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Publié en 397-401

10 entrées
Mode : Lu

certe si est tam grandi scientia et praescientia pollens animus, cui cuncta praeterita et futura ita nota sint, sicut mihi unum canticum notissimum, nimium mirabilis est animus iste atque ad horrorem stupendus, quippe quem ita non lateat quidquid peractum et quidquid relicum saeculorum est, quemadmodum me non latet cantantem illud canticum, quid et quantum eius abierit ab exordio, quid et quantum restet ad finem.

Si un esprit était suffisamment savant et devin pour connaître le passé et le futur aussi bien que je connais un chant très connu, ce serait un étonnement sans bornes, une stupeur horrifiée. Rien ne lui échapperait du passé ni rien de ce qui resterait à venir pour les siècles futurs. Comme rien ne m’échappe du chant que je suis en train de chanter. Ni ce que je viens de chanter depuis le début ni ce qui me reste à chanter jusqu’à la fin.

collection, permanence, rêve, réveil, rythme, stupéfaction (Benjamin, Rêves)

Si nous vivions, peut-on dire, selon un autre rythme, plus serein, il n’y aurait plus rien de "permanent" pour nous ; tout adviendrait sous nos yeux, tout viendrait nous frapper. […]

AugustinLes Aveux [397-401]vol. 11chap. 30trad. Frédéric BoyerP.O.L2009p. 333
Mode : Lu

sed unde et qua et quo praeterit cum metitur ? unde nisi ex futuro ? qua nisi per praesens ? quo nisi in praeteritum ? ex illo ergo, quod nondum est, per illud, quod spatio caret, in illud, quod iam non est.

Mais quand nous le mesurons, le temps, d’où vient-il, par où passe-t-il, où va-t-il ? d’où vient-il, sinon du futur ? par où passe-t-il, sinon par le présent ? où va-t-il, sinon dans le passé ? Son trajet est donc le suivant : il vient de ce qui n’est pas encore, passe par ce qui n’a aucune étendue, et va vers ce qui n’est déjà plus.

AugustinConfessiones [397-401]t. 11chap. 21traduction maison
Mode : Lu

Quod autem nunc liquet et claret, nec futura sunt nec praeterita, nec proprie dicitur : tempora sunt tria, praeteritum, praesens et futurum, sed fortasse proprie diceretur : tempora sunt tria, praesens de praeteritis, praesens de praesentibus, praesens de futuris. sunt enim haec in anima tria quaedam, et alibi ea non video praesens de praeteritis memoria, praesens de praesentibus contuitus, praesens de futuris expectatio.

Maintenant c’est clair et net. Le futur ni le passé ne sont. À proprement parler, on ne peut dire qu’il y a trois temps : le passé, le présent et le futur. À proprement parler, il faut dire qu’il y a trois temps : le présent du passé, le présent du présent, le présent du futur. Les trois sont dans l’âme et on ne les trouve nulle part ailleurs : au présent du passé, elle se souvient de ce qui n’est plus ; au présent du présent, elle prête attention à ce qui est ; au présent du futur, elle tend vers ce qui n’est pas encore.

AugustinConfessiones [397-401]t. 11chap. 20traduction maison foireuse
Mode : Lu

nec unus dies totus est praesens

Aucun jour n’est présent dans sa totalité.

AugustinConfessiones [397-401]t. 11chap. 15traduction maison
Mode : Lu

quid est ergo tempus ? si nemo ex me quaerat, scio ; si quaerenti explicare velim, nescio

Qu’est-ce donc que le temps ? Tant que personne ne me le demande, je le sais ; si on me le demande et que je veux l’expliquer, je ne le sais plus.

AugustinConfessiones [397-401]t. 11chap. 14traduction maison
Mode : Lu

anni tui nec eunt nec veniunt : isti autem nostri eunt et veniunt, ut omnes veniant. anni tui omnes simul stant, quoniam stant, nec euntes a venientibus excluduntur, quia non transeunt : isti autem nostri omnes erunt, cum omnes non erunt. anni tui dies unus, et dies tuus non cotidie, sed hodie, quia hodiernus tuus non cedit crastino ; neque enim succedit hesterno.

Tes années ne vont ni ne viennent ; les nôtres vont et viennent afin qu’elles passent toutes. Si tes années demeurent compactes, c’est qu’elles demeurent. Elles ne sont pas chassées par les années qui viennent, parce qu’elles ne passent jamais. Tes années sont une seule journée, et cette journée n’est pas tous les jours, mais aujourd’hui, toujours, parce que ton aujourd’hui ne s’efface pas devant un demain, pas plus qu’il ne succède à un hier.

AugustinConfessiones [397-401]t. 11chap. 13traduction maison
Mode : Lu

Sed dico te, deus noster, omnis creaturae creatorem, et si caeli et terrae nomine omnis creatura intellegitur, audenter dico : antequam faceret deus caelum et terram, non faciebat aliquid. si enim faciebat, quid nisi creaturam faciebat ? et utinam sic sciam, quidquid utiliter scire cupio, quemadmodum scio, quod nulla fiebat creatura, antequam fieret ulla creatura.

Toi, notre Dieu, créateur de toutes créatures pour autant qu’elles sont comprises sous les noms de « ciel » et de « terre », je déclare avec hardiesse qu’avant de faire le ciel et la terre, tu ne faisais rien. Car si tu avais alors fait quelque chose, qu’aurais-tu pu faire d’autre que de la créature ? Et j’aimerais être aussi certain de tout ce que je désire savoir que je suis certain de ceci : de la créature, il ne s’en créait pas avant la création.

AugustinConfessiones [397-401]t. 11chap. 12traduction maison
Mode : Lu

Quid est illud, quod interlucet mihi et percutit cor meum sine laesione ? et inhorresco et inardesco : inhorresco, in quantum dissimilis ei sum, inardesco, in quantum similis ei sum.

Qu’est-ce que c’est, cette lumière qui scintille en moi et traverse mon cœur sans causer de blessure ? Je m’effraie et m’enflamme : je m’effraie tant je lui dissemble ; je m’enflamme tant je lui ressemble.

Qu’est-ce que c’est, cette lumière qui scintille devant moi et traverse mon cœur sans causer de blessure ? Je prends peur et prends feu : peur de ce que je lui suis si dissemblable ; feu de ce que je lui suis si semblable.

AugustinConfessiones [397-401]t. 11chap. 9traductions maison
Mode : Lu

Ecce sunt caelum et terra, clamant, quod facta sint.

Ça y est. Le ciel et la terre sont. Ils crient qu’ils furent créés.

AugustinConfessiones [397-401]t. 11chap. 4traduction maison
Mode : Lu

nos quaesisti non quaerentes te, quaesisti autem, ut quaereremus te

tu nous as cherchés alors que nous ne te cherchions pas, mais tu nous as cherchés pour que nous te cherchions

AugustinConfessiones [397-401]t. 11chap. 2traduction maison