Dire que la chose est « toute nue » est cependant trompeur car cela signifie encore une fois faire prévaloir les exigences du connaître sur celles du sentir, exprimer un soupçon préjudiciable sur ce qui est extérieur, prétendre trouver la vérité nue sous les apparences mensongères. Du point de vue du sentir, la chose est plutôt habits que nudité. Elle est semblable à « ces chapeaux » et à « ces manteaux » qui, pour Descartes, « pourraient couvrir des spectres ou des hommes feints qui ne se remuent que par ressorts ». Mais il nous faut ici abandonner Descartes à ses esprits et ses machines : c’est sur les chapeaux et les manteaux que se porte notre attention.
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trad.
Catherine Siné
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p. 19