08 11 16

Il y a deux sortes d’avarice. L’une est l’avarice archaïque, passion qui ne s’accorde rien, ni à soi ni aux autres, dont Molière a immortalisé la figure et que Freud a identifiée comme caractère anal. […] Mais l’avare de maintenant, c’est celui pour qui rien n’est assez cher quand c’est pour lui et tout est trop cher dès qu’il s’agit des autres. […] Ce qui le caractérise le plus sûrement, c’est sa hâte à « renvoyer l’ascenseur » pour chacune des attentions dont ils ont bénéficié car il ne faut surtout pas laisser interroöpre la chaîne des échanges où on rentre dans ses frais.

Minima Moralia : réflexions sur la vie mutilée [Minima Moralia : Reflexionen aus dem beschädigten Leben, 1951]
Eliane Kaufholz & Jean-René Ladmiral
Payot 2003
avarice convenance convention politesse société