• Joseph Roth ⋅ Job. Roman d’un homme simple 18 01 16

    À Dubno, on y va avec la char­rette de Sameschkin ; à Moscou, on y va avec le che­min de fer ; en Amérique, on n’y va seule­ment en bateau mais aus­si avec des papiers. Et, pour les obte­nir, on doit aller à Dubno. Aussi Deborah se ren­dit-elle chez Sameschkin. Sameschkin n’est plus assis sur le banc du poêle, il n’est même pas chez lui, c’est jeu­di, jour de mar­ché aux cochons, Sameschkin ne ren­tre­ra pas avant une heure. Deborah va et vient, va et vient devant la bicoque de Sameschkin, elle ne pense qu’à l’Amérique. Un dol­lar vaut plus que deux roubles, un…

  • Joseph Roth ⋅ Job. Roman d’un homme simple

    Non, Deborah n’appelait plus Miriam. Deborah s’approcha de Miriam. Deborah, dans son vieux châle, était vieille, laide et crain­tive devant Miriam bai­gnée de lumière et d’or ; elle s’arrêta au bord du trot­toir de bois, comme si elle obéis­sait à une ancienne loi qui com­man­dait aux mères laides de se tenir au moins à une demi-verste au-des­sous de leurs filles jolies. Nein, Deborah rief Mirjam nicht mehr. Deborah kam zu Mirjam. Deborah, in einem alten Schal, stand alt, häß­lich, äng­st­lich vor der goldü­ber­glänz­ten Mirjam, hielt ein am Rande des höl­zer­nen Bürgersteigs, als befolgte sie ein altes Gesetz, das den häß­li­chen Müttern…

  • Joseph Roth ⋅ Job. Roman d’un homme simple

    Tous trois sen­tirent sur Sam le savon à barbe qui avait l’odeur du muguet et un peu aus­si celle du phé­nol. Cela leur fit pen­ser à un jar­din et en même temps à un hôpi­tal. Alle drei rochen an Sam Rasierseife, die nach Schneeglöckchen duf­tete und auch ein wenig wie Karbol. Er erin­nerte sie an einen Garten und glei­ch­zei­tig an ein Spital.…

  • Joseph Roth ⋅ Job. Roman d’un homme simple

    Il croyait ses enfants sur parole : l’Amérique était la terre de Dieu, New York la ville des miracles et l’anglais la plus belle langue. Les Américains étaient sains, les Américaines belles, les sport impor­tant, le temps pré­cieux, la pau­vre­té un vice, la richesse un mérite, la ver­tu la moi­tié de la réus­site, la foi en soi-même une réus­site totale, la danse hygié­nique, le pati­nage à rou­lette un devoir, la bien­fai­sance un inves­tis­se­ment, l’anarchisme un crime, les gré­vistes les enne­mis de l’humanité, les agi­ta­teurs les alliés du diable, les machines modernes une béné­dic­tion du Ciel, Edison le plus grand génie. Bientôt…

  • Joseph Roth ⋅ Job. Roman d’un homme simple

    Des œufs et des baguels aux œufs, nour­ri­tures rondes, sans com­men­ce­ment et sans fin, rondes comme les sept jours du deuil. Eier und Eierbeugel für Mendel Singer, runde Speisen, ohne Anfang und ohne Ende, rund wie die sie­ben Tage der Trauer.…