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La désignation de la relation de référence par le terme technique de suppositio, caractéristique de toute la sémantique du Moyen Âge tardif, résulte de la combinaison des données de la sémantique porrétaine avec la sémantique des Noms divins développée par les théologiens au niveau de la théorie des « appropriations » trinitaires. La théorie médiévale de la référence naît de la rencontre entre le vocabulaire logico-grammatical de la suppositio, être sujet d’une phrase ou d’une proposition, et le vocabulaire théologique du suppositum et de la persona, caractérisant Dieu Un-Trine comme essence en trois « suppôts » (« hypostases », supposita) ou « Personnes » (personae). Une fois explicitement reliée au principe fondateur de la sémantique catégoriale de Boèce, réglant l’ensemble des « métaphores » ou « transferts théologiques », principe selon lequel « les prédicaments (ou catégories) sont ce que les sujets (onto-logiques) leur permettent d’être), cette problématique de théologiens détermine une « approche contextuelle » (De Rijk) de la référence, caractéristique d’un courant que les historiens modernes ont pris l’habitude d’appeler le « terminisme ».

Alain de Libera, La philosophie médiévale (Que sais-je ? PUF)
La philosophie médiévale [1989]
P.U.F. 2015
p. 39
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