Quand, opé­rant sur des réa­li­tés, pommes, poires, fraises, amandes, je me forme l’i­dée géné­rale de « fruit » ; quand, allant plus loin, je m’i­ma­gine que mon idée abs­traite « le fruit », déduite des fruits réels, est un être qui existe en dehors de moi et, bien plus, consti­tue l’es­sence véri­table de la poire, de la pomme, etc., je déclare — en lan­gage spé­cu­la­tif — que « le fruit » est la « sub­stance » de la poire, de la pomme, de l’a­mande, etc. Je dis donc que ce qu’il y a d’es­sen­tiel dans la poire ou la pomme, ce n’est pas d’être poire ou pomme. Ce qui est essen­tiel dans ces choses, ce n’est pas leur être réel, per­cep­tible aux sens, mais l’es­sence que j’en ai abs­traite et que je leur ai attri­buée, l’es­sence de ma repré­sen­ta­tion : « le fruit ». Je déclare alors que la pomme, la poire, l’a­mande, etc., sont de simples formes d’exis­tence, des modes « du fruit ». […] Les divers fruits pro­fanes sont diverses mani­fes­ta­tions vivantes du « fruit unique » ; ce sont des cris­tal­li­sa­tions que forme « le fruit » lui-même. C’est ain­si, par exemple, que dans la pomme « le fruit » se donne une exis­tence de pomme, dans la poire une exis­tence de poire. Il ne faut donc plus dire, comme quand on consi­dé­rait la sub­stance : la poire est « le fruit », la pomme est « le fruit », l’a­mande est « le fruit » ; mais bien : « le fruit » se pose comme poire, « le fruit » se pose comme pomme, « le fruit » se pose comme amande, et les dif­fé­rences qui séparent pommes, poires, amandes, ce sont les auto­dif­fé­ren­cia­tions « du fruit », et elles font des fruits par­ti­cu­liers des chaî­nons dif­fé­rents dans le pro­cès vivant « du fruit ». « Le fruit » n’est donc plus une uni­té vide, indif­fé­ren­ciée ; il est l’u­ni­té en tant qu’u­ni­ver­sa­li­té, en tant que « tota­li­té » des fruits qui forment une « série orga­ni­que­ment arti­cu­lée ». Dans chaque terme de cette série, « le fruit » se donne une exis­tence plus déve­lop­pée, plus pro­non­cée, pour finir, en tant que « réca­pi­tu­la­tion » de tous les fruits, par être en même temps l’u­ni­té vivante qui tout à la fois contient, dis­sout en elle-même cha­cun d’eux et les engendre, de la même façon que toutes les par­ties du corps se dis­solvent sans cesse dans le sang et sont sans cesse engen­drées à par­tir du sang.
On le voit : alors que la reli­gion chré­tienne ne connaît qu’une incar­na­tion de Dieu, la phi­lo­so­phie spé­cu­la­tive a autant d’in­car­na­tions qu’il y a de choses ; c’est ain­si qu’elle pos­sède ici, dans chaque fruit, une incar­na­tion de la sub­stance, du fruit abso­lu. Pour le phi­lo­sophe spé­cu­la­tif, l’in­té­rêt prin­ci­pal consiste donc à engen­drer l’exis­tence des fruits réels pro­fanes et à dire d’un air de mys­tère qu’il y a des pommes, des poires, des amandes et des rai­sins de Corinthe.

In a kind of bioe­co­no­mic war­fare, agri­bu­si­ness can pros­per when dead­ly influen­za strains ori­gi­na­ting from their own ope­ra­tions spread out to their smal­ler competition.
No conspi­ra­cy theo­ry need apply. No virus engi­nee­red in a labo­ra­to­ry. No conscious acts of espio­nage or sabo­tage. Rather we have here an emergent neglect from the moral hazard that arises when the costs of inten­sive hus­ban­dry are externalized.

