﻿{"id":21026,"date":"2024-08-10T14:51:51","date_gmt":"2024-08-10T13:51:51","guid":{"rendered":"https:\/\/testanonpertinente.net\/?p=21026"},"modified":"2024-10-03T13:17:05","modified_gmt":"2024-10-03T12:17:05","slug":"21026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/testanonpertinente.net\/?p=21026","title":{"rendered":"certitude, \u00e9thique, morale, relativisme, v\u00e9rit\u00e9 (Musil, L\u2019homme sans qualit\u00e9s)"},"content":{"rendered":"<p>\t\t[Ulrich] n\u2019\u00e9tait pas phi\u00adlo\u00adsophe. <span class=\"quali\">Les phi\u00adlo\u00adsophes sont des vio\u00adlents qui, faute d\u2019arm\u00e9e \u00e0 leur dis\u00adpo\u00adsi\u00adtion, se sou\u00admettent le monde en l\u2019enfermant dans un sys\u00adt\u00e8me.<\/span> Probablement est-ce aus\u00adsi la rai\u00adson pour laquelle les \u00e9poques de tyran\u00adnie ont vu na\u00eetre de grandes figures phi\u00adlo\u00adso\u00adphiques, alors que les \u00e9poques de d\u00e9mo\u00adcra\u00adtie et de civi\u00adli\u00adsa\u00adtion avan\u00adc\u00e9e ne r\u00e9us\u00adsissent pas \u00e0 pro\u00adduire une seule phi\u00adlo\u00adso\u00adphie convain\u00adcante, du moins dans la mesure o\u00f9 l\u2019on en peut juger par les regrets que l\u2019on entend com\u00admu\u00adn\u00e9\u00adment expri\u00admer sur ce point. C\u2019est pour\u00adquoi la phi\u00adlo\u00adso\u00adphie au d\u00e9tail est pra\u00adti\u00adqu\u00e9e aujourd\u2019hui en si ter\u00adri\u00adfiante abon\u00addance qu\u2019il n\u2019est plus gu\u00e8re que les maga\u00adsins o\u00f9 l\u2019on puisse rece\u00advoir quelque chose sans concep\u00adtion du monde par-des\u00adsus le mar\u00adch\u00e9, alors qu\u2019il r\u00e8gne \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la phi\u00adlo\u00adso\u00adphie en gros une m\u00e9fiance mar\u00adqu\u00e9e. On la tient m\u00eame car\u00adr\u00e9\u00adment pour impos\u00adsible. Ulrich lui-m\u00eame n\u2019\u00e9tait nul\u00adle\u00adment exempt de ce pr\u00e9\u00adju\u00adg\u00e9, et ses exp\u00e9\u00adriences scien\u00adti\u00adfiques le ren\u00addaient un peu moqueur \u00e0 l\u2019\u00e9gard des m\u00e9ta\u00adphy\u00adsiques. C\u2019\u00e9tait cela qui com\u00adman\u00addait son atti\u00adtude, de sorte que, per\u00adp\u00e9\u00adtuel\u00adle\u00adment requis de r\u00e9fl\u00e9\u00adchir par ce qu\u2019il voyait, il \u00e9tait tou\u00adjours rete\u00adnu par une cer\u00adtaine crainte de pen\u00adser trop. Mais un autre \u00e9l\u00e9\u00adment d\u00e9ter\u00admi\u00adnait son atti\u00adtude&nbsp;: il y avait quelque chose, dans la nature d\u2019Ulrich, qui agis\u00adsait d\u2019une mani\u00e8re dis\u00adtraite, para\u00adly\u00adsante, d\u00e9sar\u00admante, contre la sys\u00adt\u00e9\u00adma\u00adti\u00adsa\u00adtion logique, contre la volon\u00adt\u00e9 uni\u00advoque, contre les pous\u00ads\u00e9es trop net\u00adte\u00adment orien\u00adt\u00e9es de l\u2019ambition, et ce quelque chose se rat\u00adta\u00adchait aus\u00adsi \u00e0 ce mot d\u2019essayisme choi\u00adsi nagu\u00e8re, bien que cela cont\u00eent pr\u00e9\u00adci\u00ads\u00e9\u00adment les \u00e9l\u00e9\u00adments qu\u2019il avait exclus peu \u00e0 peu, avec un soin incons\u00adcient, de cette notion. La tra\u00adduc\u00adtion du mot fran\u00ad\u00e7ais \u00ab&nbsp;essai&nbsp;\u00bb par le mot alle\u00admand <i>Versuch<\/i>, telle qu\u2019on l\u2019admet g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adle\u00adment, ne res\u00adpecte pas suf\u00adfi\u00adsam\u00adment l\u2019allusion essen\u00adtielle au mod\u00e8le lit\u00adt\u00e9\u00adraire&nbsp;; un essai n\u2019est pas l\u2019expression pro\u00advi\u00adsoire ou acces\u00adsoire d\u2019une convic\u00adtion qu\u2019une meilleure occa\u00adsion per\u00admet\u00adtrait d\u2019\u00e9lever au rang de v\u00e9ri\u00adt\u00e9, mais qui pour\u00adrait tout aus\u00adsi bien se r\u00e9v\u00e9\u00adler erreur (\u00e0 cette esp\u00e8ce n\u2019appartiennent que les articles et trai\u00adt\u00e9s dont les doctes nous favo\u00adrisent comme des \u00ab&nbsp;d\u00e9chets de leur ate\u00adlier&nbsp;\u00bb) ; un essai est la forme unique et inal\u00adt\u00e9\u00adrable qu\u2019une pen\u00ads\u00e9e d\u00e9ci\u00adsive fait prendre \u00e0 la vie int\u00e9\u00adrieure d\u2019un homme. Rien n\u2019est plus \u00e9tran\u00adger \u00e0 l\u2019essai que l\u2019irresponsabilit\u00e9 et l\u2019inach\u00e8vement des ins\u00adpi\u00adra\u00adtions qui rel\u00e8vent de la sub\u00adjec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9&nbsp;; pour\u00adtant les notions de \u00ab&nbsp;v\u00e9ri\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb et d\u2019\u00ab erreur&nbsp;\u00bb, d\u2019\u00ab&nbsp;intel\u00adli\u00adgence&nbsp;\u00bb ou de \u00ab&nbsp;sot\u00adtise&nbsp;\u00bb ne sont pas appli\u00adcables \u00e0 ces pen\u00ads\u00e9es sou\u00admises \u00e0 des lois non moins strictes qu\u2019apparemment sub\u00adtiles et inef\u00adfables. Assez nom\u00adbreux furent ces essayistes-l\u00e0, ces ma\u00eetres du flot\u00adte\u00adment int\u00e9\u00adrieur de la vie&nbsp;; il n\u2019y aurait aucun int\u00e9\u00adr\u00eat \u00e0 les nom\u00admer&nbsp;; leur domaine se situe entre la reli\u00adgion et le savoir, entre l\u2019exemple et la doc\u00adtrine, entre <i>l\u2019amor intel\u00adlec\u00adtua\u00adlis<\/i> et le po\u00e8me&nbsp;; ce sont des saints avec ou sans reli\u00adgion et par\u00adfois aus\u00adsi, sim\u00adple\u00adment, des hommes \u00e9ga\u00adr\u00e9s dans telle ou telle aventure.