﻿{"id":19315,"date":"2021-10-18T12:15:47","date_gmt":"2021-10-18T11:15:47","guid":{"rendered":"https:\/\/testanonpertinente.net\/?p=19315"},"modified":"2021-11-12T12:18:29","modified_gmt":"2021-11-12T11:18:29","slug":"19315","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/testanonpertinente.net\/?p=19315","title":{"rendered":""},"content":{"rendered":"<p>CH\u0152UR&nbsp;: Tu as com\u00adbat\u00adtu sur le front de la guerre civile<br>\nL\u2019ennemi ne t\u2019a trou\u00adv\u00e9 aucune faiblesse<br>\nNous ne t\u2019avons trou\u00adv\u00e9 aucune faiblesse.<br>\nA pr\u00e9\u00adsent tu es toi-m\u00eame une faiblesse<br>\nQu\u2019il ne faut pas que l\u2019ennemi nous trouve.<br>\nTu as dis\u00adtri\u00adbu\u00e9 la mort dans la ville de Witebsk<br>\nAux enne\u00admis de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion sur notre&nbsp;ordre<br>\nSachant&nbsp;: le pain quo\u00adti\u00addien de la r\u00e9volution<br>\nDans la ville de Witebsk comme dans d\u2019autres villes<br>\nEst la mort de ses enne\u00admis, sachant&nbsp;: l\u2019herbe m\u00eame<br>\nIl nous faut l\u2019arracher afin qu\u2019elle reste&nbsp;verte<br>\nNous les avons tu\u00e9s de ta&nbsp;main.<br>\nPourtant un matin dans la ville de Witebsk<br>\nToi-m\u00eame, de ta main, tu n\u2019as pas&nbsp;tu\u00e9<br>\nNos enne\u00admis ni sur notre&nbsp;ordre<br>\nEt il faut que tu sois tu\u00e9, toi-m\u00eame un ennemi.<br>\nAccomplis ta t\u00e2che \u00e0 ce der\u00adnier&nbsp;poste<br>\nO\u00f9 la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion t\u2019a&nbsp;plac\u00e9<br>\nAu mur, et qui sera ta derni\u00e8re<br>\nComme tu as accom\u00adpli ton autre&nbsp;t\u00e2che<br>\nSachant&nbsp;: le pain quo\u00adti\u00addien de la r\u00e9volution<br>\nDans la ville de Witebsk comme dans d\u2019autres villes<br>\nQue tu ne quit\u00adte\u00adras pas sur tes&nbsp;pieds<br>\nEst la mort de ses enne\u00admis, sachant&nbsp;: l\u2019herbe m\u00eame<br>\nIl nous faut l\u2019arracher afin qu\u2019elle reste&nbsp;verte.<br>\nA&nbsp;: J\u2019ai accom\u00adpli ma&nbsp;t\u00e2che.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Accomplis ta derni\u00e8re.<br>\nA&nbsp;: J\u2019ai tu\u00e9 pour la r\u00e9volution.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Meurs pour&nbsp;elle<br>\nA&nbsp;: J\u2019ai com\u00admis une erreur.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Tu es l\u2019erreur.<br>\nA&nbsp;: Je suis un&nbsp;homme.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Qu\u2019est-ce que c\u2019est.<br>\nA&nbsp;: Je ne veux pas mourir.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Nous ne te deman\u00addons pas si tu veux mourir.<br>\nLe mur dans ton dos est le der\u00adnier&nbsp;mur<br>\nDans ton dos. La r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion n\u2019a plus besoin de&nbsp;toi<br>\nElle a besoin de ta mort. Mais tant que tu ne dis pas&nbsp;Oui<br>\nAu Non qui a \u00e9t\u00e9 pro\u00adnon\u00adc\u00e9 sur&nbsp;toi<br>\nTu n\u2019as pas accom\u00adpli ta&nbsp;t\u00e2che.<br>\nDevant les fusils bra\u00adqu\u00e9s de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion qui a besoin de ta&nbsp;mort<br>\nApprends ta der\u00adni\u00e8re le\u00e7on. Ta der\u00adni\u00e8re le\u00e7on&nbsp;est&nbsp;:<br>\nToi, qui es col\u00adl\u00e9 au mur, tu es ton enne\u00admi et le&nbsp;n\u00f4tre.<br>\nA&nbsp;: Dans les pri\u00adsons d\u2019Omsk \u00e0 Odessa<br>\nM\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit sur le corps, ce&nbsp;texte<br>\nLu sous les bancs d\u2019\u00e9cole et dans les latrines<br>\nPROL\u00c9TAIRES DE TOUS LES PAYS UNISSEZ-VOUS<br>\n\u00c0 coups de poings et de crosses, de talons de bottes et de pointes de chaussures<br>\n\u00c0 moi, le fils de petit bour\u00adgeois au samo\u00advar personnel<br>\nPr\u00e9par\u00e9 \u00e0 une car\u00adri\u00e8re eccl\u00e9siastique<br>\nSur le plan\u00adcher creu\u00ads\u00e9 \u00e0 genoux devant l\u2019ic\u00f4ne.<br>\nMais de bonne heure je quit\u00adtai mes marques.