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L’outrage aux mots

2 entrées
Mode : Lu

Une littérature réaliste, ce serait quoi ? Les procès-verbaux, il y a les flics pour ça ? Ou bien dressons les procès-verbaux qu’on ne dresse jamais. Disons comment on fait parler. Comment on parle. La réalité fout le camp au même train que la minute. Voici des mots sur du papier, c’est la seule réalité entre nous. Tout le reste, illusion, et l’illusion censure, elle aussi. On n’écrit pas pour fixer : on écrit pour superposer de la dérive à l’universelle dérive. Et merde pour le message, d’ailleurs le message est une tentative de censure puisqu’il vise à imposer une vérité. Le signifié, c’est l’odeur du charnier mental, le fumet de la décomposition. Mais là-dessous, camarade lecteur, reste-t-il du corps ?

Mode : Lu

L’ordre moral est moins obtus qu’on ne serait tenté de le croire. L’ordre moral, c’est l’ordre de l’esprit. Il peut fort bien se servir de ce qui, apparemment, le conteste l’érotisme, par exemple. L’érotisme n’est pas un retour au corps, il n’est qu’une intensification narcissique de son image. Et cette image censure, dans le corps, tout ce qui est organique, tout ce qui est physique. On n’a jamais autant montré de corps, et ceux-ci n’ont jamais été aussi peu des corps. Ce sont des objets, toujours neufs, toujours beaux, qui paupérisent également le désir en le stylisant. Quand l’ordre moral montre son cul ou ses poils, pas de problème, c’est encore l’idéalité qu’il nous montre.