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, rien n\u2019est plus r\u00e9v\u00e9\u00adla\u00adteur que l\u2019exp\u00e9rience invo\u00adlon\u00adtaire de ces ten\u00adta\u00adtives, \u00e9ru\u00addites et rai\u00adson\u00adnables, pour expli\u00adquer l\u2019\u0153uvre de ces grands essayistes, pour trans\u00adfor\u00admer leur sens de la vie, tel qu\u2019ils l\u2019exposent, en une th\u00e9o\u00adrie de la vie, et pour trou\u00adver un \u00ab&nbsp;conte\u00adnu&nbsp;\u00bb \u00e0 ce mou\u00adve\u00adment d\u2019esprits \u00e9mus&nbsp;; de tout cela, il ne reste gu\u00e8re plus alors que la d\u00e9li\u00adcate archi\u00adtec\u00adture de cou\u00adleurs d\u2019une m\u00e9duse apr\u00e8s qu\u2019on l\u2019a tir\u00e9e de l\u2019eau et d\u00e9po\u00ads\u00e9e sur le sable. Dans la rai\u00adson des non-ins\u00adpi\u00adr\u00e9s, la doc\u00adtrine des ins\u00adpi\u00adr\u00e9s tombe en pous\u00adsi\u00e8re, contra\u00addic\u00adtions et non-sens&nbsp;; pour\u00adtant, il ne faut pas dire qu\u2019elle est d\u00e9li\u00adcate et inca\u00adpable de vivre, ou alors il fau\u00addrait dire aus\u00adsi d\u2019un \u00e9l\u00e9\u00adphant qu\u2019il est d\u00e9li\u00adcat, puisqu\u2019il ne peut sub\u00adsis\u00adter dans un espace pri\u00adv\u00e9 d\u2019air et qui ne r\u00e9pond pas aux exi\u00adgences de sa nature. Il serait tout \u00e0 fait d\u00e9plo\u00adrable que ces des\u00adcrip\u00adtions \u00e9voquent un mys\u00adt\u00e8re, ou ne f\u00fbt-ce qu\u2019une musique o\u00f9 dominent les notes de la harpe et le sou\u00adpir des <i>glis\u00adsan\u00addi<\/i>. C\u2019est le contraire qui est vrai, et la ques\u00adtion fon\u00adda\u00admen\u00adtale, Ulrich ne se la posait pas seule\u00adment sous la forme de pres\u00adsen\u00adti\u00adments, mais aus\u00adsi, tout \u00e0 fait pro\u00adsa\u00ef\u00adque\u00adment, sous la forme sui\u00advante&nbsp;: un homme qui cherche la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 se fait savant&nbsp;; un homme qui veut lais\u00adser sa sub\u00adjec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9 s\u2019\u00e9panouir devient, peut-\u00eatre, \u00e9cri\u00advain&nbsp;; mais que doit faire un homme qui cherche quelque chose situ\u00e9 entre&nbsp;deux&nbsp;?<\/p>\n<p>De ce qui est ain\u00adsi \u00ab&nbsp;entre deux&nbsp;\u00bb, toute sen\u00adtence morale nous peut don\u00adner un exemple, m\u00eame la plus simple et la plus connue, comme&nbsp;: Tu ne tue\u00adras point. On voit au pre\u00admier coup d\u2019\u0153il que ce n\u2019est l\u00e0 ni une v\u00e9ri\u00adt\u00e9, ni une consta\u00adta\u00adtion sub\u00adjec\u00adtive. On sait qu\u2019\u00e0 bien des \u00e9gards, nous nous y confor\u00admons stric\u00adte\u00adment, mais que, \u00e0 d\u2019autres \u00e9gards, cer\u00adtaines excep\u00adtions sont admises, tr\u00e8s nom\u00adbreuses m\u00eame, et pour\u00adtant pr\u00e9\u00adci\u00ads\u00e9\u00adment d\u00e9fi\u00adnies. Mais il existe un tr\u00e8s grand nombre de cas d\u2019une troi\u00adsi\u00e8me esp\u00e8ce, par exemple dans nos r\u00eave\u00adries, nos d\u00e9si\u00adrs, dans les pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre ou dans le plai\u00adsir que l\u2019on prend \u00e0 lire les nou\u00advelles des jour\u00adnaux&nbsp;; nous y errons de la mani\u00e8re la moins r\u00e9gle\u00admen\u00adt\u00e9e qui soit entre la r\u00e9pul\u00adsion et l\u2019attirance. On nomme par\u00adfois exi\u00adgence ce qui n\u2019est ni une v\u00e9ri\u00adt\u00e9 ni une consta\u00adta\u00adtion pure\u00adment sub\u00adjec\u00adtive. On a rat\u00adta\u00adch\u00e9 cette exi\u00adgence aux dogmes de la reli\u00adgion et de la loi, on lui a don\u00adn\u00e9 le carac\u00adt\u00e8re d\u2019une v\u00e9ri\u00adt\u00e9 d\u00e9ri\u00adv\u00e9e, mais les roman\u00adciers, en nous en pr\u00e9\u00adsen\u00adtant les excep\u00adtions, depuis le sacri\u00adfice d\u2019Abraham jusqu\u2019\u00e0 la der\u00adni\u00e8re vamp meur\u00adtri\u00e8re de son amant, la r\u00e9duisent de nou\u00adveau en pure sub\u00adjec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9. Ainsi donc, ou bien on s\u2019accroche aux pieux, ou bien on se laisse bal\u00adlot\u00adter par la lame entre deux&nbsp;; mais dans quel sen\u00adti\u00adment&nbsp;? Le sen\u00adti\u00adment qu\u2019\u00e9prouve l\u2019\u00eatre humain pour ce pr\u00e9\u00adcepte du D\u00e9calogue est un m\u00e9lange d\u2019ob\u00e9issance bor\u00adn\u00e9e (y com\u00adpris la \u00ab&nbsp;saine nature&nbsp;\u00bb qui se h\u00e9risse \u00e0 la seule id\u00e9e d\u2019un tel acte, mais qui le com\u00admet\u00adtra n\u00e9an\u00admoins pour peu qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 l\u00e9g\u00e8\u00adre\u00adment d\u00e9tra\u00adqu\u00e9e par l\u2019alcool ou la pas\u00adsion), et un bar\u00adbo\u00adte\u00adment incons\u00adcient dans une houle de pos\u00adsibles. N\u2019y a\u2011t\u2011il vrai\u00adment pas d\u2019autre mani\u00e8re de com\u00adprendre ce com\u00adman\u00adde\u00adment&nbsp;? Ulrich sen\u00adtait qu\u2019un homme qui d\u00e9si\u00adre\u00adrait de toute son \u00e2me un cer\u00adtain acte, ne sau\u00adrait ain\u00adsi ni s\u2019il doit le com\u00admettre, ni s\u2019il doit s\u2019en abs\u00adte\u00adnir. Pourtant, il pres\u00adsen\u00adtait qu\u2019on devait pou\u00advoir, de tout son \u00eatre, le com\u00admettre ou non. Ni les ins\u00adpi\u00adra\u00adtions ni les inter\u00addic\u00adtions ne lui plai\u00adsaient. Le rat\u00adta\u00adche\u00adment