<br>\nDans les assem\u00adbl\u00e9es, les mani\u00adfes\u00adta\u00adtions, les gr\u00e8ves<br>\nCharg\u00e9 par les cosaques orthodoxes<br>\nTortur\u00e9 sans entrain par des fonc\u00adtion\u00adnaires avachis<br>\nJe n\u2019appris rien sur la vie apr\u00e8s la&nbsp;mort.<br>\nTuer je l\u2019appris dans les com\u00adbats prolong\u00e9s<br>\nContre l\u2019encerclement, \u00e0 l\u2019\u00e9poque du meurs ou&nbsp;tue<br>\nNous disions&nbsp;: qui ne veut pas tuer n\u2019aura rien \u00e0 manger<br>\nPlanter la ba\u00efon\u00adnette dans un ennemi<br>\nCadet, offi\u00adcier, ou pay\u00adsan, qui n\u2019avait rien compris<br>\nNous disions&nbsp;: c\u2019est une t\u00e2che comme n\u2019importe quelle autre<br>\nD\u00e9foncer les cr\u00e2nes et&nbsp;tirer.<br>\nA [CH\u0152UR] : Mais un matin dans la ville de Witebsk<br>\nAvec le bruit proche de la bataille la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion me&nbsp;donna<br>\nPar la voix du par\u00adti l\u2019ordre<br>\nDe me char\u00adger du tri\u00adbu\u00adnal r\u00e9volutionnaire<br>\nDans la ville de Witebsk qui dis\u00adtri\u00adbue la&nbsp;mort<br>\nAux enne\u00admis de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion dans la ville de Witebsk.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Tu as com\u00adbat\u00adtu sur le front de la guerre civile<br>\nL\u2019ennemi ne t\u2019a trou\u00adv\u00e9 aucune faiblesse<br>\nNous ne t\u2019avons trou\u00adv\u00e9 aucune faiblesse.<br>\nAbandonne le front et occupe le&nbsp;poste<br>\nO\u00f9 la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion a besoin de toi d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent<br>\nJusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle ait besoin de toi \u00e0 un autre&nbsp;poste<br>\nM\u00e8ne notre com\u00adbat dans notre dos, distribue<br>\nLa mort aux enne\u00admis de la r\u00e9volution.<br>\nA [CH\u0152UR] : Et j\u2019\u00e9tais d\u2019accord avec cette mission.<br>\nSachant&nbsp;: le pain quo\u00adti\u00addien de la r\u00e9volution<br>\nEst la mort de ses enne\u00admis, sachant&nbsp;: l\u2019herbe m\u00eame<br>\nIl nous faut l\u2019arracher, afin qu\u2019elle reste&nbsp;verte<br>\nJ\u2019\u00e9tais d\u2019accord avec la mission<br>\nQue la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion m\u2019avait attribu\u00e9e<br>\nPar la voix du par\u00adti dans le bruit de la bataille.\/<br>\nEt tuer \u00e9tait autre chose que&nbsp;tuer<br>\nEt c\u2019\u00e9tait une t\u00e2che comme aucune autre.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Ta t\u00e2che d\u00e9bute aujourd\u2019hui. Celui qui l\u2019a accom\u00adplie avant&nbsp;toi<br>\nIl faut qu\u2019il soit tu\u00e9 avant demain, lui-m\u00eame un ennemi.<br>\nA [CH\u0152UR] : Pourquoi lui.<br>\nB&nbsp;: Devant mon revol\u00adver trois paysans<br>\nEnnemis de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion par ignorance.<br>\nDans leurs dos les mains, li\u00e9es par des cordes<br>\nSont ab\u00ee\u00adm\u00e9es par le tra\u00advail, li\u00e9e au revolver<br>\nPar ordre de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion, voi\u00adci ma&nbsp;main<br>\nMon revol\u00adver poin\u00adt\u00e9 sur leurs nuques,<br>\nLeurs enne\u00admis sont mes enne\u00admis, je le&nbsp;sais<br>\nMais ceux qui sont devant moi, le visage vers la carri\u00e8re<br>\nNe le savent pas, et moi qui le&nbsp;sais<br>\nN\u2019ai aucun autre ensei\u00adgne\u00adment pour leur ignorance<br>\nQue la balle. J\u2019ai dis\u00adtri\u00adbu\u00e9 la&nbsp;mort<br>\nLe revol\u00adver ma troi\u00adsi\u00e8me&nbsp;main<br>\nAux enne\u00admis de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion dans la ville de Witebsk<br>\nSachant&nbsp;: le pain quo\u00adti\u00addien de la r\u00e9volution<br>\nEst la mort de ses enne\u00admis, sachant&nbsp;: l\u2019herbe m\u00eame<br>\nIl nous faut l\u2019arracher, afin qu\u2019elle reste&nbsp;verte<br>\nSachant&nbsp;: par ma main tue la r\u00e9volution.<br>\nJe ne le sais plus, je ne peux plus&nbsp;tuer.<br>\nJe d\u00e9gage ma main de l\u2019ordre<br>\nQue la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion m\u2019a&nbsp;donn\u00e9<br>\nUn matin dans la ville de Witebsk<br>\nPar la voix du par\u00adti dans le bruit de la bataille.