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Publié en 2009

57 entrées
Mode : Lu

Perhaps this would be cause for black optimism or, at least, some black operations. Perhaps the thing, the black, is tantamount to another, fugitive, sublimity altogether. Some/thing escapes in or through the object’s vestibule ; the object vibrates against its frame like a resonator, and troubled air gets out. The air of the thing that escapes enframing is what I’m interested in—an often unattended movement that accompanies largely unthought positions and appositions. To operate out of this interest might mispresent itself as a kind of refusal of Fanon. But my reading is enabled by the way Fanon’s texts continually demand that we read them—again or, deeper still, not or against again, but for the first time. I wish to engage a kind of pre-op(tical) optimism in Fanon that is tied to the commerce between the lived experience of the black and the fact of blackness and between the thing and the object—an optimism recoverable, one might say, only by way of mistranslation, that bridged but unbridgeable gap that Heidegger explores as both distance and nearness in his discourse on « The Thing. »

Fred Moten« The Case of Blackness »Criticism, n° 50Project Muse2009p. 177-218
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praeceps ibam tanta caecitate, ut inter coaetaneos meos puderet me minoris dedecoris, quoniam audiebam eos iactantes flagitia sua et tanto gloriantes magis, quanto magis turpes essent, et libebat facere non solum libidine facti verum etiam laudis. Quid dignum est vituperatione nisi vitium ? ego, ne vituperarer, vitiosior fiebam, et ubi non suberat, quo admisso aequarer perditis, fingebam me fecisse quod non feceram, ne viderer abiectior, quo eram innocentior, et ne vilior haberer, quo eram castior.

La tête basse, je m’aveuglais au point que, parmi les garçons de mon âge, j’avais honte d’être moins obscène qu’eux quand je les entendais se vanter de leurs débauches. Plus c’était sale, plus on était admiré. Notre plaisir n’était pas tant d’assouvir nos désirs que de susciter l’admiration des autres. Quoi de plus condamnable que le vice ? Eh bien moi, pour ne pas être condamné, je devais être plus vicieux encore. Et s’il m’arrivait d’être en deçà de la dépravation des autres, j’inventais des actes que je n’avais pas commis pour ne pas apparaître plus abject d’être plus innocent ni plus obscène d’être plus chaste.

AugustinLes Aveux [<em>Confessiones</em> (397-402)]t. 2chap. 3trad. Frédéric BoyerP.O.L2009p. 81
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Capiunt ergone te caelum et terra, quoniam tu imples ea ? an imples et restat, quoniam non te capiunt ? et quo refundis quidquid impleto caeloet terra restat ex te ? an non opus habes, ut quoquam continearis, qui contines omnia, quoniam quae imples continendo imples ?

Ciel et terre te contiennent si tu les remplis. Mais si tu les remplissais, il y aurait un reste si eux ne te contenaient pas. Et où refoules-tu, une fois remplis ciel et terre, le quelque chose qui reste de toi ? Tu n’as pas besoin d’être retenu quelque part, toi qui retiens tout : ce que tu remplis, tu le remplis parce que tu le contiens.