de toutes choses \u00e0 une loi sup\u00e9\u00adrieure ou int\u00e9\u00adrieure \u00e0 l\u2019homme \u00e9veillait son esprit cri\u00adtique. Davantage m\u00eame&nbsp;: \u00e0 ses yeux, c\u2019\u00e9tait d\u00e9va\u00adluer un ins\u00adtant de cer\u00adti\u00adtude que de vou\u00adloir \u00e0 tout prix lui don\u00adner une g\u00e9n\u00e9a\u00adlo\u00adgie. Dans tout cela, son c\u0153ur res\u00adtait muet, et sa t\u00eate seule par\u00adlait&nbsp;; il devi\u00adnait qu\u2019il devait y avoir un moyen de faire co\u00efn\u00adci\u00adder sa d\u00e9ci\u00adsion et son bon\u00adheur. Il pour\u00adrait \u00eatre heu\u00adreux parce qu\u2019il ne tue\u00adrait pas, ou parce qu\u2019il tue\u00adrait, mais jamais il ne pour\u00adrait \u00eatre l\u2019ex\u00e9cuteur indif\u00adf\u00e9\u00adrent d\u2019un ordre qu\u2019on lui aurait don\u00adn\u00e9. Ce qu\u2019il \u00e9prou\u00advait \u00e0 ce moment-l\u00e0, ce n\u2019\u00e9tait pas de rece\u00advoir un ordre, mais d\u2019entrer dans un ordre&nbsp;; il com\u00adpre\u00adnait que dans cet ordre neuf, tout \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9ci\u00add\u00e9, et les sens apai\u00ads\u00e9s comme par le lait mater\u00adnel. Ce qui lui souf\u00adflait cela, ce n\u2019\u00e9tait plus la pen\u00ads\u00e9e, ce n\u2019\u00e9tait pas non plus le sen\u00adti\u00adment \u00e0 sa mani\u00e8re habi\u00adtuelle, frag\u00admen\u00adtaire&nbsp;; c\u2019\u00e9tait une \u00ab&nbsp;com\u00adpr\u00e9\u00adhen\u00adsion totale&nbsp;\u00bb. Et puis, de nou\u00adveau, ce n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019une nou\u00advelle appor\u00adt\u00e9e de tr\u00e8s loin par le vent&nbsp;: elle ne lui sem\u00adblait ni vraie ni fausse, ni rai\u00adson\u00adnable ni d\u00e9rai\u00adson\u00adnable, elle le sai\u00adsis\u00adsait, comme si quelque l\u00e9g\u00e8re et bien\u00adheu\u00adreuse exa\u00adg\u00e9\u00adra\u00adtion \u00e9tait entr\u00e9e dou\u00adce\u00adment dans son&nbsp;c\u0153ur.<\/p>\n<p>Pas plus qu\u2019on ne peut faire des par\u00adties authen\u00adtiques d\u2019un essai une seule v\u00e9ri\u00adt\u00e9, on ne peut tirer d\u2019un tel \u00e9tat une convic\u00adtion&nbsp;; du moins pas sans devoir aus\u00adsi\u00adt\u00f4t l\u2019abandonner, comme un amant doit sor\u00adtir de son amour pour le d\u00e9crire. L\u2019\u00e9motion sans limites qui \u00e9bran\u00adlait par\u00adfois Ulrich sans le faire agir pour autant, contre\u00addi\u00adsait son besoin d\u2019activit\u00e9, son d\u00e9sir de limite et de forme. Sans doute est-il juste et natu\u00adrel que l\u2019on veuille savoir avant de lais\u00adser la parole au sen\u00adti\u00adment. Sans le vou\u00adloir, il s\u2019imaginait que ce qu\u2019il d\u00e9si\u00adrait trou\u00adver un jour, bien que ce ne d\u00fbt pas \u00eatre \u00ab&nbsp;la&nbsp;\u00bb v\u00e9ri\u00adt\u00e9, ne lui c\u00e9de\u00adrait rien sous le rap\u00adport de la sta\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9&nbsp;; mais dans son cas par\u00adti\u00adcu\u00adlier, cette attente le fai\u00adsait res\u00adsem\u00adbler \u00e0 un homme qui, dans le temps m\u00eame o\u00f9 il se pro\u00adcure tout un \u00e9qui\u00adpe\u00adment, perd peu \u00e0 peu le go\u00fbt de s\u2019en ser\u00advir. \u00c0 quelque moment qu\u2019on lui e\u00fbt deman\u00add\u00e9, lorsqu\u2019il tra\u00advaillait \u00e0 ses trai\u00adt\u00e9s math\u00e9\u00adma\u00adtiques ou logi\u00adco-math\u00e9\u00adma\u00adtiques ou s\u2019occupait de sciences natu\u00adrelles, quel but il avait pr\u00e9\u00adsent \u00e0 l\u2019esprit, il e\u00fbt tou\u00adjours r\u00e9pon\u00addu qu\u2019un seul pro\u00adbl\u00e8me m\u00e9ri\u00adtait r\u00e9el\u00adle\u00adment qu\u2019on y pen\u00ads\u00e2t, celui de la vie juste. Mais quand on \u00e9l\u00e8ve une pr\u00e9\u00adten\u00adtion tr\u00e8s long\u00adtemps sans que rien ne se passe, le cer\u00adveau s\u2019endort exac\u00adte\u00adment comme s\u2019endort le bras qui doit tenir quelque chose en l\u2019air pen\u00addant des heures&nbsp;; et nos pen\u00ads\u00e9es ne peuvent pas plus res\u00adter per\u00adp\u00e9\u00adtuel\u00adle\u00adment debout que les sol\u00addats \u00e0 la parade, en \u00e9t\u00e9&nbsp;; quand elles doivent trop attendre, elles perdent connais\u00adsance et s\u2019\u00e9croulent. Comme Ulrich avait ache\u00adv\u00e9 l\u2019esquisse de sa phi\u00adlo\u00adso\u00adphie aux envi\u00adrons de sa vingt-sixi\u00e8me ann\u00e9e, arri\u00adv\u00e9 dans sa trente-deuxi\u00e8me, il ne la trou\u00advait plus tout \u00e0 fait sin\u00adc\u00e8re. Il n\u2019avait pas conti\u00adnu\u00e9 \u00e0 d\u00e9ve\u00adlop\u00adper ses pen\u00ads\u00e9es, et, \u00e0 part un vague sen\u00adti\u00adment de ten\u00adsion pareil \u00e0 celui que l\u2019on \u00e9prouve quand on attend quelque chose les yeux fer\u00adm\u00e9s, on ne lui avait pas vu beau\u00adcoup d\u2019\u00e9motions per\u00adson\u00adnelles depuis les jours des pre\u00admi\u00e8res trem\u00adblantes d\u00e9cou\u00advertes. N\u00e9anmoins, c\u2019\u00e9tait pro\u00adba\u00adble\u00adment un mou\u00adve\u00adment sou\u00adter\u00adrain de ce genre qui le frei\u00adnait dans son tra\u00advail scien\u00adti\u00adfique et l\u2019emp\u00eachait d\u2019y consa\u00adcrer toute sa force de volon\u00adt\u00e9. Cela cr\u00e9a en lui un curieux schisme. On ne doit pas oublier que l\u2019attitude exacte est, au fond, plus reli\u00adgieuse que l\u2019attitude esth\u00e9\u00adtique&nbsp;; car elle se