfal\u00adti\u00adgen Erscheinungen, Gestalten mitei\u00adnan\u00adder zu einem ein\u00adzi\u00adgen Gesicht, zu einem ein\u00adzi\u00adgen sin\u00adnen\u00adden Ganzen ver\u00adbun\u00adden. Ein ein\u00adziges Gebilde herr\u00adscht. Was stark her\u00advor\u00adtrat, ist ged\u00e4mpft, und was sich aus der Gemeinsamkeit empo\u00adrhob, dient im sch\u00f6ns\u00adten Sinne dem sch\u00f6\u00adnen, guten, erha\u00adbe\u00adnen Gesamten. Aber ich habe noch nicht alles gesagt. Warte noch ein wenig. Gleich, gleich bin ich fer\u00adtig. Es f\u00e4llt mir n\u00e4m\u00adlich ein, dass ein Held, der sich tap\u00adfer gegen eine \u00dcbermacht wehrte, nichts von Gefangengabe wis\u00adsen wollte, seine Pflicht als Krieger bis zu aller\u00adletzt erf\u00fcllte, im Schnee k\u00f6nnte gefal\u00adlen sein. Von fleis\u00adsi\u00adgem Schneien wurde das Gesicht, die Hand, der arme Leib mit der blu\u00adti\u00adgen Wunde, die edle Standhaftigkeit, der m\u00e4nn\u00adliche Entschluss, die brave tap\u00adfere Seele zuge\u00addeckt. Irgendwer kann \u00fcber das Grab hin\u00adweg\u00adtre\u00adten, ohne dass er etwas merkt, aber ihm, der unterm Schnee liegt, ist es wohl, er hat Ruhe, er hat Frieden, und er ist daheim. \u2013 Seine Frau steht zu Hause am Fenster und sieht das Schneien und denkt dabei&nbsp;: \u00ab&nbsp;Wo mag er sein, und wie mag es ihm gehen&nbsp;? Sicher geht es ihm gut.&nbsp;\u00bb Pl\u00f6tzlich sieht sie ihn, sie hat eine Erscheinung. Sie geht vom Fenster weg, sitzt nie\u00adder und&nbsp;weint.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il neige, il neige. Il neige tout ce que le ciel contient de neige, et c\u2019est consi\u00add\u00e9\u00adrable. Sans arr\u00eat, sans d\u00e9but et sans fin. Il n\u2019y a plus de ciel, tout est chute de neige grise, blanche. Il n\u2019y a plus d\u2019air non plus, il est plein de neige. 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