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Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs

J’étais bri­sé par la fatigue, j’avais la fièvre ; je me serais bien cou­ché, mais je n’avais rien de ce qu’il eût fal­lu pour cela. J’aurais vou­lu au moins m’étendre un ins­tant sur le lit, mais à quoi bon puisque je n’aurais pu y faire trou­ver de repos à cet ensemble de sen­sa­tions qui est pour cha­cun de nous son corps conscient, sinon son corps matériel…