<br>\nJe tranche les cordes aux&nbsp;mains<br>\nDe nos enne\u00admis, qui sont marqu\u00e9s<br>\nPar les traces de leur tra\u00advail comme mes semblables.<br>\nJe dis&nbsp;: vos enne\u00admis sont nos ennemis.<br>\nJe dis&nbsp;: retour\u00adnez \u00e0 votre travail.<br>\nCH\u0152UR [<em>Les inter\u00adpr\u00e8tes des trois pay\u00adsans<\/em>] :<br>\nEt ils retour\u00adn\u00e8rent \u00e0 leur travail<br>\nTrois enne\u00admis de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion, in\u00e9duqu\u00e9s.<br>\nLorsqu\u2019il d\u00e9ga\u00adgea sa main de l\u2019ordre<br>\nQue la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion lui avait&nbsp;donn\u00e9<br>\nUn matin dans la ville de Witebsk<br>\nPar la voix du par\u00adti dans le bruit de la bataille<br>\nC\u2019\u00e9tait une main de plus \u00e0 notre&nbsp;gorge.\/<br>\nCar ta main n\u2019est pas ta&nbsp;main<br>\nTout comme ma main n\u2019est pas ma&nbsp;main<br>\nTant que la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion n\u2019a pas vain\u00adcu d\u00e9finitivement<br>\nDans la ville de Witebsk comme dans d\u2019autres villes.<br>\nCar l\u2019ignorance peut&nbsp;tuer<br>\nTout comme l\u2019acier peut tuer et la fi\u00e8vre<br>\nEt le savoir ne suf\u00adfit pas, mais il&nbsp;faut<br>\nQue l\u2019ignorance cesse main\u00adte\u00adnant com\u00adpl\u00e8\u00adte\u00adment, et tuer ne suf\u00adfit&nbsp;pas<br>\nMais tuer est une science<br>\nEt il faut qu\u2019elle soit apprise, afin que cela&nbsp;cesse<br>\nPuisque le natu\u00adrel n\u2019est pas naturel<br>\nMais l\u2019herbe il nous faut l\u2019arracher<br>\nEt le pain il nous faut le recracher<br>\nJusqu\u2019\u00e0 ce que la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion ait vain\u00adcu d\u00e9finitivement<br>\nDans la ville de Witebsk comme dans d\u2019autres villes<br>\nAfin que l\u2019herbe reste verte et que cesse la&nbsp;faim.<br>\nQui s\u2019en tient \u00e0 soi-m\u00eame comme \u00e0 sa propri\u00e9t\u00e9<br>\nEst un enne\u00admi de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion comme d\u2019autres ennemis<br>\nPuisque sem\u00adblable \u00e0 nous n\u2019est pas sem\u00adblable \u00e0&nbsp;nous<br>\nEt nous ne le sommes pas, la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion&nbsp;m\u00eame<br>\nN\u2019est pas une avec elle-m\u00eame, mais l\u2019ennemi avec<br>\nGriffe et dent, ba\u00efon\u00adnette et mitrailleuse<br>\nInscrit dans son image vivante ses traits effroyables<br>\nEt ses bles\u00adsures se cica\u00adtrisent sur notre visage.<br>\nB&nbsp;: \u00c0 quoi bon tuer et \u00e0 quoi bon mourir<br>\nSi le prix de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion est la r\u00e9volution<br>\nCeux qui sont \u00e0 lib\u00e9\u00adrer le prix de la libert\u00e9.<br>\nA&nbsp;: Cela ou autre chose il le cria face au bruit de la bataille<br>\nQui s\u2019\u00e9tait accru et s\u2019accroissait encore.<br>\nMille mains \u00e0 notre gorge il n\u2019\u00e9tait<br>\nContre le doute quant \u00e0 la r\u00e9volution<br>\nPas d\u2019autre moyen que la mort de celui qui&nbsp;doute<br>\nEt je n\u2019eus pas d\u2019yeux pour ses&nbsp;mains<br>\nLorsqu\u2019il fut devant mon revol\u00adver, le visage vers la carri\u00e8re<br>\nSi elles \u00e9taient ab\u00ee\u00adm\u00e9es par le tra\u00advail ou non ab\u00eem\u00e9es<br>\nMais elles \u00e9taient li\u00e9es soli\u00adde\u00adment par des cordes<br>\nEt nous le tu\u00e2mes de ma&nbsp;main<br>\nSachant&nbsp;: le pain quo\u00adti\u00addien de la r\u00e9volution<br>\nEst la mort de ses enne\u00admis, sachant&nbsp;: l\u2019herbe m\u00eame<br>\nIl nous faut l\u2019arracher, afin qu\u2019elle reste&nbsp;verte.