• Henri Michaux ⋅ Plume ⋅ post­face 16 01 16

    On n’est peut-être pas fait pour un seul moi. On a tort de s’y tenir. Préjugé de l’unité. (Là comme ailleurs la volon­té, appau­vris­sante et sacri­fi­ca­trice.) Dans une double, triple, quin­tuple vie, on serait plus à l’aise, moins ron­gé et para­ly­sé de sub­cons­cient hos­tile au conscient (hos­tile des autres « moi » spo­liés). La plus grande fatigue de la jour­née et d’une vie serait due à l’effort, à la ten­sion néces­saire pour gar­der un même moi à tra­vers les ten­ta­tions conti­nuelles de le chan­ger. On veut trop être quelqu’un. Il n’est pas un moi. Il n’est pas dix moi. Il n’est pas de moi.…

  • Henri Michaux ⋅ « post­face » ⋅ Plume 22 04 20

    Lecteur, tu tiens donc ici, comme il arrive sou­vent, un livre que n’a pas fait l’auteur, quoiqu’un monde y ait participé.…