23 12 25

Quintane, Soixante-dix fantômes

On est à Courchevel, qui n’est pas Courchevel puisque c’est le café du rond-point d’entrée de la ville, une sorte de pub avec du bois par­tout, ce pour quoi on l’appelle Courchevel. On boit un demi, une pinte, un demi, dans l’air frais du soir de février. On est pen­chés sur le télé­phone de Charles, qui déroule les œuvres de Antke*, une grosse artiste hol­lan­daise. Ce sont des formes orga­niques qui pendent. Naturellement il y a depuis Morris au moins énor­mé­ment de formes qui pendent, et encore plus de formes orga­niques qui pendent, mais il y a aus­si énor­mé­ment de tableaux depuis la Renaissance et ce n’est pas pour ça qu’on reproche à tous les tableau­teurs de faire des tableaux ou des tableau­tins – rai­son pour laquelle on dis­tingue, ayant l’œil bon ou mau­vais, les formes orga­niques qui pendent des formes orga­niques qui pen­douillent et des formes qui auraient mieux fait de pendre autrement.

,
« 51. Valérie Pécresse » Soixante-dix fan­tômes
, , ,
p. 155