<br>\nJe le savais, en tuant d\u2019autres un autre&nbsp;matin<br>\nEt au troi\u00adsi\u00e8me matin d\u2019autres encore<br>\nEt ils n\u2019avaient pas de mains et pas de visage<br>\nMais l\u2019\u0153il avec lequel je les regardais<br>\nEt la bouche avec laquelle je leur parlais<br>\n\u00c9tait le revol\u00adver et ma parole la&nbsp;balle<br>\nEt je ne l\u2019oubliais pas, quand ils criaient<br>\nQuand mon revol\u00adver les jetait dans la carri\u00e8re<br>\nEnnemis de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion sur d\u2019autres ennemis<br>\nEt c\u2019\u00e9tait une t\u00e2che comme n\u2019importe quelle autre.<br>\nJe le savais, quand on tire dans un&nbsp;homme<br>\nIl en sort du sang comme de tous les animaux<br>\nPeu de choses dif\u00adf\u00e9\u00adren\u00adcient les morts&nbsp;et<br>\nPas long\u00adtemps ce peu de choses. Mais l\u2019homme n\u2019est pas un animal&nbsp;:<br>\nAu sep\u00adti\u00e8me matin je vis leurs visages<br>\nDans leurs dos les mains, li\u00e9es par des cordes<br>\nAvec les traces de leurs divers travaux<br>\nQuand ils atten\u00addaient, le visage vers la carri\u00e8re<br>\nQue la mort sorte de mon revol\u00adver, et prit&nbsp;place<br>\nEntre doigt et g\u00e2chette le doute, fai\u00adsant&nbsp;peser<br>\nLes tu\u00e9s de sept matins<br>\nSur ma nuque qui porte le joug de la r\u00e9volution<br>\nAfin que soient bri\u00ads\u00e9s tous les&nbsp;jougs<br>\nEt ma main, qui est li\u00e9e au revolver<br>\nPar ordre de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion,&nbsp;donn\u00e9<br>\nUn matin dans la ville de Witebsk<br>\nPar la voix du par\u00adti dans le bruit de la bataille<br>\nDe dis\u00adtri\u00adbuer la mort \u00e0 ses ennemis<br>\nAfin qu\u2019on cesse de tuer, et je criai le commandement<br>\nCe matin comme au pre\u00admier&nbsp;matin<br>\nMORTS AUX ENNEMIS DE LA R\u00c9VOLUTION<br>\nEt dis\u00adtri\u00adbuai la mort, mais ma&nbsp;voix<br>\nCria le com\u00adman\u00adde\u00adment comme si elle n\u2019\u00e9tait pas ma voix et ma&nbsp;main<br>\nDistribua la mort comme si elle n\u2019\u00e9tait pas ma&nbsp;main<br>\nEt tuer \u00e9tait autre chose que&nbsp;tuer<br>\nEt c\u2019\u00e9tait une t\u00e2che comme aucune autre<br>\nEt le soir je vis mon visage<br>\nQui me regar\u00addait avec, pas mes&nbsp;yeux<br>\nDans le miroir mural, qui avait \u00e9t\u00e9 bri\u00ads\u00e9 souvent<br>\nLors du pilon\u00adnage de la ville sou\u00advent conquise<br>\nEt dans la nuit je n\u2019\u00e9tais pas un homme, avec le&nbsp;poids<br>\nDes tu\u00e9s de sept matins<br>\nMon sexe, le revol\u00adver, qui dis\u00adtri\u00adbue la&nbsp;mort<br>\nAux enne\u00admis de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion, le visage vers la carri\u00e8re.<br>\nA [CH\u0152UR] : Pourquoi moi. Relevez-moi de l\u2019ordre<br>\nPour lequel je suis trop faible.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Pourquoi toi.<br>\nA&nbsp;: J\u2019ai com\u00adbat\u00adtu au front de la guerre civile<br>\nL\u2019ennemi ne m\u2019a trou\u00adv\u00e9 aucune faiblesse<br>\nVous ne m\u2019avez trou\u00adv\u00e9 aucune faiblesse<br>\n\u00c0 pr\u00e9\u00adsent je suis moi-m\u00eame une faiblesse<br>\nQu\u2019il ne faut pas que l\u2019ennemi nous trouve.<br>\nJ\u2019ai dis\u00adtri\u00adbu\u00e9 la mort dans la ville de Witebsk<br>\nAux enne\u00admis de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion dans la ville de Witebsk<br>\nSachant&nbsp;: le pain quo\u00adti\u00addien de la r\u00e9volution<br>\nEst la mort de ses enne\u00admis, sachant&nbsp;: l\u2019herbe m\u00eame<br>\nIl nous faut l\u2019arracher afin qu\u2019elle reste&nbsp;verte.<br>\nJe ne l\u2019oubliai pas au troi\u00adsi\u00e8me&nbsp;matin<br>\nNi au sep\u00adti\u00e8me. Mais au dixi\u00e8me<br>\nJe ne le sais plus. Tuer et&nbsp;tuer<br>\nEt un sur trois peut-\u00eatre n\u2019est pas cou\u00adpable, qui<br>\nEst devant mon revol\u00adver, le visage vers la carri\u00e8re.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Dans ce com\u00adbat, qui ne cessera<br>\nDans la ville de Witebsk comme dans d\u2019autres villes<br>\nQu\u2019avec notre vic\u00adtoire ou notre&nbsp;perte<br>\nNous ex\u00e9\u00adcu\u00adtons cha\u00adcun avec deux faibles mains<br>\nLa t\u00e2che de deux mille mains, mains bris\u00e9es<br>\nMains li\u00e9es par des cha\u00eenes et des cordes, mains<br>\nTranch\u00e9es, mains \u00e0 notre&nbsp;gorge.