sou\u00admet\u00adtrait \u00e0 \u00ab&nbsp;Lui&nbsp;\u00bb pour peu qu\u2019Il dai\u00adgn\u00e2t se mon\u00adtrer \u00e0 elle dans les condi\u00adtions qu\u2019elle exige pour recon\u00adna\u00eetre Son carac\u00adt\u00e8re de fait, alors que nos beaux esprits, s\u2019il se mani\u00adfes\u00adtait, trou\u00adve\u00adraient seule\u00adment que Son talent n\u2019est pas suf\u00adfi\u00adsam\u00adment ori\u00adgi\u00adnal, Sa vision du monde pas suf\u00adfi\u00adsam\u00adment intel\u00adli\u00adgible pour qu\u2019ils puissent Le pla\u00adcer au m\u00eame niveau que cer\u00adtaines per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9s dou\u00e9es d\u2019un g\u00e9nie r\u00e9el\u00adle\u00adment divin. Ulrich n\u2019aurait donc pu s\u2019abandonner \u00e0 de vagues pres\u00adsen\u00adti\u00adments aus\u00adsi faci\u00adle\u00adment qu\u2019un quel\u00adconque bel esprit&nbsp;; mais il ne pou\u00advait pas davan\u00adtage se dis\u00adsi\u00admu\u00adler qu\u2019en vivant pen\u00addant des ann\u00e9es dans l\u2019exactitude pure il avait sim\u00adple\u00adment v\u00e9cu contre lui-m\u00eame et il sou\u00adhai\u00adtait que quelque chose d\u2019impr\u00e9vu lui arri\u00adv\u00e2t&nbsp;; lorsqu\u2019il se d\u00e9ci\u00adda \u00e0 ce qu\u2019il appe\u00adlait un peu railleu\u00adse\u00adment son \u00ab&nbsp;cong\u00e9 de la vie&nbsp;\u00bb, il ne pos\u00ads\u00e9\u00addait rien dans l\u2019une comme dans l\u2019autre direc\u00adtion qui lui don\u00adn\u00e2t la paix du&nbsp;c\u0153ur.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre pour\u00adrait-on all\u00e9\u00adguer \u00e0 sa d\u00e9charge que, dans cer\u00adtaines ann\u00e9es, la vie passe incroya\u00adble\u00adment vite. Mais le jour o\u00f9 l\u2019on doit com\u00admen\u00adcer \u00e0 vivre sa der\u00adni\u00e8re volon\u00adt\u00e9 pr\u00e9\u00adc\u00e8de de beau\u00adcoup celui o\u00f9 l\u2019on devra en l\u00e9guer le res\u00adtant, et ne peut \u00eatre dif\u00adf\u00e9\u00adr\u00e9. Ce fait \u00e9tait deve\u00adnu pour Ulrich d\u2019une mena\u00ad\u00e7ante clar\u00adt\u00e9 depuis qu\u2019une moi\u00adti\u00e9 d\u2019ann\u00e9e ou presque s\u2019\u00e9tait \u00e9cou\u00adl\u00e9e sans que rien chan\u00adge\u00e2t. Tandis qu\u2019il se lais\u00adsait por\u00adter de-ci de-l\u00e0 au sein de la petite acti\u00advi\u00adt\u00e9 stu\u00adpide dont il s\u2019\u00e9tait char\u00adg\u00e9, par\u00adlant, aimant \u00e0 trop par\u00adler, vivant avec l\u2019obstination d\u00e9ses\u00adp\u00e9\u00adr\u00e9e d\u2019un p\u00eacheur qui plonge ses filets dans un fleuve vide, tan\u00addis qu\u2019il ne fai\u00adsait rien qui cor\u00adres\u00adpon\u00add\u00eet \u00e0 la per\u00adsonne que mal\u00adgr\u00e9 tout il repr\u00e9\u00adsen\u00adtait, et qu\u2019intentionnellement il ne fai\u00adsait rien, il atten\u00addait. <span class=\"quali\">Il atten\u00addait der\u00adri\u00e8re sa per\u00adsonne, dans la mesure o\u00f9 ce terme d\u00e9fi\u00adnit la par\u00adtie de l\u2019homme qui se laisse for\u00admer par le monde ext\u00e9\u00adrieur et le cours de la vie<\/span>, et son tran\u00adquille d\u00e9ses\u00adpoir, endi\u00adgu\u00e9 der\u00adri\u00e8re, mon\u00adtait chaque jour un peu plus haut. Il tra\u00adver\u00adsait la pire cala\u00admi\u00adt\u00e9 de sa vie et se m\u00e9pri\u00adsait pour ses omis\u00adsions. Les grandes \u00e9preuves sont-elles le pri\u00advi\u00adl\u00e8ge des grandes natures&nbsp;? Il e\u00fbt aim\u00e9 le croire, mais ce n\u2019est pas exact, car les ner\u00adveux les plus com\u00admuns ont aus\u00adsi leurs crises. Dans ce pro\u00adfond \u00e9bran\u00adle\u00adment, il ne lui res\u00adtait donc plus rien que ce noyau in\u00e9bran\u00adlable que pos\u00ads\u00e8dent tous les h\u00e9ros et tous les cri\u00admi\u00adnels&nbsp;: ce n\u2019est pas du cou\u00adrage, ce n\u2019est pas de la volon\u00adt\u00e9, ce n\u2019est pas de l\u2019assurance, ce n\u2019est que le pou\u00advoir tenace de s\u2019accrocher \u00e0 soi-m\u00eame, pou\u00advoir qu\u2019il est aus\u00adsi dif\u00adfi\u00adcile d\u2019extirper de soi que la vie du corps d\u2019un chat, m\u00eame quand il est d\u00e9j\u00e0 com\u00adpl\u00e8\u00adte\u00adment d\u00e9chi\u00adque\u00adt\u00e9 par les chiens.<\/p>\n<p>Si l\u2019on veut se repr\u00e9\u00adsen\u00adter com\u00adment vit un tel homme lorsqu\u2019il se retrouve seul, tout ce qu\u2019on peut racon\u00adter est que les vitres illu\u00admi\u00adn\u00e9es de ses fen\u00eatres, la nuit, semblent obser\u00adver sa chambre, et les pen\u00ads\u00e9es, apr\u00e8s usage, se tiennent assises en rond tout autour de la pi\u00e8ce comme les clients dans la salle d\u2019attente d\u2019un avo\u00adcat dont ils ne sont pas satis\u00adfaits. Ou peut-\u00eatre qu\u2019Ulrich, une de ces nuits-l\u00e0, ouvrit les fen\u00eatres et regar\u00adda les troncs d\u2019arbre, glabres comme des ser\u00adpents, leurs sinuo\u00adsi\u00adt\u00e9s \u00e9tran\u00adge\u00adment noires et polies entre la couche de neige de leurs cimes et celle du sol, et res\u00adsen\u00adtit brus\u00adque\u00adment le d\u00e9sir de des\u00adcendre, tel qu\u2019il \u00e9tait, en pyja\u00adma dans le jar\u00addin&nbsp;; il vou\u00adlait sen\u00adtir le froid dans ses che\u00adveux. Lorsqu\u2019il fut en bas, il \u00e9tei\u00adgnit la lumi\u00e8re pour ne pas se trou\u00adver devant la porte \u00e9clai\u00adr\u00e9e&nbsp;; son bureau seul fai\u00adsait avan\u00adcer dans l\u2019ombre une toi\u00adture de lumi\u00e8re. Une