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Publié en 1981

21 entrées
Mode : Lu

Un homme qui porte vraiment une belle barbe est un chanteur d’opéra, ou le chef de rayon bien payé d’un grand magasin. Sont beaux en règle générale les semblants d’hommes.

Ein Mann, der einen wirklich schönen Bart trägt, ist ein Opernsänger oder der gutbezahlte Abteilungschef eines Warenhauses. Scheinmänner sind in der Regel schön.

Mode : Lu

Pour définir mon camarade Fuchs, je ne dispose que d’une expression : Fuchs est fuyant, Fuchs est faux. Il parle comme une culbute ratée et se conduit comme une grosse improbabilité pétrie en forme d’homme. Tout en lui est antipathique, par conséquent indigne d’être considéré. Savoir quelque chose de Fuchs est un abus, un superflu choquant, gênant.

Für meinen Mitschüler Fuchs habe ich nur einen einzigen sprachlichen Ausdruck : Fuchs ist schräg, Fuchs ist schief. Er spricht wie ein mißlungener Purzelbaum und benimmt sich wie eine große, zu Menschenform zusammengeknetete Unwahrscheinlichkeit. Alles an ihm ist unsympathisch, daher unbeherzigenswert. Über Fuchs etwas zu wissen, das ist Mißbrauch, unfeiner, störender Überfluß.

Mode : Lu

Je hais les natures qui veulent tout savoir, qui resplendissent de science et font la roue avec leur esprit.

Ich hasse das alles verstehenwollende, mit Wissen und Witz glänzende, und sich breitmachende Wesen.

Mode : Lu

J’ai sucé la substance et le sentiment de la ville avec le lait maternel. Enfant, je voyais tituber les ouvriers ivres chantant à tue-tête. Tout petit déjà, la nature m’apparaissait comme quelque chose de céleste et de lointain. En sorte que je peux me passer de la nature.

Ich habe Stadtwesen und -empfinden mit der mütterlichen Milch eingesogen. Ich sah als Kind johlende, betrunkene Arbeiter hin und her taumeln. Die Natur ist mir schon als ganz klein als etwas Himmlisch-Entferntes vorgekommen. So kann ich die Natur entbehren.

Mode : Lu

Quelle dépravation étrange : se réjouir secrètement d’être en mesure de constater qu’on est un petit peu volé.

Solch eine sonderbare Verdorbenheit : sich heimlich zu freuen, bemerken zu dürfen, daß man ein wenig bestohlen wird.

Mode : Lu

[J]e me représente comme indiciblement beau de mourir avec la conscience terrible d’avoir offensé ceux qui me sont le plus chers au monde, et de les laisser pleins de jugements défavorables sur moi.

[Ich stelle] es mir als unsagbar schön vor, zu sterben, im furchtbaren Bewußtsein, das Liebste, was ich auf der Welt habe, gekränkt und mit schlechten Meinungen über mich erfüllt zu haben.

Mode : Lu

Les Sommes de logique ne forment pas la totalité du savoir médiéval sur le langage et la logique. […] Le seule apport véritable des Sommes est d’offrir une sémantique des termes qui, à la fois, complète et fonde la théorie aristotélicienne des prpositions, inférences et syllogismes. Cet apport se trouve concentré dans un certains nombre de petits traités ayant pour objet de définir le fonctionnement sémantique des termes catégorématiques pris dans des contextes propositionnels variables. Cette démarche a été décrite comme une « approche contextuelle » par De Rijk (1962-1967). Elle résulte, pour une large part, d’une itneraction et d’une interpénétration de la logique de la référence avec les théories grammaticales de la signification formulées au XIIe siècle. C’est sur ce terrain, en effet, que s’est formée la notion clé de la /logica modernorum/ ou « terminisme » : la /suppositio termini/. Les origines grammaticales du concept de supposition ont été étudiées en détail par De Rijk (1962-1967). La préhistoire grammaticale du terme de /suppositio/ chez Guillaume de Conches et Pierre Hélie est décrite dans Fredborg (1973). Le lecteur trouvera ici-même dans l’article de S. Ebbesen le bilan des réflexions les plus récentes sur ce problème.
Le développement de la théorie des suppositions est sans doute la partie la mieux connue de l’histoire de la sémantique médiévale. La signification même de cette doctrine a donné lieu à de nombreuses interprétations. Équivalent approximatif de la moderne théorie de la référence, la doctrine des suppositions a été considérée tour à tour comme syntaxique, sémantique et pragmatique. Sur ce point cf. Perreiah (1971b). Selon nousm les différents types de supposition distingués par les médiévaux dérivent d’une réflexion sémantique sur la translation univoque des termes /in oratione/. Qu’il s’agisse de la supposition « matérielle » (théorie de l’emploi autonyme du discours, correspondant à l’« imposition matérielle » des grammairiens, ex : /homo est vox/) ou de la supposition simple (où le signifié formel est pris comme référent, ex : /homo est species/), les modes de la supposition décrivent avant tout les modifications de la valeur sémantique initial d’un terme dont la portée référentielle est déplacée selon els contextes. On notera d’autre part, qu’au stade de maturation de la théorie, la supposition est définie par les possibilités d’inférence (descensus), i.e. d’équivalence entre la proposition /princeps/ et des disjonctions ou des conjonctions de propositions singulières (ou encore pour la supposition purement confuse, une proposition comportant un prédicat interprété en disjonction). […]
L’analyse des différentes variétés de suppositions n’est cependant pas le but ultime de la sémantique médiévale des termes. Aussi bien, les problèmes les plus fondamentaux de la théorie de la « référence » sont-ils assumés par des notions distinctes de la supposition : appellation, restriction, ampliation, distribution, etc.

Alain de Libera« Introduction » Histoire Épistémologie Langaget. 3 : Sémantiques médiévales : Cinq études sur la logique et la grammaire au Moyen Âge1981p. 7-17lien
Mode : Lu

La langue déguise la pensée. Et de telle manière que l’on ne peut, d’après la forme extérieure du vêtement, découvrir la forme de la pensée qu’il habille ; car la forme extérieure du vêtement est modelé à de tout autres fins qu’à celle de faire connaître la forme du corps.