<br>\nMille mains \u00e0 notre gorge, nous n\u2019avons<br>\nPas de souffle pour deman\u00adder cou\u00adpable ou non coupable<br>\n\u00c0 chaque main \u00e0 notre gorge, ou quelle origine<br>\nSi elle est ab\u00ee\u00adm\u00e9e par le tra\u00advail ou non ab\u00eem\u00e9e<br>\nSi c\u2019est la mis\u00e8re qui nous la tord autour du cou&nbsp;et<br>\nL\u2019ignorance sur les racines de la mis\u00e8re<br>\nOu la crainte de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion, qui l\u2019arrache<br>\nAvec ses racines. Qui es-tu d\u2019autre que&nbsp;nous<br>\nOu de sin\u00adgu\u00adlier, toi qui reven\u00addiques ta faiblesse.<br>\nCelui qui dit je par ta bouche est un autre que&nbsp;toi.<br>\nTu n\u2019es, tant que la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion n\u2019a pas vain\u00adcu d\u00e9finitivement<br>\nDans la ville de Witebsk comme dans d\u2019autres villes<br>\nPas ta pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9. Par ta&nbsp;main<br>\nTue la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion. Par toutes les&nbsp;mains<br>\nPar les\u00adquelles tue la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion, tu tues toi&nbsp;aussi.<br>\nTa fai\u00adblesse est notre faiblesse<br>\nTon remords est la br\u00e8che dans ta conscience<br>\nQui est une br\u00e8che dans notre front. Qui&nbsp;es-tu.<br>\nA&nbsp;: Un sol\u00addat de la r\u00e9volution.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Veux-tu donc<br>\nQue la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion te rel\u00e8ve de la mission<br>\nPour laquelle tu es trop faible, qui doit \u00eatre remplie<br>\nPar l\u2019un ou par l\u2019autre.<br>\nA\/ [CH\u0152UR] :&nbsp;Non.\/<br>\nEt on conti\u00adnua de tuer, le visage vers la carri\u00e8re<br>\nLe matin sui\u00advant devant mon revol\u00adver un paysan<br>\nComme avant lui de sem\u00adblables \u00e0 lui les autres matins<br>\nComme avant moi de sem\u00adblables \u00e0 moi devant d\u2019autres revolvers<br>\nSur la nuque la sueur froide&nbsp;: quatre com\u00adbat\u00adtants de la r\u00e9volution<br>\nIl les a livr\u00e9s \u00e0 notre et son ennemi<br>\nSur la nuque la sueur froide, debout devant d\u2019autres revolvers.<br>\nDe sem\u00adblables \u00e0 lui ont \u00e9t\u00e9&nbsp;tu\u00e9s<br>\nEt de sem\u00adblables \u00e0 moi pen\u00addant deux mille&nbsp;ans<br>\nPar roue gibet corde gar\u00adrot knout kattorga<br>\nPar de sem\u00adblables \u00e0 mon enne\u00admi, qui est son ennemi<br>\nEt mon revol\u00adver diri\u00adg\u00e9 sur sa nuque \u00e0 pr\u00e9sent<br>\nMoi roue gibet corde gar\u00adrot knout kattorga<br>\nMoi devant mon revol\u00adver le visage vers la carri\u00e8re<br>\nMoi mon revol\u00adver diri\u00adg\u00e9 sur ma&nbsp;nuque<br>\nSachant que par ma main tue la r\u00e9volution<br>\nD\u00e9truisant roue gibet corde gar\u00adrot knout kattorga<br>\nEt ne le sachant pas, devant mon revol\u00adver un&nbsp;homme<br>\nMoi entre main et revol\u00adver, doigt et g\u00e2chette<br>\nMoi br\u00e8che dans ma conscience, dans notre&nbsp;front.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Ta mis\u00adsion n\u2019est pas de tuer des hommes, mais<br>\nDes enne\u00admis. Car l\u2019homme est inconnu.<br>\nNous savons que tuer est une&nbsp;t\u00e2che<br>\nMais l\u2019homme est plus que sa&nbsp;t\u00e2che.<br>\nTant que la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion n\u2019a pas vain\u00adcu d\u00e9finitivement<br>\nDans la ville de Witebsk comme dans d\u2019autres villes<br>\nNous ne sau\u00adrons pas que c\u2019est un&nbsp;homme.<br>\nCar c\u2019est lui notre t\u00e2che, l\u2019inconnu<br>\nDerri\u00e8re les masques, l\u2019enterr\u00e9 dans la&nbsp;boue<br>\nDe son his\u00adtoire, le v\u00e9ri\u00adtable sous la&nbsp;l\u00e8pre<br>\nLe vivant dans les p\u00e9trifications<br>\nPuisque la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion d\u00e9chire ses masques, efface<br>\nSa l\u00e8pre, d\u00e9cape de la bave dure comme pierre<br>\nDe son his\u00adtoire son image, l\u2019homme, avec<br>\nGriffe et dent, ba\u00efon\u00adnette et mitrailleuse<br>\nSe levant de la cha\u00eene des g\u00e9n\u00e9rations<br>\nD\u00e9chirant son cor\u00addon ombi\u00adli\u00adcal sanglant<br>\nDans l\u2019\u00e9clair du v\u00e9ri\u00adtable com\u00admen\u00adce\u00adment se recon\u00adnais\u00adsant lui-m\u00eame<br>\nL\u2019un l\u2019autre selon sa diff\u00e9rence<br>\nAvec ses racines d\u00e9terre de l\u2019homme l\u2019homme.