all\u00e9e menait \u00e0 la grille du por\u00adtail qui don\u00adnait sur la rue, une autre la croi\u00adsait, obs\u00adcu\u00adr\u00e9\u00adment visible. Ulrich s\u2019avan\u00e7a lon\u00adgue\u00adment sur celle-ci. Alors, l\u2019obscurit\u00e9 qui s\u2019\u00e9levait entre les cou\u00adronnes des arbres lui rap\u00adpe\u00adla sou\u00addain, fan\u00adtas\u00adti\u00adque\u00adment, la sil\u00adhouette gigan\u00adtesque de Moosbrugger, et les arbres nus lui appa\u00adrurent curieu\u00adse\u00adment cor\u00adpo\u00adrels&nbsp;; r\u00e9pu\u00adgnants, mouill\u00e9s comme des vers, et pour\u00adtant tels qu\u2019on e\u00fbt vou\u00adlu les \u00e9treindre et s\u2019affaisser \u00e0 leur pied, le visage bai\u00adgn\u00e9 de larmes. Mais il ne le fit pas. La sen\u00adti\u00admen\u00adta\u00adli\u00adt\u00e9 de son \u00e9mo\u00adtion le repous\u00adsa dans le m\u00eame temps qu\u2019elle l\u2019atteignait. \u00c0 tra\u00advers l\u2019\u00e9cume lai\u00adteuse du brouillard pas\u00adsaient \u00e0 cet ins\u00adtant devant la grille du jar\u00addin des pi\u00e9\u00adtons attar\u00add\u00e9s, et ils l\u2019auraient sans doute pris pour un fou s\u2019ils avaient vu com\u00adment sa sil\u00adhouette, dans son pyja\u00adma rouge entre les troncs noirs, main\u00adte\u00adnant se d\u00e9ta\u00adchait des arbres. Il reprit l\u2019all\u00e9e d\u2019un pas ferme et rega\u00adgna sa mai\u00adson, rela\u00adti\u00adve\u00adment satis\u00adfait&nbsp;: car si quelque chose \u00e9tait pour lui en r\u00e9serve, ce devait \u00eatre assu\u00adr\u00e9\u00adment d\u2019un tout autre&nbsp;ordre.<\/p>\n<div class=\"langue-originale\">\n<p class=\"class_s4\">Er war kein Philosoph. Philosophen sind Gewaltt\u00e4ter, die keine Armee zur Verf\u00fcgung haben und sich deshalb die Welt in der Weise unter\u00adwer\u00adfen, da\u00df sie sie in ein System sper\u00adren. Wahrscheinlich ist das auch der Grund daf\u00fcr, da\u00df es in den Zeiten der Tyrannis gro\u00dfe phi\u00adlo\u00adso\u00adphische Naturen gege\u00adben hat, w\u00e4h\u00adrend es in den Zeiten der fort\u00adges\u00adchrit\u00adte\u00adnen Zivilisation und Demokratie nicht gelingt, eine \u00fcber\u00adzeu\u00adgende Philosophie her\u00advor\u00adzu\u00adbrin\u00adgen, wenig\u00adstens soweit sich das nach dem Bedauern beur\u00adtei\u00adlen l\u00e4\u00dft, das man all\u00adge\u00admein dar\u00fc\u00adber \u00e4u\u00dfern h\u00f6rt. Darum wird heute in kur\u00adzen St\u00fccken erschre\u00adckend viel phi\u00adlo\u00adso\u00adphiert, so da\u00df es gerade nur noch die Kaufl\u00e4den gibt, wo man ohne Weltanschauung etwas bekommt, w\u00e4h\u00adrend gegen gro\u00dfe St\u00fccke Philosophie ein aus\u00adges\u00adpro\u00adchenes Mi\u00dftrauen herr\u00adscht. Man h\u00e4lt sie ein\u00adfach f\u00fcr unm\u00f6\u00adglich, und auch Ulrich war kei\u00adnes\u00adwegs frei davon, ja er dachte nach sei\u00adnen wis\u00adsen\u00adschaft\u00adli\u00adchen Erfahrungen etwas sp\u00f6t\u00adtisch \u00fcber sie. Das gab die Richtung f\u00fcr sein Verhalten, so da\u00df er immer wie\u00adder von dem, was er sah, zum Nachdenken auf\u00adge\u00adfor\u00addert wurde und doch mit einer gewis\u00adsen Scheu vor zuviel Denken behaf\u00adtet war. Aber was sein Verhalten schlie\u00df\u00adlich ent\u00adschied, war noch etwas anderes. Es gab etwas in Ulrichs Wesen, das in einer zers\u00adtreu\u00adten, l\u00e4h\u00admen\u00adden, ent\u00adwaff\u00adnen\u00adden Weise gegen das logische Ordnen, gegen den ein\u00addeu\u00adti\u00adgen Willen, gegen die bes\u00adtimmt gerich\u00adte\u00adten Antriebe des Ehrgeizes wirkte, und auch das hing mit dem sei\u00adner\u00adzeit von ihm gew\u00e4hl\u00adten Namen Essayismus zusam\u00admen, wenn es auch gerade die Bestandteile enthielt, die er mit der Zeit und mit unbe\u00adwu\u00df\u00adter Sorgfalt aus die\u00adsem Begriff aus\u00adges\u00adchal\u00adtet hatte. Die \u00dcbersetzung des Wortes Essay als Versuch, wie sie gege\u00adben wor\u00adden ist, enth\u00e4lt nur unge\u00adnau die wesent\u00adlichste Anspielung auf das lite\u00adra\u00adrische Vorbild&nbsp;; denn ein Essay ist nicht der vor- oder nebenl\u00e4u\u00adfige Ausdruck einer \u00dcberzeugung, die bei bes\u00adse\u00adrer Gelegenheit zur Wahrheit erho\u00adben, eben\u00adso\u00adgut aber auch als Irrtum erkannt wer\u00adden k\u00f6nnte (von sol\u00adcher Art sind blo\u00df die Aufs\u00e4tze und Abhandlungen, die gelehrte Personen als \u00bbAbf\u00e4lle ihrer Werkst\u00e4tte\u00ab zum bes\u00adten geben); son\u00addern ein Essay ist die ein\u00adma\u00adlige und unab\u00e4n\u00adder\u00adliche Gestalt, die das innere Leben eines Menschen in einem ent\u00adschei\u00adden\u00adden Gedanken annimmt. Nichts ist dem frem\u00adder als die Unverantwortlichkeit und Halbfertigkeit der Einf\u00e4lle, die man Subjektivit\u00e4t nennt, aber auch wahr und falsch, klug und unk\u00adlug sind keine Begriffe, die sich auf solche Gedanken anwen\u00adden las\u00adsen, die den\u00adnoch Gesetzen unters\u00adtehn, die nicht weni\u00adger streng sind, als sie zart und unauss\u00adpre\u00adchlich erschei\u00adnen. Es hat nicht wenige sol\u00adcher Essayisten und Meister des inner\u00adlich schwe\u00adben\u00adden Lebens gege\u00adben, aber es w\u00fcrde kei\u00adnen Zweck haben, sie zu nen\u00adnen&nbsp;; ihr Reich liegt zwi\u00adschen Religion und Wissen, zwi\u00adschen Beispiel und Lehre, zwi\u00adschen amor intel\u00adlec\u00adtua\u00adlis und Gedicht, sie sind Heilige mit und ohne Religion, und manch\u00admal sind sie auch ein\u00adfach M\u00e4nner, die sich in einem Abenteuer verirrt haben.