Pathogens, howe­ver, are no mere pro­ta­go­nists, bat­te­red to and fro by the tides of human his­to­ry. They also act of their own voli­tion, if you’ll excuse the anthro­po­mor­phism. They dis­play agen­cy. And they have by vir­tue of their evo­lu­tio­na­ry changes for­ced agri­bu­si­ness to the bar­gai­ning table, a place where that ilk, given their suc­cesses, think they excel. The resul­ting agree­ment is writ­ten as no trea­ty or contract nor even in any­thing we would reco­gnize as com­mu­ni­ca­tion. It is found ins­tead in a form of xenos­pe­ci­fic conver­gence. The two par­ties have maneu­ve­red into an agri­cul­ture of mutual inter­ests, at times reac­ting for­ce­ful­ly within each’s own domain in the other’s favor. One thinks per­haps such conver­gence could be at best uncons­cious. An emergent epi­phe­no­me­non, maybe. I dis­co­ve­red other­wise, and that’s the shock. No virus engi­nee­red in a lab, no plan to pur­po­se­ly spread influen­za, but a conspi­ra­cy of man and microbe none­the­less, with huma­ni­ty and many a wild­life popu­la­tion at stake.

– Je ne puis nul­le­ment consen­tir à ce que vous vous arrê­tiez de cou­per et d’in­gé­rer, et je ne crois pas du tout que vous soyez réel­le­ment ras­sa­sié. Si vous dites que vous êtes à deux doigts de l’as­phyxie, vous ne dites très cer­tai­ne­ment pas la véri­té. Je suis obli­gée de croire que ce ne sont là que des poli­tesses. Je renonce volon­tiers, je l’ai dit, à quelque forme que ce soit de bavar­dage spi­ri­tuel. Je suis sûre que vous êtes prin­ci­pa­le­ment venu pour prou­ver que vous êtes un gros man­geur et pour mani­feste que vous avez de l’ap­pé­tit. Cette opi­nion, je ne sau­rais en démordre à aucun prix ; au contraire, je vou­drais ins­tam­ment vous prier de vous plier de bonne grâce à ce qui est inévi­table ; car je puis vous assu­rer qu’il n’existe pas pour vous d’autre pos­si­bi­li­té pour vous lever de table que celle qui consiste à finir et à ingé­rer bien pro­pre­ment tout ce que je vous ai cou­pé et vous cou­pe­rai encore

Je crains que vous ne soyez per­du sans aucun espoir de salut, car vous ne pou­vez igno­rer qu’il existe des maî­tresses de mai­son qui contraignent leurs invi­tés à se ser­vir et à enfour­ner jus­qu’à ce qu’ils s’ef­fondrent. C’est un des­tin lamen­table et pitoyable qui vous attend ; pour­tant vous le sup­por­te­rez avec cou­rage. Il nous faut tous, un jour ou l’autre, consen­tir un grand sacrifice !

Obéissez et man­gez ! L’obéissance est tel­le­ment douce. Quel incon­vé­nient, si vous y succombez ?

, ,
trad.  Bernard Lortholary
, , ,
p. 57

En outre, l’œil est atti­ré par deux cha­peaux de paille ou d’é­té. L’histoire de ces cha­peaux de paille pour hommes est la sui­vante : c’est que sou­dain, dans l’air clair, je vois deux ravis­sants cha­peaux ; sous ces cha­peaux se tiennent deux mes­sieurs très comme il faut, qui paraissent vou­loir s’a­dres­ser le bon­jour en sou­le­vant leurs couvre-chefs d’un geste frin­gant, gra­cieux et beau : spec­tacle où mani­fes­te­ment les cha­peaux jouent un plus grand rôle que leurs déten­teurs ou propriétaires.

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trad.  Bernard Lortholary
, , ,
p. 12–13

Whichever time stan­dard we’re on, the question
of how fast and whe­ther it’s worth it, we are
under­laid by drift in the form of mantle, and
that should be at least a start. If the woman
gets up in the mor­ning you could say it
was to be anoin­ted, if that (in this time)
weren’t so puny and obse­quious. The wrong
stan­dard makes it so, and the bru­tal fact
is that there’s no simple dif­fe­rence of opinion
invol­ved : the wrong is an entailment, and
fol­lows into the glo­wing tail of “his­to­ry” as
for example the Marxist comet burns with
such love­ly, fla­ring destruction.