<br>\nCe qui compte est l\u2019exemple, la mort ne signi\u00adfie&nbsp;rien.<br>\nA&nbsp;: Mais dans le bruit de la bataille qui s\u2019\u00e9tait accru<br>\nEt s\u2019accroissait encore, j\u2019\u00e9tais l\u00e0 les mains ensanglant\u00e9es<br>\nSoldat et ba\u00efon\u00adnette de la r\u00e9volution<br>\nEt je deman\u00addais avec ma voix une certitude.<br>\nA [CH\u0152UR] : Cessera-t-on de tuer, quand la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion aura vaincu.<br>\nLa r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion vain\u00adcra-t-elle. Combien de temps encore.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Tu sais, ce que nous savons&nbsp;; nous savons, ce que tu&nbsp;sais.<br>\nLa r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion vain\u00adcra, sinon l\u2019homme ne sera&nbsp;pas<br>\nMais dis\u00adpa\u00adra\u00ee\u00adtra dans une huma\u00adni\u00adt\u00e9 croissante.<br>\nA&nbsp;: Et j\u2019entendis ma voix&nbsp;dire<br>\nCe matin comme d\u2019autres matins<br>\nMORT AUX ENNEMIS DE LA R\u00c9VOLUTION et je&nbsp;vis<br>\nCelui qui \u00e9tait moi tuer quelque chose de chair&nbsp;sang<br>\nEt autre mati\u00e8re, ne deman\u00addant pas cou\u00adpable ou non coupable<br>\nNi le nom ni si c\u2019\u00e9tait un ennemi<br>\nOu pas un enne\u00admi, et \u00e7a ne remuait plus<br>\nMais celui qui \u00e9tait moi ne ces\u00adsait pas de le&nbsp;tuer.<br>\nIl dit&nbsp;: \/[CH\u0152UR] J\u2019ai reje\u00adt\u00e9 mon fardeau<br>\nSur ma nuque les morts ne me p\u00e8sent plus<br>\nUn homme est quelque chose dans quoi l\u2019on&nbsp;tire<br>\nJusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019homme se l\u00e8ve des ruines de l\u2019homme.\/<br>\nEt lorsqu\u2019il avait tir\u00e9 encore et encore<br>\n\u00c0 tra\u00advers la peau se d\u00e9chi\u00adrant, dans la&nbsp;chair<br>\nSanglante, sur des os se bri\u00adsant, il s\u2019arc-boutait<br>\nDes pieds au cadavre.<br>\nA [CH\u0152UR] : Je mets sous ma botte ce que j\u2019ai&nbsp;tu\u00e9<br>\nJe danse sur mon mort d\u2019un pas de danse martel\u00e9<br>\nIl ne me suf\u00adfit pas de tuer, ce qui doit mourir<br>\nAfin que la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion soit vic\u00adto\u00adrieuse et qu\u2019on cesse de&nbsp;tuer<br>\nMais il faut qu\u2019il n\u2019y en ait plus et plus&nbsp;rien<br>\nEt que \u00e7a ait dis\u00adpa\u00adru du visage de la&nbsp;terre<br>\nPour ceux qui vien\u00addront une table&nbsp;rase.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Nous enten\u00add\u00eemes son hur\u00adle\u00adment et v\u00eemes ce qu\u2019il avait&nbsp;fait<br>\nNon sur notre ordre, et il ne ces\u00adsait pas de&nbsp;crier<br>\nAvec la voix de l\u2019homme qui bouffe l\u2019homme<br>\nNous s\u00fbmes alors que sa t\u00e2che l\u2019avait \u00e9puis\u00e9<br>\nEt son temps s\u2019\u00e9tait \u00e9cou\u00adl\u00e9, et nous l\u2019emmen\u00e2mes<br>\nUn enne\u00admi de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion comme d\u2019autres ennemis<br>\nEt pas comme d\u2019autres, mais son propre enne\u00admi&nbsp;aussi<br>\nSachant&nbsp;: le pain quo\u00adti\u00addien de la r\u00e9volution<br>\nEst la mort de ses enne\u00admis, sachant&nbsp;: l\u2019herbe m\u00eame<br>\nIl nous faut l\u2019arracher, afin qu\u2019elle reste&nbsp;verte.