AugustinLes Aveux [<em>Confessiones</em> (397-402)]t. 1chap. 3trad. Frédéric BoyerP.O.L2009p. 51
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Le ton de voix de Heidegger est prophétisé dans la discussion schillerienne sur la dignité comme fermeture sur soi ou comme fixation du soi : « Si on a l’occasion d’observer la grâce affectée, dans les théâtre de salle de bal, on peut aussi très souvent étudier la fausse dignité dans les cabinets des ministres et dans les salles d’études des hommes de sciences (particulièrement dans les universités). Si la vraie dignité se satisfait d’empêcher la domination des affects et si elle pose des limites à la pulsion naturelle simplement là où celle-ci veut jouer le maître, c’est-à-dire, dans les mouvements involontaires ; au contraire, la fausse dignité régit aussi les mouvements volontaires avec un sceptre de fer, elle réprime les mouvements moraux, lesquels sont sacrés pour la vraie dignité, aussi bien que les mouvements de la sensibilité et elle détruit tout le jeu mimique de l’âme qui s’expose dans les traits du visage. Elle n’est pas seulement sévère à l’égard de la nature rebelle, mais dure à l’égard de la nature soumise, et elle cherche sa ridicule grandeur dans l’asservissement de celle-ci et, là où cela ne réussit pas dans sa dissimulation. Comme si elle avait voué une haine irréconciliable à tout ce qui s’appelle nature, elle enveloppe le corps dans de longs vêtements à plu qui en cachent tous les membres, elle réduit l’image des membre par un lourd appareil d’inutiles ornements et se coupe même les cheveux pour remplacer le cadeau de la nature par le produit de l’art. Si la vraie dignité, qui n’a jamais honte de la nature, mais seulement de la nature brute, reste toujours libre et ouverte, même là où elle se tient en soi, si on voit une sensation rayonner dans ses yeux et l’esprit calme et serein se reposer sur son front éloquent ; au contraire, la fausse dignité inscrit la gravité dans les plis du visage, elle est fermée et mystérieuse et surveille soucieusement ses traits comme un comédien. Tous les muscles du visage son tendus, toute expression naturelle et vraie disparaît et l’homme tout entier est comme une lettre scellée. Mais la fausse dignité n’a pas toujours tort de tenir le jeu mimique de ses traits sous une sévère discipline ; parce qu’il pourrait peut-être en dire plus qu’on ne le voudrait – précaution qui n’est certes pas nécessaire pour la vraie dignité. Celle-ci ne fera que maîtriser la nature et non la cacher ; dans la fausse dignité au contraire, la nature domine avec d’autant plus de violence à l’intérieur qu’elle est d’autant plus contrainte à l’extérieur. » Pour le kantien qui croyait à la disjonction du prix et de la dignité, que son maître avait effectuée, la dignité était encore quelque chose de désirable. Cela a privé ce grand écrivain de la pleine intuition de ce dont il s’est pourtant approché de si près : qu’à la dignité est immanente la forme de sa décadence – ce qu’on peut observer dès que les intellectuels deviennent complices du pouvoir qu’ils sont pas et auquel ils devraient s’opposer. Dans le jargon de l’authenticité s’effondre, en fin de compte, avec la dignité kantienne, cette humanité qui a son concept non pas dans la réflexion sur soi, mais dans la différence avec l’animalité réprimée.

Prophezeit wird der Heideggersche Tonfall in der Schillerschen Diskussion von Würde als einem sich in sich selbst Verschließen oder Festmachen. „Wenn man auf Theatern oder Ballsälen Gelegenheit hat, die affektirte Anmuth zu beobachten, so kann man oft in den Kabinetten der Minister, und in den Studierzimmern der Gelehrten (auf hohen Schulen besonders) die falsche Würde studiren. Wenn die wahre Würde zufrieden ist, den Affekt an seiner Herrschaft zu hindern, und dem Naturtriebe blos da, wo er den Meister spielen will, in den unwillkürlichen Bewegungen Schranken setzt, so regiert die falsche Würde auch die willkürlichen mit einem eisernen Zepter, unterdrückt die moralischen Bewegungen, die der wahren Würde heilig sind, so gut als die sinnlichen, und löscht das ganze mimische Spiel der Seele in den Gesichtszügen aus. Sie ist nicht blos streng gegen die widerstrebende, sondern hart gegen die unterwürfige Natur, und sucht ihre lächerliche Größe in Unterjochung, und wo dies nicht angehen will, in Verbergung derselben. Nicht anders, als wenn sie Allem, was Natur heißt, einen unversöhnlichen Haß gelobt hätte, steckt sie den Leib in lange faltige Gewänder, die den ganzen Gliederbau des Menschen verbergen, beschränkt den Gebrauch der Glieder durch einen lästigen Apparat unnützer Zierrath und schneidet sogar die Haare ab, um das Geschenk der Natur durch ein Machwerk der Kunst zu ersetzen. Wenn die wahre Würde, die sich nie der Natur, nur der rohen Natur schämt, auch da, wo sie an sich hält, noch stets frey und offen bleibt ; wenn in den Augen Empfindung strahlt, und der heitre stille Geist auf der beredten Stirn ruht, so legt die Gravität die ihrige in Falten, wird verschlossen und mysteriös, und bewacht sorgfältig wie ein Komödiant ihre Züge. Alle ihre Gesichtsmuskeln sind angespannt, aller wahre natürliche Ausdruck verschwindet, und der ganze Mensch ist wie ein versiegelter Brief. Aber die falsche Würde hat nicht immer Unrecht, das mimische Spiel ihrer Züge in scharfer Zucht zu halten, weil es vielleicht mehr aussagen könnte, als man laut machen will, eine Vorsicht, welche die wahre Würde freylich nicht nöthig hat. Diese wird die Natur nur beherrschen, nie verbergen ; bey der falschen hingegen herrscht die Natur nur desto gewaltthätiger innen, indem sie außen bezwungen ist.« Dem Kantianer, der die Disjunktion von Preis und Würde seinem Meister glaubte, war diese noch ein Wünschbares. Das brachte ihn um die volle Einsicht, welcher der große Schriftsteller so nahe rückte : daß der Würde ihre Verfallsform immanent ist : durchschaubar, sobald Intellektuelle der Macht sich anbiedern, die sie nicht haben und der sie zu widerstehen hätten. Im Jargon der Eigentlichkeit stürzt am Ende die Kantische Würde zusammen, jene Menschheit, die ihren Begriff nicht an der Selbstbesinnung hat sondern an der Differenz von der unterdrückten Tierheit.