That we could come off the time stan­dard is
a first (and pre­li­mi­na­ry) pro­po­sal ; having
nothing to do with some zeal about traverse
or the syn­chro­nous double twist of a minor
pro­tein. We could come off all that, to-
gether, into the nea­rest city of numbers
(of which there are four, & could be five). This
is just a pro­po­sal, set on the table to move
right out of range of those sicke­ning and
grea­sy sureties—like « back to our proper
homes » (or look after the Golden Rose).

The homing ins­tinct of a great deal
else might then be cra­cked up : the loving
magne­tism by which conse­quence springs
to atten­tive dis­play in the field of roses.
That, say, and the jus­tice of what we
are said to deserve when so hopelessly
we want so much more. We do not
get what we deserve, ever, since we have
pro­per claim by the limits of hope and
howe­ver far a given desire has within range.

So, we could come off that stan­dard, and
“pos­ses­sive indi­vi­dua­lism” would be who we
are—the first city. Break the char­ter, lift
the harlot’s curse, the revol­ted abstraction
of “popu­lism” by which the dark is so feared.
Holding hands is a dis­gus­ting trick, and is
aug­men­ted by the expec­ta­tion of plenty.

Which would set out our past as gained
into the ter­ri­to­ry of for­tune, and dis­pose of
that lum­py yarn run­ning back into the trees.
Again, what we recall is the choice, of our
pre­va­lence, the rich gar­den of the climatic
ter­rain. And choice is not then one from
“the rest”—the éli­tist dream of the crown
domed in the Castle of Gold—but an
inclu­sion within that mea­sure, of choice,
the second city of this middle earth.

And the ques­tion of “exchange” is thereby
also dis­mant­led. The dis­pute, over how
far the values are trim­med, is strict­ly a
consequent dis­tur­bance, since “fair price”
is only the extent of our fears in the
chest, of wha­te­ver sun­dry moth & rust
we see in our age. “Our age”—at it
again, the cre­dible is what we apt­ly wear
in our timid & ten­der years. The standard
is a fear index, a mea­sure of what (for ex-
ample) “natu­ral gas” will do to a pre-
carious eco­no­my. Whoever in some sheltered
domain cal­led that vapour “natu­ral” deserves
to laugh right into the desert. These are the
arid dis­pla­ce­ments beyond which lies in its state
the third city, or the jewel of the air.

Further than this, up to our necks in our
pol­lu­ted his­to­ry, the fourth city is not yet known.
Going off the stan­dard is thus far only a
pro­po­sal : the mantle is warm and in
constant flow, but no man has yet crossed
the plains. No trum­pets in any case for such
banal fol­ly : the modest hatred of our con-
dition and the com­pe­ti­tion which we therefore
call time. They will not sound, as we cannot
yet see the other side, but we deserve to, and
if we can see thus far, these are the few
outer lights of the city, bur­ning on the horizon.

,
« Numbers in Time of Trouble » Kitchen Poems [1968]
,
in Poems
, , ,
p. 17–18
Hope for help in the gallery
all in yel­low, all in yellow,
skim­ming to ride,
milk inside
all in yel­low, all in yellow.

But where is the music, the music
all on yon­der green hill ?
So tur­ning and twir­ling asunder
as to never be still ?

As to go for a dan­cer in yellow,
for to dance to the far brim,
all in yel­low, all in yel­low sliding
and rea­dy to come in.

In ages past the cover thickens,
clouds bank in the sky ;
the leaves go down, all in yellow
faring well, to pass by. 

Do you think that if
you once do what you want
to do you will want not to do it.

Do you think that if
there’s an apple on the table
and some­bo­dy eats it, it
won’t be there anymore.

Do you think that if
two people are in love with one another,
one or the other has got to be
less in love than the other at
some point in the other­wise hap­py relationship.