<br>\nMais il avait reje\u00adt\u00e9 son fardeau<br>\nQu\u2019il fal\u00adlait por\u00adter jusqu\u2019\u00e0 ce que la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion ait vaincu<br>\nSur sa nuque les morts ne lui pesaient plus<br>\nQui p\u00e8sent jusqu\u2019\u00e0 ce que la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion ait vaincu<br>\nMais son far\u00addeau \u00e9tait son&nbsp;butin<br>\nAinsi la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion n\u2019avait plus de place pour&nbsp;lui<br>\nEt lui-m\u00eame n\u2019avait plus de place pour&nbsp;lui<br>\nSi ce n\u2019est devant les fusils bra\u00adqu\u00e9s de la r\u00e9volution<br>\nA&nbsp;: Tant qu\u2019ils ne m\u2019enlev\u00e8rent de ma&nbsp;t\u00e2che<br>\nEt n\u2019enlev\u00e8rent de ma main le revolver<br>\nEt mes doigts se tor\u00addaient encore comme autour de l\u2019arme<br>\nDistincts de moi, je ne vis ce que j\u2019avais fait<br>\nEt tant qu\u2019ils ne m\u2019emmen\u00e8rent je n\u2019entendis<br>\nMa voix et de nou\u00adveau le bruit de la bataille.<br>\nQui s\u2019\u00e9tait accru et s\u2019accroissait encore.<br>\nA [CH\u0152UR] : De sem\u00adblables \u00e0 moi me conduisent au mur \u00e0 pr\u00e9sent<br>\nEt moi qui le com\u00adprends ne le com\u00adprend&nbsp;pas.<br>\nPourquoi.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Tu sais ce que nous savons, nous savons ce que tu&nbsp;sais<br>\nTa t\u00e2che \u00e9tait san\u00adglante et comme aucune autre<br>\nMais il faut qu\u2019elle soit accom\u00adplie comme d\u2019autres t\u00e2ches<br>\nPar l\u2019un ou par l\u2019autre.<br>\nA&nbsp;: J\u2019ai accom\u00adpli ma t\u00e2che. Voyez ma&nbsp;main.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Nous voyons que ta main est ensanglant\u00e9e<br>\nA&nbsp;: Comment non.<br>\nEt plus fort que le bruit de la bataille fut le silence<br>\nPendant un ins\u00adtant dans la ville de Witebsk<br>\nEt plus long que ma vie fut cet instant.<br>\nJe suis un homme. L\u2019homme n\u2019est pas une machine.<br>\nTuer et tuer, \u00eatre le m\u00eame apr\u00e8s chaque mort<br>\nJe ne le pou\u00advais. Donnez-moi le som\u00admeil de la machine.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Tant que la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion n\u2019a pas vain\u00adcu d\u00e9finitivement<br>\nDans la ville de Witebsk comme dans d\u2019autres villes<br>\nNous ne sau\u00adrons ce qu\u2019est un&nbsp;homme.<br>\nA&nbsp;: Je veux le savoir main\u00adte\u00adnant et ici. Je demande<br>\nCe matin dans la ville de Witebsk<br>\nAvec des bottes ensan\u00adglan\u00adt\u00e9es sur mon der\u00adnier chemin<br>\nMoi qui suis conduit \u00e0 la mort, qui n\u2019ai pas le&nbsp;temps<br>\nDe mon der\u00adnier souffle main\u00adte\u00adnant et&nbsp;ici<br>\nJe demande \u00e0 la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion ce qu\u2019est l\u2019homme.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Tu demandes trop t\u00f4t. Nous ne pou\u00advons pas t\u2019aider<br>\nEt ta demande n\u2019aide pas la r\u00e9volution.<br>\nEcoute le bruit de la bataille.<br>\nA&nbsp;: Je n\u2019ai qu\u2019un seul&nbsp;temps.<br>\nDerri\u00e8re le bruit de la bataille comme une neige&nbsp;noire<br>\nM\u2019attend le silence.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Tu ne meurs que d\u2019une&nbsp;mort<br>\nMais la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion meurt d\u2019une mul\u00adti\u00adtude de&nbsp;morts.<br>\nLa r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion a une mul\u00adti\u00adtude de temps, pas&nbsp;un<br>\nDe trop. L\u2019homme est plus que sa&nbsp;t\u00e2che<br>\nSinon il ne sera pas. Tu n\u2019es&nbsp;plus<br>\nMais ta t\u00e2che t\u2019a \u00e9puis\u00e9<br>\nIl te faut dis\u00adpa\u00adra\u00eetre du visage de la&nbsp;terre.<br>\nLe sang, avec lequel tu as tach\u00e9 ta&nbsp;main<br>\nLorsqu\u2019elle \u00e9tait une main de la r\u00e9volution<br>\nIl faut le laver avec ton&nbsp;sang<br>\nDu nom de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion, qui a besoin de toutes les&nbsp;mains<br>\nMais plus de ta&nbsp;main.<br>\nA&nbsp;: J\u2019ai&nbsp;tu\u00e9<br>\nSur votre&nbsp;ordre.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Et non sur notre&nbsp;ordre.