• Pierre Janet ⋅ Les obses­sions et la psychasthénie 12 11 22

    Voici une rumi­na­tion de Ger…, une femme du peuple très peu ins­truite. Une après-midi de jeu­di, elle songe à pré­pa­rer le dîner et prend un pot afin d’aller chez la frui­tière ache­ter pour quelques sous de bouillon. Elle s’arrête sur l’escalier avec la pen­sée qu’il faut réflé­chir un moment s’il n’y a rien de répré­hen­sible à ache­ter du bouillon chez la frui­tière (manie de pré­ci­sion) : « en géné­ral non, mais c’est aujourd’hui jeu­di, il faut faire atten­tion à ce détail : qu’est-ce que la frui­tière va pen­ser en lui voyant ache­ter du bouillon aujourd’hui (manie de l’interrogation) ? Si elle croit…

  • Pierre Janet ⋅ Les névroses 11 11 22

    Il vient de perdre, il y a deux ans, son père et son oncle pour qui il avait la pus grande affec­tion et la plus grande véné­ra­tion : il les pleure, cela est natu­rel. Va-t-il être obsé­dé par l’image de leur figure comme une hys­té­rique pleu­rant son père ? Non. Il est obsé­dé par la pen­sée de l’âme de son oncle, mais ce qui est effroyable c’est que l’âme de son oncle est asso­ciée, jux­ta­po­sée ou confon­due (nous savons que ces malades s’expriment très mal) avec un objet répu­gnant, des excré­ments humains. « L’âme de mon oncle gît au fond des cabi­nets, elle…

  • Pierre Janet ⋅ Les obses­sions et la psychasthénie

    Par excep­tion, on ren­contre des scru­pu­leux bavards comme Jean ou qui écrivent beau­coup comme Nadia, mais l’espoir de les entendre par­ler clai­re­ment de leur mala­die est bien­tôt déçu. C’est un flux inta­ris­sable de paroles, de plaintes, de gémis­se­ments, mais avec les mêmes contra­dic­tions, les mêmes obs­cu­ri­tés. Jean com­plique son lan­gage d’une grande quan­ti­té de néo­lo­gismes dont il a peu à peu pré­ci­sé le sens dans son esprit, mais qui sont loin de rendre son lan­gage plus clair. « Ah ! j’ai eu ma petite mesure depuis que je vous ai quit­té ; une petite échau­bouillai­son a fait que tout repi­geon­nait encore, et l’obsession…