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Pour Heidegger, se confondent en se brouillant dans le « on » ce qui est un simple dérivé idéologique du rapport d’échange, d’une part : les idola fori des discours de condoléances et des avis de décès et, d’autre part, l’humanité qui n’identifie pas les autres, mais qui s’identifie à l’autre, qui dépasse la fascination de l’ipséité abstraite et pénètre celle-ci dans sa médiation.

Für Heidegger fließt im Man trüb zusammen, was bloßes ideologisches Derivat des Tauschverhältnisses ist, die idola fori von Trauerreden und Todesanzeigen, und die Humanität, die nicht die Anderen, sondern sich mit dem Anderen identifiziert, über den Bann der abstrakten Selbstheit hinausdringt und diese in ihrer Vermittlung durchschaut.

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L’ontologie de Heidegger veut écarter toute facticité : parce que celle-ci dément le principe d’identité et qu’elle n’est pas de l’essence du concept, qui précisément voudrait, en vue de sa totale domination, dissimuler qu’il est concept ; les dictateurs emprisonnent ceux qui les nomment dictateurs.

Nicht zuletzt deshalb will Heideggers Ontologie jegliche Faktizität ausscheiden : sie dementierte das Identitätsprinzip, wäre nicht vom Wesen des Begriffs, der eben um seiner Allherrschaft willen vertuschen möchte, daß er Begriff ist ; Diktatoren kerkern solche ein, die sie Diktatoren nennen.

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Parce que les hommes ne restent en aucune manière ce qu’ils sont, ni socialement ni biologiquement, ils se dédommagent avec le reste insipide de l’identité à soi, comme marque distinctive quant à l’être et au sens. Cet inaliénable qui n’a aucune espèce de substrat excepté son propre concept, l’ipséité tautologique du soi, doit fournir le sol, comme Heidegger le nomme, que les authentiques possèdent et qui fait défaut aux inauthentiques. Ce qu’est l’essence du Dasein donc ce qui est plus que son simple être-là, n’est rien d’autre que son ipséité : le soi-même.

Weil die Menschen keineswegs bleiben, was sie sind, sozial nicht und nicht einmal biologisch, entschädigen sie sich am schalen Rest der Sichselbstgleichheit als einem Auszeichnenden an Sein und Sinn. Jenes Unverlierbare, das keinerlei Substrat außer dem eigenen Begriff hat, die tautologische Selbstheit des Selbst, soll den von Heidegger so genannten Boden abgeben, den die Eigentlichen haben und der den Uneigentlichen fehlt. Was das Wesen des Daseins sei, also mehr als sein bloßes Dasein, ist nichts anderes als seine Selbstheit : es selbst.

Mode : Lu

Les curieux sont des caractères dont l’exigence enfantine n’a pas été satisfaite : leur plaisir est un substitut minable. Celui qui a été privé de ce qui le regarde, celui-là se mêle malignement de ce qui ne le regarde pas, il se grise par envie d’informations sur choses auxquelles lui-même ne prend aucune part. C’est ainsi que toute avidité se comporte à l’égard du libre désir.

Neugierige sind Charaktere, deren kindliches Verlangen nach der Wahrheit übers Geschlechtliche nicht befriedigt wurde : ihre Lust ist schäbiger Ersatz. Wem vorenthalten ward, was ihn angeht, der mischt böse in das sich ein, was ihn nicht angeht, berauscht neidisch sich an der Information über die Sache, an der selbst er nicht teilhaben soll. So verhält sich alle Gier zum freien Begehren.

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Au lieu de quoi la langue se retrousse les manches et donne à entendre que l’acte opportun au moment opportun vaut mieux que la réflexion. Une attitude contemplative, sans aucune échappée sur la praxis et ses changements sympathise de façon d’autant plus frappante avec le « ici et maintenant », l’office de distribution des tâches à l’intérieur du donné.

Statt dessen krempelt die Sprache sich die Ärmel hoch und gibt zu verstehen, rechtes Tun am rechten Ort tauge mehr als Reflexion. Kontemplative Haltung, ohne allen Durchblick auf verändernde Praxis, sympathisiert desto auffälliger mit der jetzt und hier, dem Dienst an Aufgaben innerhalb des Gegebenen.