Vaccins Covid Vaccin Moderna Psychologie/Développement personnel Je n’arrive pas à vouloir apprendre le monde.
et toutes les villes comptent ces violences du petit peuple difficile de faire vivre toutes ces formes sociétales ensemble. Gouvernance d’amateurs qui n’arrive pas à vouloir comprendre les malaises de notre société.
Aujourd’hui , chacun viens avec sa folie, son bon sens, sa timidité, sa valeur, sa tendance… Même si la majorité n’arrive pas à vouloir partager la vision d’autrui. J’crois que c’est un gros frein pour certains qui sont pas habitué à avancer avec le caractère des autres.
Et l’on connaît l’analyse décisive de saint Augustin sur cette liberté qui n’arrive pas à vouloir .
Bien que je sache qu’il y a un malheur en vue, le seul fait d’être attachés à la même corde le donne l’illusion d’une entente entre nous deux. C’est une erreur mais je n’arrive pas à vouloir du mal à cette femme qui est en train de me trahir.
À l’issue, Xavier Bertrand affiche un discours plutôt pacifique : « Je ne suis toujours pas macroniste, mais je n’arrive pas à vouloir être dans une guerre de tranchée. » Après, lorsque l’on égrène un à un les dossiers avec lui, les coups de griffes du chat Bertrand sont plus nombreux que les caresses.
Écriture basique, des situations auxquelles on n’arrive pas à vouloir croire, des personnages lisses.
finit par se donner les motifs de ne rien faire. Il n’arrive pas à vouloir , il rumine une incessante analyse de lui-même et de la réalité qui le maintient en dehors de toute volonté.
Je n’arrive pas à vouloir détruire quelqu’un que je connais pas juste parce qu’il me le demande.
Et donc je n’arrive pas à penser des choses heureuses je n’arrive pas à vouloir je n’arrive pas à me définir je n’arrive.
Dans son genre, cet autre univers est au moins aussi intéressant que le nôtre et on n’arrive pas à vouloir sa destruction.
Quelque part, ce couple est prisonnier de son destin et de son époque, il n’arrive pas à vouloir véritablement quelque chose.
Que si un de ses potes se fait mal ou est malade, c’est sur lui qu’on comptera. Il le sait et n’arrive pas à vouloir du mal aux autres. Il n’arrive pas à souhaiter la blessure ou le forfait d’un copain, et pourtant, qu’est-ce qu’il aimerait le jouer ce match. Mais il le savait, il s’en doutait et il était prêt.
C’est plus vrai que jamais en ce moment, on n’arrive pas à vouloir se séparer de ceux qui nous appauvrissent tout les jours un peu plus !
Je n’arrive pas à vouloir découvrir leur musique que je ne connais malheureusement pas.
Harper est très convaincant lorsqu’il dit ce genre de trucs. Et c’est vrai qu’ici notre esprit change, au plus profond. L’auteur du journal intime ne cesse d’évoquer son grand dilemme. Il n’arrive pas à se concentrer sur sa respiration. Il n’arrive pas à vouloir arrive pas à vouloir se concentrer. Ta vie est un échec. Une série de mauvaises décisions. Il se déteste. Des choses à régler.
Si je n’arrive pas à vouloir ce que je veux ! C’est que je manque d’imagination ! C’est que le circuit du vouloir m’échappe !
On arrive au malaise dans la relation quand les normaux soit font comme si l’autre était comme eux, soit l’ignorent car n’arrive pas à vouloir voir sa différence. Comme on met souvent la personne stigmatisée dans cette situation de malaise, elle a toutes les chances de devenir la plus habile à la manier.
J’aimerais pouvoir arriver à vouloir croire que je ne suis pas le seul.
Je dois écrire sinon je ne saurai jamais où est la réalité. J’ai pas mal. Je comprends tout mais je n’arrive pas à vouloir ce que je pense. Je sais qui j’étais. Je sais ce que je deviens, mais je ne sais pas pour combien de temps.
Osons écrire que n’est pas comme l’âne de Buridan qui veut. Oui c’est osé car justement, l’âne de Buridan n’arrive pas à vouloir. Et arriver à vouloir être un être qui n’arrive pas à vouloir c’est vraiment fort, n’est-il pas ?
Elle m’a demander jusqu’où j’irais et elle m’a dit que pour elle c’était une façon de mettre fin à mes jours. Je le sais mais je n’arrive pas à vouloir arreter, c’est comme si cette solution me convenait et en même temps il y a mon fils mais je préfère ne pas penser à l’après, a lui pour continuer mon autodestruction.
Face au juge d’instruction, elle eut cette phrase que l’avocat général souligne à plusieurs reprises : « J’ arrive pas à vouloir . » La psychologue qui la suit depuis bientôt deux ans explique que le viol est venu s’ajouter aux maltraitances de l’ex-belle-mère.
