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Perniola, Le sex-appeal de l’inorganique

Dire que la chose est « toute nue » est cepen­dant trom­peur car cela signi­fie encore une fois faire pré­va­loir les exi­gences du connaître sur celles du sen­tir, expri­mer un soup­çon pré­ju­di­ciable sur ce qui est exté­rieur, pré­tendre trou­ver la véri­té nue sous les appa­rences men­son­gères. Du point de vue du sen­tir, la chose est plu­tôt habits que nudi­té. Elle est sem­blable à « ces cha­peaux » et à « ces man­teaux » qui, pour Descartes, « pour­raient cou­vrir des spectres ou des hommes feints qui ne se remuent que par res­sorts ». Mais il nous faut ici aban­don­ner Descartes à ses esprits et ses machines : c’est sur les cha­peaux et les man­teaux que se porte notre attention.

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« IV. Descartes et la chose sentante » Le sex-appeal de l’inorganique [1994]
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trad.  Catherine Siné
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p. 19