[La ques­tion se pose de savoir pour­quoi Dieu est dit, bien que tou­jours méta­pho­ri­que­ment, doué de vue et d’ouïe, mais pas de tou­cher ni de goût.]

La cause en est qu’il est éta­bli dans l’imagination de tous que Dieu ne sau­rait être en contact avec les corps comme l’est un corps avec un autre, puisque [les hommes] ne peuvent le voir ; or, ces deux sens, je veux dire le goût et le tact, ne per­çoivent les objets de leur sen­sa­tion qu’en les tou­chant, tan­dis que la vue, l’ouïe et l’odorat per­çoivent les objets de leur sen­sa­tion, lors même que les corps doués des qua­li­tés [per­cep­tibles] s’en trouvent éloi­gnés ; c’est pour­quoi, selon l’imagination du vul­gaire, il était per­mis [de les attri­buer à Dieu]. Ensuite, en lui attri­buant méta­pho­ri­que­ment ces sens, on avait pour objet et pour but d’indiquer qu’il per­çoit nos actions ; or, l’ouïe et la vue suf­fi­saient pour cela, et je veux dire que c’est au moyen de ces sens que l’on per­çoit tout ce qu’un autre fait ou dit. C’est ain­si que les doc­teurs, dans un ensemble d’exhortations, ont dit, sous forme d’admonition et d’avertissement : « Sache ce qui est au-des­sus de toi, un œil qui voit et une oreille qui entend. »

[Le Juge n’a besoin de tou­cher ni de goû­ter sa créature.]

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Le Guide des égarés [מורה נבוכים ; دلالة الحائرين 1190]
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t. 1
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chap. 47
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trad.  de l’a­rabe par Salomon Munk (1856–1866), nou­velle édi­tion revue et mis à jour sous la dir. de René Lévy, avec la coll. de Maroun Aouad
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p. 206

Si quelqu’un croyait que Zéïd est debout, au moment où il est assis, sa dévia­tion de la véri­té ne serait pas [grave] comme la dévia­tion de celui qui croi­rait que le feu est au-des­sous de l’air, ou que l’eau est au-des­sous de la terre, ou que la terre est plane, et d’autres choses sem­blables ; la dévia­tion de ce der­nier ne serait pas comme la dévia­tion de celui qui croi­rait que le soleil est [tiré de l’élément] du feu, ou que le ciel est un hémi­sphère, et d’autres choses sem­blables ; la dévia­tion de ce troi­sième ne serait pas comme la dévia­tion de celui qui croi­rait que les anges mangent et boivent, et d’autres choses sem­blables ; la dévia­tion de ce qua­trième ne sait pas comme la dévia­tion de celui qui croi­rait qu’il faut ado­rer quelque autre chose que Dieu. Car à mesure que l’ignorance et la fausse croyance se rap­portent à un objet plus grand, je veux dire, à celui qui occupe un rang plus impor­tant dans l’Être, elles ont plus de gra­vi­té lorsqu’elles se rap­portent à ce qui occupe un rang inférieur.

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Le Guide des égarés [מורה נבוכים ; دلالة الحائرين 1190]
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t. 1
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chap. 36
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trad.  de l’a­rabe par Salomon Munk (1856–1866), nou­velle édi­tion revue et mis à jour sous la dir. de René Lévy, avec la coll. de Maroun Aouad
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p. 175

kort­ner raconte qu’un comique vien­nois, arri­vant à new york, a bai­sé la terre devant les pho­to­graphes de presse. il n’y a pas de quoi s’of­fus­quer, dit kort­ner. ça ne signi­fie rien de plus que : « baise la terre ».

kort­ner erzählt, wie ein wie­ner komi­ker, in new york ankom­mend, vor den pres­se­fo­to­gra­fen die erde küßt, das darf einen nicht stö­ren, sagt kort­ner. es bedeu­tet nur : « küß die erde. »

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Journal de travail [Arbeitsjournal, Suhrkamp, 1973, p. 425]
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trad.  Philippe Ivernel
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p. 277
, 26.4.42