Puis, c’est venu comme ça. Et il n’est pas peu fier du résultat. Bruno ne sait pas très bien ce qu’il veut faire plus tard. Il n’arrive pas à vouloir quelque chose de loin. Il préfère se satisfaire de ce qu’on a maintenant.
Pardon mes amis, vous êtes morts par ma faute, je n’arrive pas à vouloir le tuer, pour la première fois de ma vie, je vais fuir, pardonnez-moi d’être aussi faible !
j’ai le cerveau fait pour ça visiblement, mes bonnes notes dans le domaine me disent que c’est bon, je peux y arriver. Mais je n’y arrive pas, je n’arrive pas à vouloir , c’est trop dur de se forcer, d’imaginer une vie de travail à attendre le week end pour se défouler, boire, se droguer, s’abîmer, oublier puis retourner se tuer un peu plus pour avoir de quoi survivre.
Malgré des baisse de production (en terme de porcs mis en marché), le marché n’arrive pas à vouloir se débarrasser des inventaires (Cold storage) encombrant des derniers mois.
Déjà, il sait. Irrémédiablement, il a choisi : le 23 juillet, il se donnera la mort. Parce qu’il n’arrive pas à vouloir ni à désirer, parce qu’il a peur, parce qu’il n’arrive à mettre la main sur rien.
Il a beau être parfois dégueulasse, je n’arrive pas à vouloir sa mort (heureusement, il meurt pas). Je peux juste me dire : Chaos, t’es trop cool.
Mais il y a de ces situations ou le désir de l’un n’est juste pas compatible avec le désir de l’autre. Peu importe les arguments on arrive pas à vouloir la même chose. Tu trouves que l’exemple de l’avortement est un peu fort, moi je le trouve au contraire très pertinent.
j’ai pourtant l’impression de ne pas être difficile et d’aimer beaucoup de chose mais force est de constater que je dois l’être ! Mais malgré ces déceptions je n’arrive pas à vouloir autre chose que des surprises,et je crois plus profondément que c’est l’envie d’être rassurée en me disant « lui au moins il me connait par coeur…… »
elle perçoit que ça ne va pas, elle veut s’en sortir, regrossir, mais a tellement peur de perdre le contrôle qu’elle n’arrive pas à vouloir ce changement. Elle est coincée dans cet état de grand contrôle.
C’est pas Dieu, c’est pas toi, c’est pas nous, c’est pas eux / C’est bien moi qui arrive pas à vouloir la lueur dans tes yeux / J’étais passagère dans ta vie, j’savais que j’avais pas d’avis
Alors que d’une part, il réalise et magnifie l’amour, d’autre part il s’en dissocie forcément, soit qu’on n’arrive pas à vouloir celui qu’on aime, soit qu’on a besoin de vouloir d’autres femmes et d’autres hommes.
Et si on ne le fait pas, on fait gagner et prospérer le mal, parce qu’on a refusé ce que Dieu veut nous donner et parce qu’on n’arrive pas à vouloir comme lui le triomphe de l’amour chez tous ses enfants.
Le fait est que je l’adore, on est sur la même longueur d’ondes, on a les mêmes délires blabla, il est très attirant, mais j ’arrive pas à vouloir de lui. je n’ai absolument aucune idée de ce qui me bloque.
Pourquoi je n’arrive pas à vouloir le bonheur et croire en mon ex, que je pense pervers narcissique ou du moins toxique, qui avance et a des projets ?
par ce que si t’es une femme en mal d’enfant, tu pourrais aussi être mon mari, en mal de sa vie et du pourquoi il n’arrive pas à vouloir d’enfant… sauf que pour la fin du texte, chacun peut l’interpréter comme il veut !
je fais aucun effort pour contrôler ça donc c’est pas du contrôle ni du sang froid, j ’arrive pas à vouloir de mal au autre, parfois oui, mais seulement quand ça touche d’autre personne ou que c’est une injustice
Il doit avoir des blocages qui font qu’il n’arrive pas à vouloir s’engager avec vous. Il peut ne pas être prêt, mais la plupart du temps cela veut surtout dire qu’il ne vous voit pas comme la femme de sa vie…
on a essayé une séance de thérapie de couple… en vain car je n’arrive pas à vouloir réparer car je suis déjà partie…
Ajd nous nous aimons comme jamais nous n’avons aimé d’autres personne nous sommes si heureux quand nous sommes ensemble et lui n’arrive pas à vouloir franchir le pas… Ajd je ne crois plus en rien…
Depuis le temps, j’ai l’habitude, je ne changerai plus. Mais même quand on me met à terre, je n’arrive pas à vouloir faire du mal à l’autre. Je n’ai pas l’esprit de vengeance, du tout. C’est ainsi. Je n’arrive pas à me défendre.
Par exemple, on peut lui dire avec sincérité : « Seigneur, je n’arrive pas à vouloir obéir à tes commandements » ou « Au fond de moi, je souhaite faire ta volonté. Mais en pratique, je ne suis pas assez motivé(e)… ».