<\/p>\n<p class=\"class_s4\">Nichts ist \u00fcbri\u00adgens bezeich\u00adnen\u00adder als die unfrei\u00adwillige Erfahrung, die man mit gelehr\u00adten und vern\u00fcnf\u00adti\u00adgen Versuchen macht, solche gro\u00dfe Essayisten aus\u00adzu\u00adle\u00adgen, die Lebenslehre, so wie sie ist, in ein Lebenswissen umzu\u00adwan\u00addeln und der Bewegung der Bewegten einen \u00bbInhalt\u00ab abzu\u00adge\u00adwin\u00adnen&nbsp;; es bleibt von allem ungef\u00e4hr so viel \u00fcbrig wie von dem zar\u00adten Farbenleib einer Meduse, nach\u00addem man sie aus dem Wasser geho\u00adben und in Sand gelegt hat. Die Lehre der Ergriffenen zerf\u00e4llt in der Vernunft der Unergriffenen zu Staub, Widerspruch und Unsinn, und doch darf man sie nicht eigent\u00adlich zart und leben\u00adsun\u00adbest\u00e4n\u00addig nen\u00adnen, da man sonst auch einen Elefanten zu zart nen\u00adnen m\u00fc\u00dfte, um in einem luft\u00adlee\u00adren, sei\u00adnen Lebensbed\u00fcrfnissen nicht ents\u00adpre\u00adchen\u00adden Raum aus\u00adzu\u00addauern. Es w\u00e4re sehr zu bek\u00adla\u00adgen, wenn diese Beschreibungen den Eindruck eines Geheimnisses her\u00advor\u00adrie\u00adfen oder auch nur den einer Musik, in der die Harfenkl\u00e4nge und seuf\u00adze\u00adrhaf\u00adten Glissandi \u00fcber\u00adwie\u00adgen. Das Gegenteil ist wahr, und die ihnen zugrunde Hegende Frage stellte sich Ulrich dur\u00adchaus nicht nur als Ahnung dar, son\u00addern auch ganz n\u00fcch\u00adtern in der fol\u00adgen\u00adden Form&nbsp;: Ein Mann, der die Wahrheit will, wird Gelehrter&nbsp;; ein Mann, der seine Subjektivit\u00e4t spie\u00adlen las\u00adsen will, wird viel\u00adleicht Schriftsteller&nbsp;; was aber soll ein Mann tun, der etwas will, das daz\u00adwi\u00adschen liegt&nbsp;? Solche Beispiele, die \u00bbdaz\u00adwi\u00adschen\u00ab lie\u00adgen, lie\u00adfert aber jeder mora\u00adlische Satz, etwa gleich der bekannte und ein\u00adfache&nbsp;: Du soll\u00adst nicht t\u00f6ten. Man sieht auf den ers\u00adten Blick, da\u00df er weder eine Wahrheit ist noch eine Subjektivit\u00e4t. Man wei\u00df, da\u00df wir uns in man\u00adcher Hinsicht streng an ihn hal\u00adten, in ande\u00adrer Hinsicht sind gewisse und sehr zahl\u00adreiche, jedoch genau begrenzte Ausnahmen zuge\u00adlas\u00adsen, aber in einer sehr gro\u00dfen Zahl von F\u00e4llen drit\u00adter Art, so in der Phantasie, in den W\u00fcnschen, in den Theaterst\u00fccken oder beim Genu\u00df der Zeitungsnachrichten, schwei\u00adfen wir ganz unge\u00adre\u00adgelt zwi\u00adschen Abscheu und Verlockung. Man nennt etwas, das weder eine Wahrheit noch eine Subjektivit\u00e4t ist, zuwei\u00adlen eine Forderung. Man hat diese Forderung an den Dogmen der Religion und an denen des Gesetzes befes\u00adtigt und ihr dadurch den Charakter einer abge\u00adlei\u00adte\u00adten Wahrheit gege\u00adben, aber die Romanschriftsteller erz\u00e4h\u00adlen uns von den Ausnahmen, ange\u00adfan\u00adgen beim Opfer Abrahams bis zur j\u00fcng\u00adsten sch\u00f6\u00adnen Frau, die ihren Geliebten nie\u00adder\u00adges\u00adchos\u00adsen hat, und l\u00f6sen es wie\u00adder in Subjektivit\u00e4t auf. Man kann sich also ent\u00adwe\u00adder an den Pfl\u00f6cken fes\u00adthal\u00adten oder zwi\u00adschen ihnen von der brei\u00adten Welle hin und her tra\u00adgen las\u00adsen&nbsp;; aber mit wel\u00adchem Gef\u00fchl!? Das Gef\u00fchl des Menschen f\u00fcr die\u00adsen Satz ist ein Gemisch von ver\u00adna\u00adgel\u00adtem Gehorchen (ein\u00adschlie\u00df\u00adlich der \u00bbgesun\u00adden Natur\u00ab, die sich str\u00e4ubt, an so etwas auch nur zu den\u00adken, aber, durch Alkohol oder Leidenschaft nur ein wenig von ihrem Platz verr\u00fcckt, es sofort tut) und gedan\u00adken\u00adlo\u00adsem Pl\u00e4tschern in einer Woge voll M\u00f6glichkeiten. Soll die\u00adser Satz wirk\u00adlich nur so vers\u00adtan\u00adden wer\u00adden&nbsp;? Ulrich f\u00fchlte, da\u00df ein Mann, der etwas mit gan\u00adzer Seele tun m\u00f6chte, auf diese Weise weder wei\u00df, ob er es tun, noch ob er es unter\u00adlas\u00adsen soll. Und ihm ahnte doch, da\u00df man es aus dem gan\u00adzen Wesen heraus tun oder las\u00adsen k\u00f6nnte. Ein Einfall oder ein Verbot sag\u00adten ihm gar nichts. Die Ankn\u00fcpfung an ein Gesetz nach oben oder innen erregte die Kritik seines Verstandes, ja mehr als das, es lag auch eine Entwertung in die\u00adsem Bed\u00fcrfnis, den sei\u00adner selbst gewis\u00adsen Augenblick durch eine Abstammung zu nobi\u00adli\u00adtie\u00adren. Bei alle\u00addem blieb seine Brust stumm, und nur sein Kopf sprach&nbsp;; aber er f\u00fchlte, da\u00df in einer ande\u00adren Weise seine Entscheidung \u00fcbe\u00adrein\u00adfal\u00adlen k\u00f6nnte mit sei\u00adnem Gl\u00fcck. Er k\u00f6nnte gl\u00fc\u00adck\u00adlich sein, weil er nicht t\u00f6tet, oder gl\u00fc\u00adck\u00adlich sein, weil er t\u00f6tet, aber er k\u00f6nnte nie\u00admals der gleichg\u00fcl\u00adtige Eintreiber einer an ihn ges\u00adtell\u00adten Forderung sein. Das, was er in die\u00adsem Augenblick emp\u00adfand, war kein Gebot, es war ein Gebiet, das er betre\u00adten hatte. Er begriff, da\u00df alles darin schon ent\u00adschie\u00adden sei und den Sinn bes\u00e4nf\u00adtigt wie Muttermilch. Aber es war kein Denken mehr, was ihm das sagte, und auch kein F\u00fchlen in der gew\u00f6hn\u00adli\u00adchen, wie in St\u00fccke gebro\u00adche\u00adnen Weise&nbsp;; es war ein \u00bbganz Begreifen\u00ab und doch auch wie\u00adder nur so, wie wenn der Wind eine Botschaft fern her\u00fc\u00adber\u00adtr\u00e4gt, und sie kam ihm weder wahr noch falsch, weder vern\u00fcnf\u00adtig noch wider\u00advern\u00fcnf\u00adtig vor, son\u00addern ergriff ihn, als w\u00e4re ihm eine leise selige \u00dcbertreibung in die Brust gefallen.