09 07 26

Christoffel, Le bien-être par la poésie

Que celles et ceux d’entre vous qui font de la bicy­clette se rap­pellent leurs débuts. Vous êtes sur la route. Vous vous cram­pon­nez à votre gui­don dans la crainte de tom­ber. Avec l’enthousiasme des com­men­ce­ments, vous oscil­lez entre le trop plein d’élan et l’appréhension des chan­ge­ments d’allures qui presque tou­jours vous dés­équi­librent. Alors que le vélo va déjà trop vite, vous avez le sen­ti­ment dif­fus qu’en arrê­tant de péda­ler ou en frei­nant, vous ris­que­riez de perdre le peu d’équilibre que vous donne la vitesse acquise. Et tout à coup, vous aper­ce­vez un simple petit caillou, en plein milieu du che­min mais suf­fi­sam­ment loin pour que vous puis­siez vous deman­der com­ment le contour­ner, un de ces cailloux presque invi­sibles au milieu du gra­vier, à la fois trop petit pour consti­tuer une véri­table bosse à gra­vir mais déjà trop gros et angu­leux pour pou­voir être igno­ré. À peine avez-vous éta­bli ce diag­nos­tic que le caillou est là, devant vous. Vous cher­chez à l’éviter, mais plus vous cher­chez à l’éviter, plus droit vous avez l’impression de vous diri­ger sur lui. Intérieurement, vous vous dites « peut-être, je n’aurais pas dû… » et, pen­dant que vous pas­sez par-des­sus le gui­don, vous pre­nez le temps de réflé­chir à la situation.