La connaissance est liée à la lutte.
Et connaît vraiment celui qui hait vraiment.1

Ce n’est pas nous qui savons,
c’est une certaine situation en nous qui sait.2

La gradualité n’explique rien sans les sauts.
Les sauts ! Les sauts ! Les sauts !3

Dans l’« Italie des [soixante] dernières années », Nanni Balestrini passe, « selon un paradoxe qui ne l’est qu’en apparence », pour « l’écrivain le plus radicalement formaliste et radicalement engagé »4. L’adverbe est d’actualité ; les deux adjectifs ont vieilli,

  • à moins que par « formaliste » on réussisse à entendre, au-delà du partage inopérant fond/forme, une attention maintenue aux cadres, aux dispositifs, aux artifices de l’écriture (contre l’évidence du sentiment ou de l’expression, et contre les prétentions à l’« innocence » et au « naturel »5), et même, selon l’accusation parfaite d’un bolchevik orthodoxe, un « criminel sabotage idéologique »6, puisque le formalisme ainsi entendu, en tant qu’il s’intéresse à la façon dont les discours sont constitués afin que jamais ils ne puissent passer pour institués, est nécessairement un ennemi des dogmes ;
  • à moins aussi qu’on arrive à débarrasser « engagé » de la fameuse responsabilité historique de l’écrivain (dont « chaque parole a des retentissements ; chaque silence aussi »7) qui a longtemps aménagé à la « parole intellectuelle » un destin propre au sein de la communauté des parlants ; on pourrait, à l’inverse, y entendre une forme d’implication politique qui rejette par principe la division du travail discursif et intellectuel – par exemple entre les poètes (ces grands inquiets du langage, en charge du « symbolique » ou de « la langue ») et les sujets politiques ordinaires (qui se contentent – symptômes d’un monde ayant sacrifié le langage tout entier à la véhicularité – de faire des phrases, formuler des opinions, communiquer des informations).

En ce sens, « formaliste » et « engagé » – si les deux mots, à nécessiter tant de pincettes, demeurent utilisables – peuvent qualifier :

  • une poésie qui ne s’excuse pas de ne pas être l’action (ou : « la politique », « la révolution », « la vie », « le réel » – au choix et combinables) ;
  • une politique qui ne s’excuse pas de ne pas être « la poésie » (ou : « l’imaginaire », « le rêve », « le réenchantement » etc.).

Reste le « paradoxe » apparent, tant semble s’être naturalisée l’idée, au cours de la seconde moitié du 20e siècle, que « faire de la poésie » (sérieusement, formalistement), « c’est déjà politique »8.Continuer

