• Florent Coste ⋅ « Spectres du féti­chisme littéraire » ⋅ L’ordinaire de la littérature 23 04 24

    Pourquoi, une fois le féti­chisme révé­lé et démys­ti­fié au grand jour, l’illusion ne cesse-t-elle pas de faire son effet, au point de se dis­si­per ? C’est sans doute qu’il faut affron­ter de manière moins idéa­liste et indi­vi­dua­liste un phé­no­mène beau­coup plus ancré qu’une simple vision défor­mée qu’on pour­rait amen­der par des opé­ra­tions de cor­rec­tion de l’attention. Un bour­dieu­sien pour­rait dire que l’adhésion à l’illu­sio engage une sorte de foi pra­tique dans le champ qui trouve des points d’appui dans des fétiches pour conti­nuer à jouer le jeu. Marx disait, lui, que le féti­chisme adhère aux pro­duits du tra­vail – il utilisait…

  • Florent Coste ⋅ « Critique ou homéopathie » ⋅ L’ordinaire de la littérature

    Comme en poli­tique, le cen­trisme en théo­rie n’est géné­ra­le­ment ni de gauche ni de gauche. Un indi­ca­teur assez fiable en la matière est la place, cen­trale ou mar­gi­nale, qu’on recon­naît à la cri­tique. Ce moment thé­ra­peu­tique de la lit­té­ra­ture contem­po­raine, dont la dif­fu­sion et la péné­tra­tion ne font guère de doute, gagne­rait à être res­sai­si au prisme de la théo­rie de la recon­nais­sance qu’a déve­lop­pée Axel Honneth depuis les années 1980 au sein de l’Institut für Sozialforschung de Francfort et qui paraît assez congruente avec ces ten­dances lit­té­raires de fond. Cette phi­lo­so­phie émerge dans une conjonc­ture frac­tu­rée entre deux tendances…

  • Florent Coste ⋅ « Critique ou homéopathie » ⋅ L’ordinaire de la littérature

    En éplu­chant scru­pu­leu­se­ment le volume [La lit­té­ra­ture est une affaire poli­tique], on relève que la lit­té­ra­ture « change le regard », elle « dit non », « par­tage une vision avec le plus grand nombre », « donne une image du monde », « pro­voque des prises de conscience », « met en lumière des aspects de notre réa­li­té […] déter­mi­nants », « pense le monde dans toute sa com­plexi­té », « alerte », « inquiète », « éveille les consciences », nous fait « faire l’expérience de la plu­ra­li­té », « offre un mode de connais­sance où le sen­sible et le ration­nel se rejoignent », « porte un regard cri­tique sur le monde », est « l’espace où se mani­feste la véri­té », qui « lève des voiles »…