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La Vérité est bal­ka­ni­sée par des forces et blo­quée par des forces. L’adoration et l’a­mour du sou­ve­rain sont des efforts impuis­sants pour reprendre le des­sus sur la sou­mis­sion : « puisque je l’aime, il ne me veut donc pas de mal ». (Un ami alle­mand m’a racon­té que son père avait voté Hitler pour se ras­su­rer : puisque je vote pour lui, tout juif que je suis, c’est donc qu’au fond il pense comme moi). Et, si l’empereur se fai­sait ou, plus sou­vent, se lais­sait ado­rer, cela ser­vait d’  »infor­ma­tion de menace » : puis­qu’il est ado­rable, que nul ne s’a­vise de contes­ter son auto­ri­té. […] L’esclave pro­cède à ce que Léon Festinger, psy­cho­logue ins­truc­tif, car né malin, appelle une réduc­tion de la dis­so­nance.

Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?
Seuil 1983
adoration amour déférence dévotion dom domination roi soumission souverain souveraineté sub subdom