  1. Mario Tronti, Introduction à Operai e capitale (Turin : G. Einaudi, 1966 ; fr. : Ouvriers et capital, Genève : Entremonde, 2016, p. 21, trad. Y. Moulier-Boutang & G. Bezza)
  2. « Que l’esprit ait besoin d’une certaine forme d’excitation, même s’il ne s’agit que de reproduire des idées que nous avons déjà eues, c’est ce qu’on voit souvent dans les examens où sont interrogés des esprits ouverts et cultivés à qui l’on pose, sans préambule, des questions telles que : Qu’est-ce que l’État ? Ou : Qu’est-ce que la propriété ? Ou d’autres choses du même genre. Si ces jeunes gens s’étaient trouvés dans une société où l’on avait débattu de l’État ou de la propriété depuis un certain temps déjà, ils auraient peut-être facilement trouvé la définition en comparant, isolant et récapitulant les concepts. Mais ici, où cette préparation de l’esprit fait totalement défaut, on les voit brusquement buter ; et seul un examinateur manquant totalement de discernement en déduira qu’ils ne savent pas. Car ce n’est pas nous qui savons, c’est une certaine situation en nous qui sait. » (Heinrich von Kleist, « De l’élaboration progressive de la pensée par le discours », dans Œuvres complètes, t. 1 : « Petits écrits », Paris : Gallimard, « Le Promeneur », 1999, p. 48, traduction modifiée)
  3. Lénine, commentant la « rupture de gradualité » (Abbrechen des Allmählichen) de Hegel dans ses Cahiers philosophiques (1895–1916), Paris, Éditions sociales, 1973, p. 118–119
  4. Ada Tosatti, dans sa postface à l’édition française de Blackout (Genève : Entremonde, 2011)
  5. « La lingua della scrittura letteraria non è mai innocente e “naturale”. » (Nanni Balestrini & Alfredo Giuliani, dans Gruppo 63. L’antologia, Milan : Bompiani, 2013)
  6. Le mot est d’Anatoli Lounatcharski, Commissaire du peuple à l’éducation de 1917 à 1929.
  7. « L’écrivain est en situation dans son époque : chaque parole a des retentissements. Chaque silence aussi. Je tiens Flaubert et Goncourt pour responsables de la répression qui suivit la Commune parce qu’ils n’ont pas écrit une ligne pour l’empêcher. Ce n’était pas leur affaire, dira-t-on. Mais le procès de Calas, était-ce l’affaire de Voltaire ? La condamnation de Dreyfus, était-ce l’affaire de Zola ? L’administration du Congo, était-ce l’affaire de Gide ? Chacun de ces auteurs, en une circonstance particulière de sa vie, a mesuré sa responsabilité d’écrivain. » (Jean-Paul Sartre, « Présentation des Temps Modernes », Situations II, Paris : Gallimard, 1948, p. 7)
  8. C’est en tout cas ce que Nathalie Quintane raconte qu’on a prétendu : « Al Dante avait publié les plus importants poètes de l’époque, et le premier bouquin directement politique en poésie, après une abstinence de près de trente ans : une petite anthologie sur les sans-papiers (Ouvriers vivants, Romainville : Al Dante, 1999). C’était ce bouquin qui avait contribué à casser le cliché qu’on entretenait entre nous, poètes : que, de toute façon, écrire de la poésie, c’était déjà politique – une position intéressante, défendable, devenue confortable à la longue. » (Nathalie Quintane, Un œil en moins, Paris : P.O.L, 2018, p. 203–204)

Un supérieur est appelé à témoigner lors du procès d’un de ses subordonnés.

lapresse.ca, 11 août 2020

Un subordonné attend de ses supérieurs de l’autorité, du respect, des instructions claires en amont des opérations et pendant, et un soutien sans faille au cours de l’instruction. Témoin d’une procédure, le sergent superviseur – qui a conquis son grade en faisant la preuve régulière de son discernement – vient plaider, sans failles, l’humanité de son subordonné.

Rappeler de l’agent l’humanité – quantitative : appartenance à l’espèce ; et qualitative : sollicitude (de gros et de détail) pour l’espèce –, c’est tenter de porter les débats hors de l’agentivité en tant que telle, pour les faire pénétrer la composition d’une âme singulière. Gagner l’attention du juge à la singularité de cette âme, c’est faire un pas décisif vers l’acquittement de cet agent.

Du haut de la supervision, la vue est imprenable sur les qualités humaines de la quantité subalterne. L’autorité qui, en temps normal, est – surtout dans les métiers de corps – agence supérieure (puissance de mettre en mouvement les agences inférieures), est, par temps judiciaire, vision supérieure (puissance de pénétration du secret des âmes).

Le sergent superviseur observe, depuis sa supervision, la quantité des pairs humains, s’arme du critère « humanité », ventile cette multitude et distingue : un humain excellent perçant sous l’uniforme, un humain insigne brillant sous l’insigne. On dira : au plan de l’humanité – déterminant de masse et facteur de distinction – en voilà un qui sort du lot. Ou : chez ce policier, on trouve non simplement une quantité d’humanité sans égale parmi ses pairs policiers, mais aussi une qualité d’humanité sans commune mesure avec ce qui a cours dans la masse humaine.

Le subalterne excelle en humanité qualifiée. Il dépasse d’elle mais sans excès : il affleure au niveau de l’exemple sans manquer de faire saillir sa singularité. À cet égard, l’apologie du superviseur paraît risquée ; dans un métier de corps, « hors pair » pourrait trahir une velléité de l’agent à se distinguer, non pas au sein du corps, mais tout bonnement du corps. C’est ce débordement passionnel, cet excès héroïque, qu’il faut éviter de faire entrevoir dans la plaidoirie. Ce n’est donc pas, dans le supervisé, le policier qui sera prédiqué « hors pair » ; c’est le sujet « humain » – au sens de sensible et souverain certainement.

