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De même que toute éthi­ci­té har­mo­nieuse qui pour­rait don­ner de la consis­tance à l’illu­sion d’un moi « authen­tique » fait désor­mais défaut, de même tout ce qui pour­rait faire croire à l’u­ni­vo­ci­té de la vie, ou à la for­melle posi­ti­vi­té du monde s’est dis­si­pé. En véri­té, notre « sens du réel » ne demeure jamais qu’une moda­li­té bor­née de ce « sens du pos­sible qui est la facul­té de pen­ser tout ce qui pour­rait être ‘aus­si bien’, et de ne pas accor­der plus d’im­por­tance à tout ce qui est qu’à ce qui n’est pas » (Robert Musil, L’Homme sans qua­li­tés). Sous l’oc­cu­pa­tion mar­chande, la véri­té la plus concrète sur toute chose est celle de son infi­nie sub­sti­tua­bi­li­té.

Théorie du bloom
La Fabrique 2000
p. 28
éthique musil relativisme remplaçabilité