24 01 26

Hanna, Sociographies

Les tex­tos que l’auteur [Manuel Joseph] échange au cours d’épisodes de sa vie sen­ti­men­tale, les mails qu’il rédige avec ses col­la­bo­ra­teurs pour fina­li­ser ses inter­ven­tions, jusqu’à ce texte « Synaptic chick », au départ pré­sen­té pour être publié dans un cata­logue d’exposition et fina­le­ment écar­té, tout cela consti­tue le maté­riau dans lequel l’écriture des Baisestioles effec­tue comme un carot­tage médio­lo­gique, per­çant la matière com­mu­ni­ca­tion­nelle, des couches les plus pri­vées aux plus publiques. La média­sphère n’est plus conçue comme un espace pola­ri­sé d’émetteurs-récepteurs, les uns pou­vant trom­per, influen­cer les autres, lar­ge­ment réduits à un rôle de consom­ma­tion pas­sive. Elle est sai­sie comme une nappe col­la­bo­ra­tive où chaque sujet est un acteur plu­riel capable non seule­ment de jouer le rôle d’envoûté et de pro­pa­ga­teur de for­mules envoû­tantes, mais aus­si de contri­buer, par ses paroles même les plus per­son­nelles, à construire les condi­tions de pos­si­bi­li­té d’envoûtement et à en favo­ri­ser cer­taines consé­quences idéo­lo­giques et sociales.