Continuer

Explication

  1. La poix désigne conventionnellement, d’après Wikipédia, « n’importe quel liquide très visqueux, qui semble solide ».
    1. Est-ce que « n’importe quel liquide très visqueux, qui semble solide » est une description de l’usage du mot « poix » ou de la chose elle-même ? Est-ce que c’est la définition de « poix » ou la caractérisation de la poix ? Et alors une caractérisation par le propre ou par l’espèce ? Est-ce que la poix tient sa singularité dans le monde du fait d’allier semblance de solidité et viscosité effective ? Ou est-ce que par là elle s’apparente à une foule d’autres choses qui se distinguent sur le même mode ? Est-ce que la « semblance » de solidité abuse uniquement la vue ou aussi le toucher ? Et si aussi le toucher, pourquoi est-ce que la viscosité, au contraire de la solidité, serait épargnée des vicissitudes empiriques de la « semblance » ? Pourquoi est-ce qu’on ne dirait pas : une substance qui, sous le rapport de l’expérience en laboratoire, semble être un liquide d’une grande viscosité, et sous le rapport de l’expérience ordinaire, un corps solide ? Quand, où, à qui, dans quels yeux, sous quels pieds et entre quelles mains, est-ce que la poix « semble solide » ?
    2. La phrase de Wikipédia est elle-même visqueuse-qui-semble-solide. Ses termes lapidaires ne l’empêchent pas de goutter, de nous couler entre les doigts si on cherche à s’y accrocher : « poix » ne désigne rien de substantiel en propre, mais seulement une espèce ou un type de substance (par exemple : poix de résine ou de goudron, bitume).
    3. À vrai dire, « poix » ne désigne même pas un type de substances de même origine ou issues d’un même procédé d’extraction ou de fabrication, mais un ensemble de propriétés parmi lesquelles la viscosité, l’adhérence, l’isolance – toutes extrêmes.
    4. C’est à cette quantité de qualités qu’on a donné un nom commun, un nom dont le caractère monosyllabique laisse imaginer une imposition très lente, ou bien subite. « Poix » a peut-être été reçu d’un coup, dans l’évidence d’une analogie avec un truc déjà nommé (substance matérielle ou immatérielle, divine ou amie), ou alors « poix » a longtemps tourné dans les bouches, sous une forme mal dégrossie d’abord puis de plus en plus raffinée, jusqu’à ce qu’un jour, au bout d’un certain nombre de veillées communautaires autour du feu communautaire, un quintessencier monosyllabe ne s’atteste, et là-dessus un accord informel, sans conversation mais par elle, s’établit autour du son « poix » – son aussi impropre que n’importe quel autre mais pas grave, il va bien tant qu’on le crédite.
    5. Mettons que de ce jour on a rendu « poix » responsable d’un savoir liquide. On a mis « poix » en charge d’une réalité mal authentifiée mais bien disposée pour l’usage. On a fait usage de poix et de son nom sans souffrir de n’y avoir attaché ni norme ni format.
  2. La définition wikipédienne n’offre pas de prises sur la poix. Elle ne permet pas d’entrer dans la densité du savoir contenu dans le petit mot en charge – qu’on l’appelle poix, poisse, pik, pissa, pix, pez, pek, peg, pece, peck, pica, pitch ou même Pech. Connaître l’objet poix au-delà de ses définitions impose :
    • une démarche sémantico-encyclopédique (lister ce qui caractérise la poix, jusqu’à ce qu’un propre-de-la-poix apparaisse, à l’intersection des traits caractéristiques),

    ou

    • une démarche empirique (observer « poix » en situation, dans la variété de ses usages et de ses manifestations, jusqu’à décoction de ses propriétés essentielles).

    1. La démarche sémantico-encyclopédique fournit par exemple des phrases comme

        Les Égyptiens enduisaient les corps de poix noire avant de les momifier, comme Noé son Arche avant de la mettre à l’eau.

        La poix entre dans la composition du feu grégeois, arme incendiaire brûlant même sur l’eau.

