Il a voyagé davantage.
Que sa maille soit synthétique ou de mouton, des tas d’opérations chimiques dont ni vous ni moi ne comprenons le quart l’ont enduit et tissé assoupli et cousu. Il est passé à la machine. Les doigts de quelle femme, les mains de quel homme l’ont disposé et lissé ? Ou bien il est tombé tout dru des chaînes jusque dans un panier, comme une tête.
Pourquoi faut-il qu’il n’occupe que notre vision périphérique tandis que toute notre attention est fixée sur ce qui sort d’un col si parfait qu’il épouse le cou gracile qu’il barre de son trait noir ?
Nous imaginons que, tous morts, il sera là pour nous survivre car il est jeune. Mais aucun homme ne vit assez longtemps pour que son pull, entier ou par fragments, ne demeure après lui.
C’est de ce pull que vous, si vous le voulez bien, prélèverez l’ADN ancien il vous renseignera sur ce que nous fûmes.
Le porteur du pull aura disparu dans un ensemble humain relativement vaste où les nucléotides néandertaliens seront minoritaires.
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