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certe si est tam grandi scientia et praescientia pollens animus, cui cuncta praeterita et futura ita nota sint, sicut mihi unum canticum notissimum, nimium mirabilis est animus iste atque ad horrorem stupendus, quippe quem ita non lateat quidquid peractum et quidquid relicum saeculorum est, quemadmodum me non latet cantantem illud canticum, quid et quantum eius abierit ab exordio, quid et quantum restet ad finem.

Si un esprit était suffisamment savant et devin pour connaître le passé et le futur aussi bien que je connais un chant très connu, ce serait un étonnement sans bornes, une stupeur horrifiée. Rien ne lui échapperait du passé ni rien de ce qui resterait à venir pour les siècles futurs. Comme rien ne m’échappe du chant que je suis en train de chanter. Ni ce que je viens de chanter depuis le début ni ce qui me reste à chanter jusqu’à la fin.

AugustinLes Aveuxchap. 30vol. 11[397–401] ⋅ trad. Frédéric Boyer P.O.L2009p. 333