    2. Ces phrases instructives ressortissent à la rubrique – typiquement française en ce qu’elle participe d’un programme d’édification des enfants de 7 à 77 ans – qu’on appelle volontiers « le saviez-vous ? ». Les « le saviez-vous ? » n’invitent pas à s’amuser en apprenant. Leur fonction est de donner une bonne leçon. La teneur d’un « Le saviez-vous ? », quel que soit son contenu, est en dernier lieu : vous ne le saviez pas. Dans la mesure où, en général, les « le saviez-vous ? » concernent des domaines ordinaires de la connaissance – le poids ou la taille de quelque animal (Les vers de terre représentent 80% de la biomasse de la Terre.), une statistique effarante concernant les déchets ou l’argent (Avec la dette nationale française, on pourrait édifier une réplique à l’échelle de l’Arc de Triomphe en billets de 500€.), l’improbable longévité d’une pratique dans laquelle on reconnaîtra une constante anthropologique rassurante (Déjà les Égyptiens mangeaient du melon.), etc. – « le saviez-vous ? » n’est badin qu’en surface ; profondément il interpelle : vous vivez dans un monde et vous ne savez rien de lui ; voire : vous évoluez dans le monde mais vous ne l’habitez pas vraiment, vous ne remarquez pas certaines choses évidentes, comme, par exemple, que ce sur quoi vous marchez – la poix de bitume – est en réalité liquide. Vous êtes dupes du semble-solide.
      1. Parce qu’il substitue à la définition une série discrète d’événements qui font cas, le genre anglophone du fun fact est lui exemplaire d’une approche empirique ; en ce sens, c’est une alternative bien plus radicale à l’approche définitionnelle. D’ailleurs le fun fact n’est pas, comme son parent français, un animal solitaire : en tant que genre, le fun fact, comme le fait social, est en fait une pelote de faits – faits, sinon drôles, au moins curieux ou insolites. La fun factualité ne fonctionne véritablement – le fun n’est extrait du fact – qu’à accumuler les anecdotes qui, bien que semblant éparses, finissent par donner une consistance épistémologique à leur objet.
      2. Simplement, contrairement au « le saviez-vous », le fun fact ne réfère pas à l’épistémologie classique de la curiosité naturelle ressaisie par l’intelligence : il n’y a rien à apprendre, à savoir ; il y a le constat que, globalement, ça marche (même quand ça semble ne pas marcher), ça coule (même quand ça semble stagner), ça roule (même quand ça semble en panne), etc.
        1. Il ne faut pas confondre les fun facts avec des faits qui piquent ou éveillent la curiosité. Les fun facts ne piquent ni n’éveillent ; ils mettent devant le fact accompli, le fait victorieux, la réalité performante.
        2. Le fun fact envoie du lourd avec du léger ; c’est une arme de pointe. Il bombarde de l’anecdotique enjaillant – et c’est là peut-être la différence la plus décisive d’avec « le saviez-vous ? » : le fun fact rend joyeuse la condition de dupe, et ne dramatise ni l’ignorance ni l’inconséquence.
    3. De façon transparente à son nom, la référence épistémologique du fun fact est davantage celle d’un mode ludique et doux de l’apprentissage : se faire plaisir en apprenant.
    4. Le fun fact est à la fois plus généreux et plus vaseux que « le saviez-vous ? » ; il promet une volupté limitée. Le contenu du fun fact est : quelque chose que ça fait plaisir de le savoir. Sa teneur : ça fait plaisir de le savoir. D’où qu’on peut, et qu’à vrai dire on doit, traduire « des fun facts » par « des faits-plaisir ».
      1. Mais même alors le français, comme de coutume, grève et pervertit ce dont il s’empare. Pendant la campagne présidentielle de 2017, un soutien de Marine Le Pen a fait un discours, assez vociférant, dans lequel il prononce triomphalement cette phrase :

          Victor Hugo n’a jamais appris l’arabe à l’école, et ça me fait plaisir de le savoir.

        (La charge libidinale investie ou reçue dans le plaisir de le savoir est diversement répartie chez les individus. (Il faut tenir bon sur l’idée que cette diversité affective est la beauté du monde, sans oublier pour autant que certains d’entre nous sont libidinalement misérables – et les aider, soit à vivre autrement, soit à mourir comme ça.) Le fasciste est du deuxième genre : il sait se faire plaisir de le savoir à peu de faits (à vrai dire, des non-faits lui vont aussi bien).)

  3. Soit une série de faits édifiants ou enjaillants à propos de la poix :
    • « La poix est environ 230 000 000 000 000 de fois plus visqueuse que l’eau, comme démontré par l’expérience de la goutte de poix. »
    • L’expérience de la goutte de poix est communément considérée comme « l’expérience continue en laboratoire la plus longue jamais menée », record en cours (the world’s longest continuously running laboratory experiment).
    • On attend pour 2020 la dixième goutte de poix. La première est tombée en 1938, huit ans après le début de l’expérience.
    • Il y a une vidéo sur Youtube du moment où une goutte de poix – la neuvième – sous cloche finit par tomber. La vidéo s’appelle « Pitch tar drop finally falls ! », ce qui signifie : La goutte de poix tombe enfin !
    • La précédente goutte, qu’on avait attendu près de dix ans elle aussi, est tombée pendant les seules 20 minutes durant ces dix années où la webcam était en panne.