<\/p>\n<p class=\"class_s4\">Und so wenig man aus den ech\u00adten Teilen eines Essays eine Wahrheit machen kann, ver\u00admag man aus einem sol\u00adchen Zustand eine \u00dcberzeugung zu gewin\u00adnen&nbsp;; wenig\u00adstens nicht, ohne ihn auf\u00adzu\u00adge\u00adben, so wie ein Liebender die Liebe ver\u00adlas\u00adsen mu\u00df, um sie zu bes\u00adchrei\u00adben. Die gren\u00adzen\u00adlose R\u00fchrung, die ihn zuwei\u00adlen unt\u00e4\u00adtig bewegte, widers\u00adprach dem T\u00e4tigkeitstrieb Ulrichs, der auf Grenzen und Formen drang. Nun ist es ja wahr\u00adschein\u00adlich rich\u00adtig und nat\u00fcr\u00adlich, erst wis\u00adsen zu wol\u00adlen, ehe man das Gef\u00fchl spre\u00adchen l\u00e4\u00dft, und unwillk\u00fcr\u00adlich stellte er sich vor, was er dereinst fin\u00adden wollte, werde, wenn es auch nicht Wahrheit sei, die\u00adser doch an Festigkeit nichts nach\u00adge\u00adben&nbsp;; aber in sei\u00adnem beson\u00adde\u00adren Fall \u00e4hnelte er dadurch einem Mann, der sich ein R\u00fcstzeug zusam\u00admens\u00adtellt, indes ihm dar\u00fc\u00adber die Absicht ers\u00adtirbt. Wann immer man ihn bei der Abfassung mathe\u00adma\u00adti\u00adscher und mathe\u00adma\u00adtisch-logi\u00adscher Abhandlungen oder bei der Besch\u00e4ftigung mit den Naturwissenschaften gefragt h\u00e4tte, welches Ziel ihm vor\u00adsch\u00adwebe, so w\u00fcrde er geant\u00adwor\u00adtet haben, da\u00df nur eine Frage das Denken wirk\u00adlich lohne, und das sei die des rech\u00adten Lebens. Aber wenn man eine Forderung lange Zeit erhebt, ohne da\u00df mit ihr etwas ges\u00adchieht, schl\u00e4ft das Gehirn genau so ein, wie der Arm ein\u00adschl\u00e4ft, wenn er lange Zeit etwas hochh\u00e4lt, und unsere Gedanken k\u00f6n\u00adnen eben\u00adso\u00adwe\u00adnig dauernd ste\u00adhen blei\u00adben wie Soldaten im Sommer auf einer Parade&nbsp;; wenn sie zu lange war\u00adten m\u00fcs\u00adsen, fal\u00adlen sie ein\u00adfach ohnm\u00e4ch\u00adtig um. Da Ulrich ungef\u00e4hr in sei\u00adnem sech\u00adsundz\u00adwan\u00adzig\u00adsten Jahr den Entwurf sei\u00adner Lebensauffassung abges\u00adchlos\u00adsen hatte, kam sie ihm in sei\u00adnem zweiund\u00addrei\u00dfig\u00adsten Jahr nicht mehr ganz aufrich\u00adtig vor. Er hatte seine Gedanken nicht wei\u00adter\u00adge\u00adbil\u00addet, und abge\u00adse\u00adhen von einem unge\u00adwis\u00adsen und span\u00adnen\u00adden Gef\u00fchl, wie man es bei ges\u00adchlos\u00adse\u00adnen Augen hat, wenn man etwas erwar\u00adtet, zeigte sich in ihm auch nicht viel von pers\u00f6n\u00adli\u00adcher Bewegung, seit die Tage der zit\u00adtern\u00adden ers\u00adten Erkenntnisse vor\u00adbei waren. Wahrscheinlich war es trotz\u00addem eine unte\u00adrir\u00addische Bewegung von sol\u00adcher Art, was ihn mit der Zeit in der wis\u00adsen\u00adschaft\u00adli\u00adchen Arbeit ver\u00adlang\u00adsamte und daran hin\u00adderte, in sie sei\u00adnen gan\u00adzen Willen zu set\u00adzen. Er geriet durch sie in einen eigent\u00fcm\u00adli\u00adchen Zwiespalt. Man darf nicht ver\u00adges\u00adsen, da\u00df die exakte Geistesverfassung im Grunde gott\u00adgl\u00e4u\u00adbi\u00adger ist als die sch\u00f6n\u00adgeis\u00adtige&nbsp;; denn sie unterw\u00fcrfe sich \u00bbIhm\u00ab, sobald er geruht, sich ihr unter den Bedingungen zu zei\u00adgen, die sie f\u00fcr die Anerkennung sei\u00adner Tats\u00e4chlichkeit vor\u00adschreibt, woge\u00adgen unsere sch\u00f6\u00adnen Geister, wenn Er sich \u00e4u\u00dferte, nur f\u00e4n\u00adden, da\u00df sein Talent nicht urs\u00adpr\u00fcn\u00adglich und sein Weltbild nicht verst\u00e4nd\u00adlich genug seien, um ihn auf eine Stufe mit wirk\u00adlich gott\u00adbe\u00adgna\u00adde\u00adten Begabungen zu stel\u00adlen. So leicht wie irgend\u00adwer von die\u00adser Gattung konnte sich Ulrich also nicht unbes\u00adtimm\u00adten Ahnungen hin\u00adge\u00adben, aber ande\u00adrer\u00adseits konnte er sich eben\u00adso\u00adwe\u00adnig verheh\u00adlen, da\u00df er in lau\u00adter Exaktheit jah\u00adre\u00adlang blo\u00df gegen sich selbst gelebt habe, und er w\u00fcn\u00adschte, da\u00df etwas Unvorhergesehenes mit ihm ges\u00adche\u00adhen m\u00f6ge, denn als er das tat, was er etwas sp\u00f6t\u00adtisch sei\u00adnen \u00bbUrlaub vom Leben\u00ab nannte, besa\u00df er in der einen wie in der ande\u00adren Richtung nichts, was ihm Frieden gab.