• Christian Prigent ⋅ « Sade au naturel » 16 01 16

    Car « dire » et « tout » sont anta­go­nistes. « Tout dire » est un oxy­more. Il faut alors faire ce pari : le bruis­se­ment du tout (du « réel ») ne s’entend que dans l’écho spec­tral qu’en enre­gistrent quelques fic­tions lit­té­raires. Et si le fait d’écrire engage une dis­so­lu­tion de la trame ver­bale où s’enracine le des­tin tota­li­taire de toute socié­té, la fic­tion dis­pose d’une puis­sance d’analyse de tout discours.…

  • Christian Prigent ⋅ « Morale du cut-up » ⋅ La Cure de désyntaxication

    Le cut-up comme tech­nique n’est qu’un moment (situable dans la moder­ni­té récente), un ava­tar for­mel ponc­tuel de cette prise de par­ti éthique fon­da­men­tale. Il est la solu­tion qu’a trou­vée cette prise de par­ti pour faire, dans les années 60, une lit­té­ra­ture roma­nesque vivante (l’essor des médias, les mani­pu­la­tions de l’information, les début de l’informatique, etc, ont quelque à dire, socio­lo­gi­que­ment, de ce qui a moti­vé cette trouvaille).…

  • Christian Prigent ⋅ La langue et ses monstres 19 01 16

    A l’utopie de la nos­tal­gie il fal­lait un topos, cepen­dant. L’un de ces topos est la mère. La figure de sa mère est pré­sente, constam­ment, dans les textes et dans les pro­pos de Pasolini (qui, jusqu’à sa mort, vivra avec elle). « Ce fut ma mère, déclare-t-il, qui me révé­la com­ment la poé­sie pou­vait être écrire de façon concrète. Ainsi, d’entrée la mère est une sorte d’Ange de l’Annonciation de ce dont le fils, lit­té­ra­le­ment accou­che­ra. Les pre­miers poèmes sont écrits en friou­lan, « à Casarsa dans la ville de (la) mère ». Et peu après, quit­tant le Frioul, c’est avec cette mère…

  • Christian Prigent ⋅ Point d’appui (Journal) 06 10 17

    24/01 [arti­fice] Allen Ginsberg : « la méthode doit être de la viande la plus crue ». Non. Dans mes livres tout se passe dans la dis­tance (de la pen­sée), dans l’écart (du sym­bo­lique). Pas de « spon­ta­néi­té », pas d”«authenticité » confes­sion­nelle, pas de trans­crit direct. Une fabrique, osten­sible. Tout livre est un théâtre tech­ni­que­ment mon­té. L’action d’écrire se joue entre d’une part un rêve sub­jec­tif de délec­ta­tion im-médiate (« nature », « corps », « sou­ve­nirs », « sen­sa­tions ») et d’autre part l’objectivité d’une éla­bo­ra­tion com­po­sée. Résultat : un arti­fice com­plexe, armé du savoir que l’immédiateté n’est qu’un leurre, qu’on ne tra­vaille pas face à la « réa­li­té », mais à tra­vers le mur…