    • La précédente goutte – la huitième –, qu’on avait attendu près de dix ans elle aussi, est tombée pendant les seules 20 minutes durant ces dix années où la webcam était en panne.

    (Le plaisir de le savoir peut être renouvelé à faible intervalle si le fait est spécialement frissonnant d’être spécialement improbable.)

    1. Oui, bien sûr que c’est : instructif, puis (de plus en plus) fun. Bien sûr que le dernier fait fait spécialement plaisir de le savoir. Mais maintenant figurez-vous tombant, un de ces jours où le fun, accidentel ou chiné, console des nécessités de la vie, sur une sorte de sceptique radical :
      • – Prouve-moi que la huitième goutte de poix est réellement tombée.
      • – Qu’est-ce que tu veux qu’elle ait fait d’autre ? Une goutte de poix, huitième ou pas, ça tombe.
      • – Qui te dit que quelqu’un n’est pas venu, en ton absence ou en l’absence de la webcam, tirer sur la goutte.
      • – Qu’un intercesseur du labo ait agi ou pas, c’est encore, pour la goutte, au moins à nos yeux d’enchantés, tomber que d’avoir été tirée dessus vers le bas. Qu’on l’ait ou pas aidée, la goutte a chu. La chute des corps fait partie des lois solides que nous reconnaissons – de ces rares lois qui réconcilient le savoir idiomatique, le savoir expérientiel et le savoir scientifique : quand nous appréhendons, toujours, nous en tenons compte, et nous ne cherchons que rarement à nous y mesurer. Nous savons qu’en tout lieu et à tout moment, dans les conditions définies par la physique de notre sphère, ça tombe, ça va vers le bas, et ce, que ça reçoive ou pas assistance ou secours. Qu’on dévale ou qu’on goutte, qu’on nous retienne ou qu’on nous précipite, on doit admettre que ça tombe.
      • – Oui mais si ça se trouve, pour des raisons qui nous échappent à l’heure actuelle, et pour la première fois dans l’histoire de la factualité sublunaire, la loi de la chute des corps a été suspendue, et la goutte de poix n’est pas tombée. Elle a peut-être été translatée de sa position haute (caractéristique de son état de goutte) à une position basse (caractéristique de son état de tas).
    2. Autrement dit : en dépit d’une loi universelle jamais démentie de mémoire d’humain, quelqu’un pourrait arriver débarquer venir mettre en doute que la goutte de poix fût réellement tombée.
    3. Voilà qui est déjà beaucoup moins fun. Mais voilà qui n’est pas encore particulièrement grave.
  4. Plus grave est ce fait, que l’institution en charge de la conduite de l’expérience de la goutte de poix – la plus longue jamais menée en laboratoire – a fait un trailer inquiétant, qui menace les bases du pacte épistémologique entre le spécialisme rigoureusement penché sur le savoir et la profanité curieuse, juste enjaillée de le savoir.
    1. La vidéo de l’Université Anglophone dont on fait des Sweat-Shirts montre, sur une musique symphonique plutôt triomphante, une goutte de poix en train de goutter. Mais l’UASS arrête la vidéo au moment où la goutte va se détacher du reste vivant de la poix, pour tomber dans le tas mort de la poix déjà gouttée). Au moment de l’arrêt, l’université balance dans sa vidéo un carton :
      • « see what happens next on http://theninthwatch.com »

