24 01 26

Hanna, Sociographies

Par « défi­ni­tion qua­li­ta­tives », je désigne cet ensemble de théo­ries qui carac­té­risent la poé­sie comme expres­sion pos­sé­dant a prio­ri un cer­tain nombre de traits par­ti­cu­liers essen­tiels, for­mels ou séman­tiques, par­fois prag­ma­tiques, grâce auquel il serait pos­sible de l’identifier : « pen­sée par images », « hési­ta­tion pro­lon­gée entre le son et le sens », « pri­mau­té de la vision », « accent mis sur la sub­stance du mes­sage », « lan­gage qui dit ce qu’il dit en le disant », etc. Leur mul­ti­pli­ca­tion est consi­dé­rée comme le signe même de la moder­ni­té poé­tique : l’éclatement d’une poé­sie qui s’affirme comme recherche inces­sante de ce qu’elle peut-être. […] Mais il suf­fit d’assister, par exemple, à une com­pé­ti­tion de body­buil­ding pour obser­ver que, somme toute, les façons d’attirer l’attention sur ses propres qua­li­tés sub­stan­tielles sont à la fois lar­ge­ment contex­tuelles, conven­tion­nelles (donc non essen­tielles) et d’une varié­té assez limitée.