La flamme dan­sant dans le. La [ main ]. Frappant de la. de son petit poing, du poing la. la table, il.il fut éton­né de sen­tir sous. d’en. de sen­tir. De sen­tir sous. de sen­tir le grain. de ren­con­trer le bois nu de. la planche. le rugueux du bois. il s’étonne de tou­cher le bois nu. de tou­cher la planche nue. rugueuse. ren­con­trer la planche. le bois rugueux, la planche nue. la planche nue. Nappe, cou­vert. Nappe et cou­vert. Nappe, cou­vert, [bou­teille de] [ ]. Le [cou] de M. Ouine. est [ ]. Le corps de M. Ouine, en app. comme déme­su­ré­ment agran­di. gran­di. agran­di, comme sans épais­seur. plat. À quelque dis­tance, le corps de Monsieur Ouine. Une lumière brillait devant lui. bou­gie. chan­delle brû­lait devant lui, dans un modeste. modeste bou­geoir de cuivre, soi­gneu­se­ment asti­qué. Devant lui brû­lait une chan­delle, dans un modeste bou­geoir de cuivre. Le corps de Monsieur Ouine. À quelque dis­tance, le corps de M.Ouine déme­su­ré­ment ag. comme déme­su­ré­ment agran­di. déme­su­ré­ment agran­di et comme pri­vé d’épaisseur. se cour­bait ou se rele­vait. s’agitait en tous sens, avec une extra­or­di­naire [ ]. agi­li­té. s’inclinait en tous sens, avec une agi­li­té sur­hu­maine. Phil. Philippe.

Un ron. ron. r. C’est comme un ron. comme un [ron­ron­ne­ment] qui. Une [roue] tourne. Un autre ron. Une autre voix se mêle à. voix se mêle à la pre­mière. Non c’est. c’est la même. même [roue] qui tourne avec ce ron. son [ron­ron­ne­ment]. tourne. tourne avec ce [ron­ron­ne­ment]. La voix conti­nue de par­ler, mais une sorte de ron­ron­ne­ment [tout indis­tinct]. s’é­teint peu à peu. s’é­teint par degrés, n’est plus qu’un ron­ron­ne­ment indis­tinct. ron­ron­ne­ment confus, où éclate. éclate par­fois. où flambe. où. où éclate. par­fois éclate une voyelle,[ ].

Il fa. Il fait, pour se lever de sa chaise, quit­ter sa chaise un effort immense. [ ] [ ] [ ]. Il répète à mi-voix. Il répète, long­temps, tout bas pour lui seul, cette ques. cette phrase. cette ques­tion. la ques­tion [vaine]. même ques­tion, [ ]. avec l’es­poir abs. la ques. sans trop [tenir] la force d’ou­vrir les yeux. sans aucun espoir. sans oser ouvrir les yeux. La nuit [croule]. [s’é­croule]. Évidemment, le vieil homme [ ]. est loin main­te­nant, Dieu sait où – dans quel coin de cette mai­son morte ? Mais. M. Ce qu’il veut seule­ment. Pourtant, N’importe, lui faire face. Tout à l’heure, se dit-il. Tout à l’heure, [je le sau­rais]. se dit-il, j’au­rai ma revanche. Non, il. Il aime mieux l’i­ma­gi­ner dans le parc. plus loin encore, à tra­vers champs, sur la douce route. route douce, pleine de lune. La route ! La route ! La route libre, telle qu’il la rêve. La route [ ]. Dans la. La libre route. La libre route. La route. La libre route. Sa libre route. Sa route. Sa libre route. Et face à la brèche immense, ou l’air siffle avec. pleine d’é­toiles. d’astres. d’é­toiles, avec le vent sur la face. le. le souffle. ce souffle ter­rible. son souffle ter­rible. à la face. Steeny sen­tait sa. les. Steeny, calme, s’end. s’en­dort, les poings fer­més. les poings ser­rés. les poings. Steeny s’end. retombe dans. entre dans le som­meil. se jette dans le som­meil comme. l’en­fant [avide]. tra­gique s’en­dort, les [poings]. s’en­dort. avide. s’en­dort les poings fer­més. Qui est-ce qui a par­lé de route ? Qui a. Qui parle de route ? Non pas cette. Non pas celle-ci, pas cette route douce, pl. cette route douce, pleine de lune, mais la sienne, qu’il a tant de fois vue en rêve, pareille à la. sa libre route, gueule béa. La route avide, impi­toyable. [ ]. ouverte, c’est un. la route, gueule béante, infi­nie, gueule béante.