    2. Comment ça ? Pourquoi ça : what happens next ? On SAIT what happens next. La goutte tombe. Enfin. Pitch tar drop finally falls !
    3. Soyons clair : la seule chose que la goutte de poix peut faire, dans ces circonstances où elle a déjà commencé depuis des années à tomber, c’est poursuivre sa chute jusqu’à l’achever. Pourquoi produire un trailer à suspense avec la chute des corps ? Les scientifiques de l’UASS sont-ils à ce point absorbés dans l’observation de la goutte de poix qu’ils en oublient jusqu’aux fondamentaux dramaturgiques (le principe du suspense) ? Est-ce qu’il faut y voir une tentative misérable de faire du fun — d’ajouter du fun au curieux ? Peut-on vraiment, quand on est en charge de science, faire du fun auprès du commun avec la chute des corps ?
    4. Le trailer de l’UASS est — le saviez-vous ? — un succès : 99% d’entre nous ont envie d’aller voir, sur le site en question, what happens next.
      1. Notre envie est composée à 1% de doute facétieux (le plaisir pris à faire agir sa capacité à douter des évidences) : et si la goutte de poix ne tombait pas ? On veut bien prendre une participation, à hauteur de 1%, à la filière sceptique de l’UASS. Un petit pour cent pour le petit frisson.
      2. Mais notre envie d’aller visiter l’adresse en question — theninthwatch.com — est composée à 99% du plaisir entrevu dans le constat que la goutte tombe bien, qu’elle tombe enfin-point‑d’exclamation. Soulagement : on savait que ça allait arriver, ça devait arriver, et ça arrive bien, ça arrive effectivement, et ça fait plaisir que ça arrive, quand ça arrive.
      3. En réalité, l’UASS fait un tel trailer car elle suppose, ou même elle croit ferme, qu’il y a une satisfaction particulière à voir la goutte, dont on sait qu’elle va tomber, effectivement tomber. Qu’il y a plaisir à constater que ce qui devait se passer se passe.
      4. Une volupté : la volupté de confirmation, la volupté liée au comblement des attentes. Un verdict — la goutte tombe enfin ! — vient s’encastrer parfaitement dans la présomption — la goutte va tomber, hein ? La présomption congrue dans le verdict.
  5. La révélation permanente que constitue la chute des corps – et qui est en charge de la vérité des choses ultimes, tombées bas, gouttées sans appel – confirme nos hypothèses transitoires quant aux vérités en cours.
    1. Le monde est bien, continuously running.
    2. Tout ce qui goutte a raison de goutter.
    3. Aucune goutte, ou toute, (n’)est manquée dans sa chute.

Mon amie L. a dressé une typologie sommaire mais robuste de la parole politicienne. Pour elle, tout discours politique émane nécessairement d’une de ces deux instances : le Ministre de la Violence Intérieure, le Ministre de la Violence Extérieure. Cette dualité n’est pas une bicéphalité (on sait bien qu’il n’y a pas deux personnes qui décident, en France, mais une seule) ; les deux ministres sont des instances, que peuvent incarner tour à tour n’importe quels membres du clan au pouvoir. Une même personne peut être tantôt MVI, tantôt MVE. Par ailleurs, MVI et MVE ne désignent pas, a priori, des positions modales : il y a des degrés de ministration de la Violence Extérieure, des degrés de ministration de la Violence Intérieure. La modélisation de L. n’a pas pour vocation de déterminer le rôle de telle ou telle personne dans la ministration des Violences, et de l’y assigner ; la modélisation de L. est d’abord un outil d’analyse des discours politiques. C’est en tout cas ainsi que je l’ai comprise, avant que L. me dise que, dans son esprit, ça n’est pas ça du tout.

Parce que ces deux instances discursives – MVE et MVI – ne sont pas de l’ordre du lapsus mais sont pleinement, et la plupart du temps grossièrement assumées par des gens qui ont la prétention d’être d’habiles rhéteurs et d’excellents communicants, on peut considérer qu’elles ne se trouvent pas incidemment dans les discours, mais qu’elles en sont constitutives. C’est pourquoi il n’est pas nécessaire de traquer des maladresses dans les interviews et réactions à chaud ; il suffit de se fier aux verbatims d’allocutions et à la teneur explicite des déclarations. Notre analyse est facilitée par la croyance du corps politicien dans le degré phéromonal de la communication, c’est-à-dire dans l’effectivité massive des signaux envoyés par leurs phrases. Ainsi entend-on souvent des commentateurs dire : le Ministre / le Président doit envoyer / a envoyé un signal fort – ce qui ne peut pas ne pas s’entendre comme : « Le Ministre a dégagé une odeur forte ». (Qui n’a pas senti jusque chez soi l’aftershave alphagenré lors d’un discours de Castaner, avec la même intensité que, lorsqu’à la mi-temps des matchs de foot, s’enchaînent les pubs pour désodorisant de chiottes pour aisselles). Ce signal phéromonal à l’adresse des masses, on peut aussi l’appeler, en termes rhétorico-linguistiques, performatif crevé : ça fait belle lurette qu’il n’a plus aucune efficacité, mais tout le monde continue de faire comme si – comme si parler valeurs rendait valeureux, comme si parler fermement donnait de la consistance, comme si parler au futur simple faisait son oracle.Continuer