Do you think that if
you once took a breath, you’re by
that com­mit­ted to taking the next one
and so on until the very pro­cess of
brea­thing’s an end­less­ly expan­ding need
almost of its own neces­si­ty forever.

Do you think that if
no one knows then whatever
it is, no one will know and
that will be the case, like
they say, for an indefinite
per­iod of time if such time
can have a qua­li­fi­ca­tion of such time.

Do you know anyone
real­ly. Have you been, really,
much alone. Are you lonely,
now for example. Does anything
real­ly mat­ter to you, real­ly, or
has any­thing mat­te­red. Does each
thing tend to be there, and then not
to be there, just as if that were it.

Do you think that if
I said, I love you, or anyone
said it, or you did. Do you
think that if you had all
such deci­sions to make and could
make them. Do you think that
if you did. That you really
would have to think it all into
rea­li­ty, that world, each time, new.

,
« Do you think »

Il ne faut pas dire seule­ment : Tout s’explique, je dirai : Tout s’éclaire par là. Les dif­fi­cul­tés incroyables de l’action publique et pri­vée s’éclairent sou­dai­ne­ment, d’un grand jour, d’une grande lumière, quand on veut bien don­ner audience pour ain­si dire, quand on veut bien consi­dé­rer, quand on veut bien seule­ment faire atten­tion à cette dis­tinc­tion, à cette récri­mi­na­tion, je veux dire à cette dis­cri­mi­na­tion remon­tante que nous venons de recon­naître. Tous les sophismes, tous les para­lo­gismes de l’action, tous les para­prag­ma­tismes, – ou du moins tous les nobles, tous les dignes, les seuls pré­ci­sé­ment où nous puis­sions tom­ber, les seuls que nous puis­sions com­mettre, les seuls inno­cents, – si cou­pables pour­tant, – viennent de ce que nous pro­lon­geons indû­ment dans l’action poli­tique, dans la poli­tique, une ligne d’action dûment com­men­cée dans la mys­tique. Une ligne d’action était com­men­cée, était pous­sée dans la mys­tique, avait jailli dans la mys­tique, y avait trou­vé, y avait pris sa source et son point d’origine. Cette action était bien lignée. Cette ligne d’action n’était pas seule­ment natu­relle, elle n’était pas seule­ment légi­time, elle était due. La vie suit son train. L’action suit son train. On regarde par la por­tière. Il y a un méca­ni­cien qui conduit. Pourquoi s’occuper de la conduite. La vie conti­nue. L’action conti­nue. Le fil s’enfile. Le fil de l’action, la ligne de l’action conti­nue. Et conti­nuant, les mêmes per­sonnes, le même jeu, les mêmes ins­ti­tu­tions, le même entou­rage, le même appa­reil, les mêmes meubles, les habi­tudes déjà prises, on ne s’aperçoit pas que l’on passe par-des­sus ce point de dis­cer­ne­ment. D’autre part, par ailleurs, exté­rieu­re­ment l’histoire, les évé­ne­ments ont mar­ché. Et l’aiguille est fran­chie. Par le jeu, par l’histoire des évé­ne­ments, par la bas­sesse et le péché de l’homme la mys­tique est deve­nue poli­tique, ou plu­tôt l’action mys­tique est deve­nue action poli­tique, ou plu­tôt la poli­tique s’est sub­sti­tuée à la mys­tique, la poli­tique a dévo­ré la mys­tique. Par le jeu des évé­ne­ments, qui ne s’occupent pas de nous, qui pensent à autre chose, par la bas­sesse, par le péché de l’homme, qui pense à autre chose, la matière qui était matière de mys­tique est deve­nue matière de poli­tique. Et c’est la per­pé­tuelle et tou­jours recom­men­çante his­toire. Parce que c’est la même matière, les mêmes hommes, les mêmes comi­tés, le même jeu, le même méca­nisme, déjà auto­ma­tique, les mêmes entours, le même appa­reil, les habi­tudes déjà prises, nous n’y voyons rien. Nous n’y fai­sons pas même atten­tion. Et pour­tant la même action, qui était juste, à par­tir de ce point de dis­cer­ne­ment devient injuste. La même action, qui était légi­time, devient illé­gi­time. La même action, qui était due, devient indue. La même action, qui était celle-ci, à par­tir de ce point de dis­cer­ne­ment ne devient pas seule­ment autre, elle devient géné­ra­le­ment son contraire, son propre contraire. Et c’est ain­si qu’on devient inno­cem­ment criminel.