Ainsi l’a­ni­mal sait suivre. recherche. cherche sur la face incom­pré­hen­sible de son maître, les signes d’une. les reflet d’un amour ou les. les signes. [dont] [  ]. les signes. les signes. les signes. les signes pour lui seul [inexo­rables] d’une. de. de la vo. d’une volon­té. pour lui seul inexo­rables d’une volon­té. les signes d’une volon­té qu’il. réflé­chit en vous. les sen­ti­ments. le reflet d’un autre monde. les signes d’un autre monde. d’un autre monde. les signes. les sen­ti­ments incom­pré­hen­sibles. mys­té­rieux. sacrés. le reflet d’un monde où. d’un autre monde où il. les signes sacrés d’où il [attend] un jour. d’où lui naî­tront. d’où vont naître sa peur et son plaisir.

Sa voix avait per­du quelque. La voix per­dait peu à peu. Sa voix per­dait peu à peu. La. La voix. [sai­si de frayeur], quelque chose de son assu­rance. chose de son assu­rance. [était-ce un] rêve ? de sa bur­lesque assu­rance tan­dis que. tan­dis que ses mains, posées à plat sur les genoux esq. esquis­saient. esquis­saient des. un mou­vem. geste. esquis­saient un geste. esquis­saient une sorte de caresse timide, enve­lop­pante, un geste d’oi­se­leur. Elle. C’était vers ces mains qu’elle baiss. baiss. en effet, qu’elle bais­sait irré­sis­ti­ble­ment ses yeux, son regard, ses yeux far. son regard farouche., éper­du de honte. éper­du de ter­reur. de honte, de ter­reur. Mais. Mais. et d’une réso­lut. imp. d’une réso­lu­tion. pour­tant plein de la réso­lu­tion invin­cible. Ent. Mais. de l’en­tê­te­ment, la patience mor­telle d’un anim. de. de l’obs­ti­na­tion de la patience immense, inexo­rable, inexo­rable d’un ani­mal pris au piège. Un [ins­tant], à l’a­bri de ses cils clos, elle. Une min. seconde sous les cils. [ ] longs. à l’a­bri des longs cils bien clos, elle, ses yeux glis­sèrent vers la fenêtre ouverte, l’ho­ri­zon, le ciel. la ligne retrous­sée des bois de Vernoul, un nuage déchi­ré par le vent, les pays, l’espace.

Mais la châ­te­laine de … avait dis­pa­ru. Retenant leur souffle, ils [enten­dirent] long. Retenant leur souffle, ils enten­dirent long­temps. long­temps sur la route trem­pée d’eau, à tra­vers les muses. sur la route trem­pée d’eau.
Mais ils cher­chèrent en vain la femme extra­or­di­naire. La châ­te­laine de … C’est en vain que du regard … En prê­tant l’o­reille, ils enten­dirent long­temps, long­temps, les [ ] [ ] [ ]. Ils prê­tèrent l’o­reille. Mais ils cher­chèrent en vain la châ­te­laine. cette. des yeux. yeux cette femme extra­or­di­naire. Retenant. Retenant leur souffle, ils enten­dirent long­temps, long­temps, sur la route trem­pée, dé. rue déserte. Retenant leur souffle, ils. L’eau. Sous l”. gor­gée d’eau. brillante sous la [vitre] comme un [miroir]. La rue déserte toute ruis­se­lante, brillait sous le soleil comme un miroir. Et retenant
ils enten­dirent long­temps, long­temps cou­rir – et de nou­veau tout. deux fois – là-bas du côté d’Esterel ou de [Montis ?] – la grande jument. le. puis une fois encore – très loin – la grande jument hen­nir au vent de la mer. [dans le vent].

