Que celles et ceux d’entre vous qui font de la bicyclette se rappellent leurs débuts. Vous êtes sur la route. Vous vous cramponnez à votre guidon dans la crainte de tomber. Avec l’enthousiasme des commencements, vous oscillez entre le trop plein d’élan et l’appréhension des changements d’allures qui presque toujours vous déséquilibrent. Alors que le vélo va déjà trop vite, vous avez le sentiment diffus qu’en arrêtant de pédaler ou en freinant, vous risqueriez de perdre le peu d’équilibre que vous donne la vitesse acquise. Et tout à coup, vous apercevez un simple petit caillou, en plein milieu du chemin mais suffisamment loin pour que vous puissiez vous demander comment le contourner, un de ces cailloux presque invisibles au milieu du gravier, à la fois trop petit pour constituer une véritable bosse à gravir mais déjà trop gros et anguleux pour pouvoir être ignoré. À peine avez-vous établi ce diagnostic que le caillou est là, devant vous. Vous cherchez à l’éviter, mais plus vous cherchez à l’éviter, plus droit vous avez l’impression de vous diriger sur lui. Intérieurement, vous vous dites « peut-être, je n’aurais pas dû… » et, pendant que vous passez par-dessus le guidon, vous prenez le temps de réfléchir à la situation.
09 07 26