<br>\nEntre doigt et g\u00e2chette l\u2019instant<br>\nEtait ton temps et le n\u00f4tre. Entre main et revolver<br>\nL\u2019espace<br>\n\u00c9tait ta place au front de la r\u00e9volution<br>\nMais lorsque ta main devint une avec le revolver<br>\nEt que tu devins un avec ta&nbsp;t\u00e2che<br>\nEt que tu n\u2019eus aucune conscience d\u2019elle<br>\nNi qu\u2019il fal\u00adlait qu\u2019elle soit accom\u00adplie ici et aujourd\u2019hui<br>\nAfin qu\u2019il ne faille plus l\u2019accomplir et par personne<br>\nTa place dans notre front fut une br\u00e8che<br>\nEt il n\u2019y eut pour toi plus de place dans notre&nbsp;front.<br>\nEffroyable est l\u2019habituel, mor\u00adtel ce qui est facile<br>\nPar une mul\u00adti\u00adtude de racines se loge en nous le&nbsp;pass\u00e9<br>\nQu\u2019il faut arra\u00adcher avec toutes ses racines<br>\nDans notre fai\u00adblesse se l\u00e8vent les&nbsp;morts<br>\nQu\u2019il faut de nou\u00adveau et de nou\u00adveau enterrer<br>\nIl nous faut renon\u00adcer \u00e0 nous-m\u00eames chacun<br>\nMais nous ne devons pas renon\u00adcer l\u2019un \u00e0 l\u2019autre<br>\nTu es l\u2019un et tu es l\u2019autre<br>\nCelui que tu as d\u00e9chi\u00adr\u00e9 sous ta&nbsp;botte<br>\nCelui qui t\u2019a d\u00e9chi\u00adr\u00e9 sous sa&nbsp;botte<br>\nTu as renon\u00adc\u00e9 \u00e0 toi l\u2019un \u00e0 l\u2019autre<br>\nLa r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion ne renonce pas \u00e0 toi. Apprends \u00e0 mourir.<br>\nCe que tu apprends aug\u00admente notre exp\u00e9rience.<br>\nMeurs en appre\u00adnant. Ne renonce pas \u00e0 la r\u00e9volution.<br>\nA&nbsp;: Je m\u2019y refuse. Je n\u2019accepte pas ma&nbsp;mort.<br>\nMa vie m\u2019appartient.<br>\nCH\u0152UR&nbsp;: Le n\u00e9ant est ta propri\u00e9t\u00e9.<br>\nA [CH\u0152UR] : Je ne veux pas mou\u00adrir. Je me jette sur le&nbsp;sol.<br>\nJe m\u2019agrippe \u00e0 la terre \u00e0 toutes mains<br>\nJe plante mes dents dans la&nbsp;terre<br>\nQue je ne veux pas quit\u00adter. Je&nbsp;crie.<br>\nCH\u0152UR [A] : Nous savons, que mou\u00adrir est une&nbsp;t\u00e2che.<br>\nTa peur t\u2019appartient.<br>\nA [CH\u0152UR] : Qu\u2019est-ce qui vient der\u00adri\u00e8re la&nbsp;mort.<br>\nCH\u0152UR [A]: Demanda-t-il encore et d\u00e9j\u00e0 se rele\u00adva du&nbsp;sol<br>\nNe criant plus, et nous lui r\u00e9pond\u00eemes&nbsp;:<br>\nTu sais ce que nous savons, nous savons ce que tu&nbsp;sais<br>\nEt ta demande n\u2019aide pas la r\u00e9volution.<br>\nQu\u2019elle soit per\u00admise, quand la&nbsp;vie<br>\nSera une r\u00e9ponse. Mais la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion a besoin<br>\nDe ton Oui \u00e0 ta mort. Et il ne deman\u00adda plus&nbsp;rien<br>\nMais alla au mur et cria le commandement<br>\nSachant&nbsp;: le pain quo\u00adti\u00addien de la r\u00e9volution<br>\nEst la mort de ses enne\u00admis, sachant&nbsp;: l\u2019herbe m\u00eame<br>\nIl nous faut l\u2019arracher afin qu\u2019elle reste&nbsp;verte.<br>\nA [CH\u0152UR] : MORT AUX ENNEMIS DE LA R\u00c9VOLUTION<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CH\u0152UR&nbsp;: Tu as com\u00adbat\u00adtu sur le front de la guerre civile L\u2019ennemi ne t\u2019a trou\u00adv\u00e9 aucune fai\u00adblesse Nous ne t\u2019avons trou\u00adv\u00e9 aucune fai\u00adblesse. A pr\u00e9\u00adsent tu es toi-m\u00eame une fai\u00adblesse Qu\u2019il ne faut pas que l\u2019ennemi nous trouve. Tu as dis\u00adtri\u00adbu\u00e9 la mort dans la ville de Witebsk Aux enne\u00admis de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion sur notre&nbsp;ordre&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"quote","meta":{"_acf_changed":false,"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-19315","post","type-post","status-publish","format-quote","hentry","category-non-classe","post_format-post-format-quote"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19315","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=19315"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19315\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19315"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19315"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19315"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}