<\/p>\n<p class=\"class_s4\">Vielleicht k\u00f6nnte man zu sei\u00adner Entschuldigung anf\u00fch\u00adren, da\u00df das Leben in gewis\u00adsen Jahren unglau\u00adblich schnell ent\u00adflieht. Aber der Tag, wo man begin\u00adnen mu\u00df, sei\u00adnen letz\u00adten Willen zu leben, ehe man des\u00adsen Rest hin\u00adterl\u00e4\u00dft, hegt weit voran und l\u00e4\u00dft sich nicht ver\u00adschie\u00adben. Das war ihm dro\u00adhend klar gewor\u00adden, seit fast ein halbes Jahr ver\u00adgan\u00adgen war, ohne da\u00df sich etwas \u00e4nderte. W\u00e4hrend er sich in der klei\u00adnen und n\u00e4r\u00adri\u00adschen T\u00e4tigkeit, die er \u00fcber\u00adnom\u00admen hatte, hin und her bewe\u00adgen lie\u00df, sprach, gerne zuviel sprach, mit der verz\u00adwei\u00adfel\u00adten Beharrlichkeit eines Fischers lebte, der seine Netze in einen lee\u00adren Flu\u00df senkt, indes er nichts tat, was der Person ents\u00adprach, die er imme\u00adrhin bedeu\u00adtete, und es mit Absicht nicht tat, war\u00adtete er. Er war\u00adtete hin\u00adter sei\u00adner Person, sofern dieses Wort den von Welt und Lebenslauf geform\u00adten Teil eines Menschen bezeich\u00adnet, und seine ruhige, dahin\u00adter abged\u00e4mmte Verzweiflung stieg mit jedem Tag h\u00f6her. Er befand sich in dem schlimm\u00adsten Notstand seines Lebens und verach\u00adtete sich f\u00fcr seine Unterlassungen. Sind gro\u00dfe Pr\u00fcfungen das Vorrecht gro\u00dfer Naturen&nbsp;? Er h\u00e4tte gerne daran geglaubt, aber es ist nicht rich\u00adtig, denn auch die sim\u00adpel\u00adsten nerv\u00f6\u00adsen Naturen haben ihre Krisen. So blieb ihm eigent\u00adlich nur in der gro\u00dfen Ersch\u00fctterung jener Rest von Unersch\u00fctterlichkeit \u00fcbrig, den alle Helden und Verbrecher besit\u00adzen, es ist nicht Mut, es ist nicht Wille, es ist keine Zuversicht, son\u00addern ein\u00adfach ein z\u00e4hes Festhalten an sich, das sich so schwer aus\u00adtrei\u00adben l\u00e4\u00dft wie das Leben aus einer Katze, selbst wenn sie von den Hunden schon ganz zer\u00adflei\u00adscht&nbsp;ist.<\/p>\n<p class=\"class_s4\">Will man sich vors\u00adtel\u00adlen, wie solch ein Mensch lebt, wenn er allein ist, so kann h\u00f6chs\u00adtens erz\u00e4hlt wer\u00adden, da\u00df in der Nacht die erhell\u00adten Fensterscheiben ins Zimmer schauen, und die Gedanken, nach\u00addem sie gebraucht sind, herum\u00adsit\u00adzen wie die Klienten im Vorzimmer eines Anwalts, mit dem sie nicht zufrie\u00adden sind. Oder viel\u00adleicht, da\u00df Ulrich ein\u00admal in sol\u00adcher Nacht die Fenster \u00f6ff\u00adnete und in die schlan\u00adgen\u00adkah\u00adlen Baumst\u00e4mme blickte, deren Windungen zwi\u00adschen den Schneedecken der Wipfel und des Bodens selt\u00adsam schwarz und glatt das\u00adtan\u00adden, und pl\u00f6tz\u00adlich Lust bekam, im Schlafanzug, wie er war, in den Garten hinun\u00adter\u00adzu\u00adgehn&nbsp;; er wollte die K\u00e4lte in den Haaren f\u00fch\u00adlen. Als er unten war, schal\u00adtete er das Licht aus, um nicht vor der erleuch\u00adte\u00adten T\u00fcre zu stehn, und nur aus sei\u00adnem Arbeitszimmer ragte ein Lichtdach in den Schatten hinein. Ein Weg f\u00fchrte zum Gittertor, das auf die Stra\u00dfe m\u00fcn\u00addete, ein zwei\u00adter kreuzte ihn dun\u00adkel deut\u00adlich. Ulrich ging lang\u00adsam auf die\u00adsen zu. Und dann erin\u00adnerte ihn die zwi\u00adschen den Baumkronen empor\u00adra\u00adgende Dunkelheit pl\u00f6tz\u00adlich phan\u00adtas\u00adtisch an die rie\u00adsige Gestalt Moosbruggers, und die nack\u00adten B\u00e4ume kamen ihm merkw\u00fcr\u00addig k\u00f6r\u00adper\u00adlich vor&nbsp;; h\u00e4\u00df\u00adlich und na\u00df wie W\u00fcrmer und trotz\u00addem so, da\u00df man sie umar\u00admen und mit Tr\u00e4nen im Gesicht an ihnen nie\u00adder\u00adsin\u00adken mochte. Aber er tat es nicht. Die Sentimentalit\u00e4t der Regung stie\u00df ihn im glei\u00adchen Augenblick zur\u00fcck, wo sie ihn ber\u00fchrte. Durch den Milchschaum des Nebels kamen vor dem Gitter des Gartens in die\u00adsem Augenblick versp\u00e4\u00adtete Fu\u00dfg\u00e4nger vor\u00adbei, und er h\u00e4tte ihnen wohl wie ein Narr erschei\u00adnen k\u00f6n\u00adnen, wie sich sein Bild, in rotem Schlafanzug zwi\u00adschen schwar\u00adzen St\u00e4mmen, nun von die\u00adsen losl\u00f6ste&nbsp;; aber er trat fest auf den Weg und ging verh\u00e4lt\u00adnism\u00e4\u00dfig zufrie\u00adden in sein Haus zur\u00fcck, denn wenn etwas f\u00fcr ihn auf\u00adbe\u00adwahrt war, so mu\u00dfte es etwas ganz anderes sein.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Ulrich] n\u2019\u00e9tait pas phi\u00adlo\u00adsophe. Les phi\u00adlo\u00adsophes sont des vio\u00adlents qui, faute d\u2019arm\u00e9e \u00e0 leur dis\u00adpo\u00adsi\u00adtion, se sou\u00admettent le monde en l\u2019enfermant dans un sys\u00adt\u00e8me. Probablement est-ce aus\u00adsi la rai\u00adson pour laquelle les \u00e9poques de tyran\u00adnie ont vu na\u00eetre de grandes figures phi\u00adlo\u00adso\u00adphiques, alors que les \u00e9poques de d\u00e9mo\u00adcra\u00adtie et de civi\u00adli\u00adsa\u00adtion avan\u00adc\u00e9e ne r\u00e9us\u00adsissent pas&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"quote","meta":{"_acf_changed":false,"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[2928,30,664,32,407],"class_list":["post-21026","post","type-post","status-publish","format-quote","hentry","category-non-classe","tag-certitude","tag-ethique","tag-morale","tag-relativisme","tag-verite","post_format-post-format-quote"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21026","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=21026"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21026\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21764,"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21026\/revisions\/21764"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21026"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21026"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/testanonpertinente.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21026"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}