La même action, qui était propre, devient sale, devient une autre action, sale.

C’est ain­si qu’on devient inno­cent cri­mi­nel, peut-être les plus dan­ge­reux de tous.

Une action com­men­cée sur la mys­tique conti­nue sur la poli­tique et nous ne sen­tons point que nous pas­sons sur ce point de dis­cer­ne­ment. La poli­tique dévore la mys­tique et nous ne sau­tons point quand nous pas­sons sur ce point de discontinuité.

Aussitôt après nous com­mence le monde que nous avons nom­mé, que nous ne ces­se­rons pas de nom­mer le monde moderne. Le monde qui fait le malin. Le monde des intel­li­gents, des avan­cés, de ceux qui savent, de ceux à qui on n’en remontre pas, de ceux à qui on n’en fait pas accroire. Le monde de ceux à qui on n’a plus rien à apprendre. Le monde de ceux qui font le malin. Le monde de ceux qui ne sont pas des dupes, des imbé­ciles. Comme nous. C’est-à-dire : le monde de ceux qui ne croient à rien, pas même à l’athéisme, qui ne se dévouent, qui ne se sacri­fient à rien. Exactement : le monde de ceux qui n’ont pas de mys­tique. Et qui s’en vantent. Qu’on ne s’y trompe pas, et que per­sonne par consé­quent ne se réjouisse, ni d’un côté ni de l’autre. Le mou­ve­ment de déré­pu­bli­ca­ni­sa­tion de la France est pro­fon­dé­ment le même mou­ve­ment que le mou­ve­ment de sa déchris­tia­ni­sa­tion. C’est ensemble un même, un seul mou­ve­ment pro­fond de démys­ti­ca­tion. C’est du même mou­ve­ment pro­fond, d’un seul mou­ve­ment, que ce peuple ne croit plus à la République et qu’il ne croit plus à Dieu, qu’il ne veut plus mener la vie répu­bli­caine, et qu’il ne veut plus mener la vie chré­tienne, (qu’il en a assez), on pour­rait presque dire qu’il ne veut plus croire aux idoles et qu’il ne veut plus croire au vrai Dieu. La même incré­du­li­té, une seule incré­du­li­té atteint les idoles et Dieu, atteint ensemble les faux dieux et le vrai Dieu, les dieux antiques, le Dieu nou­veau, les dieux anciens et le Dieu des chré­tiens. Une même sté­ri­li­té des­sèche la cité et la chré­tien­té. La cité poli­tique et la cité chré­tienne. La cité des hommes et la cité de Dieu. C’est pro­pre­ment la sté­ri­li­té moderne. Que nul donc ne se réjouisse, voyant le mal­heur qui arrive à l’ennemi, à l’adversaire, au voi­sin. Car le même mal­heur, la même sté­ri­li­té lui arrive. Comme je l’ai mis tant de fois dans ces cahiers, du temps qu’on ne me lisait pas, le débat n’est pas pro­pre­ment entre la République et la Monarchie, entre la République et la Royauté, sur­tout si on les consi­dère comme des formes poli­tiques, comme deux formes poli­tiques, il n’est point seule­ment, il n’est point exac­te­ment entre l’ancien régime et le nou­veau régime fran­çais, le monde moderne ne s’oppose pas seule­ment à l’ancien régime fran­çais, il s’oppose, il se contra­rie à toutes les anciennes cultures ensemble, à tous les anciens régimes ensemble, à toutes les anciennes cités ensemble, à tout ce qui est culture, à tout ce qui est cité. C’est en effet la pre­mière fois dans l’histoire du monde que tout un monde vit et pros­père, paraît pros­pé­rer contre toute culture.