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Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs

Comme un chien empoi­son­né qui dans un champ se jette sans le savoir sur l’herbe qui est pré­ci­sé­ment l’antidote de la toxine qu’il a absor­bée, je venais sans m’en dou­ter de dire la seule parole qui fût au monde capable de vaincre chez mes parents ce pré­ju­gé à l’égard de Bergotte, pré­ju­gé contre lequel tous les plus beaux rai­son­ne­ments que j’aurais pu faire, tous les éloges que je lui aurais décer­nés, seraient demeu­rés vains.