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« Brouillons de Monsieur Ouine » [Cahiers de Monsieur Ouine (1931–1940), Daniel Pézeril (éd.), Seuil, 1991]
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Le jar­din ouvrier n° 21
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Saint Jean de Dieu 29 Nowambre 1948. Plus de fous

Le rai­son­ne­ment de la page pré­cé­dente nous ouvre tous les hori­zons quand aux concep­tions mul­tiples de l’u­ni­ver. Pour conti­nuer à cause de l’âme nous avons la mau­vaise volon­té qui est un pou­voir contraire au créa­teur quoique engen­dré par sa forme lente en l’in­di­vi­du. Cell ci est créée par la satié­té sous forme molle ou vive inter­mi­tente (folie). Dans les deux cas la mau­vaise volon­té ne peut être déra­ci­née que par le besoin, cette chose qui retient tous les êtres ani­més a la terre. Pour vivre il faut avoir de la bonne volon­té, ne serait ce que d’a­voir a se bais­ser pour aggrip­per une sub­stance quel­conque. Voyez d’onc j’us­qu’a ou son enfon­cés cer­tains humains qui mangent gras a ne rien faire ou qui mangent maigre a ne rien faire non plus. Exemple des épaves qui ont a peine l’âme de se remuer n’at­ten­dant en tous temps que la pitance qui leur sera ser­vie. Cela fait bien par­tie du. spsy­chia­trisme. et en fai­sant un point a la pre­mière lettre du mot qui sap­pel science nous avons la base point de départ vers la mort a gauche vers la vie a droite. S’il n’y a qu’une courte étape pour la gauche, il y a une longue étape édu­ca­tive vers la droite (en double sens enten­du). Extra mou ou sur­ex­tra­vif sont les extrêmes au régu­la­teur. Voila la mala­die folie. La gué­ri­son de tous les effets pos­sibles de la folie nous la connais­sons sous la forme du tra­vail, de la foi, de l’a­li­men­ta­tion. Quel bel enchaî­ne­ment que la vie. Que celle ci sera simple et belle lorsque cha­cun aura recon­nu les pou­voirs de la vie. En toutes choses les cachettes sont un voil sur le soleil. Si je n’a­vais rai­son depuis le début de mes élu­cu­bra­tions. Cette rai­son sau­te­rait aux yeux a la connais­sance de cet élu. Le plus for­mi­dable est nos lan­guages et nos écri­tures. Tout est la sous nos yeux pour éli­mi­ner les rond­songe mais les bases actives en étaient si loin­taines que seul le créa­teur pou­vait for­mer l’az­tèque char­gé de dés­in­té­grer tous les défauts qui ont for­més les cachettes dont le prin­ci­pale est le voil vio­let catho­lique et toutes suites sec­taires. Ce voil est lié aux soins a appor­ter direc­te­rond et indi­rec­te­rond a l’hu­ma­ni­té par les voies doc­to­rales et ensuite a toutes indus­trie­li­sa­tions. Des trois côtés vue que l’or était le nerf de toutes les attri­bu­tions, les glis­sades d’une force a l’autre en étaient arri­vés a for­mer un bloc ceint d’une cou­ronne de sang vif en folie. Ce sont bien des annees rouges que nous avons vécus depuis un bon nombre d’an­nées. Rouges et blanches, les glo­bules rouges qui montent aux cer­veaux ou en pertes et les glo­bules blanches de l’a­né­mie créées par l’in­suf­fi­sance l’at­taque de la men­ta­li­té cer­vi­cale et la méta­phi­sique des trois. Les dur­cis­se­ronds par encras­se­ronds tubu­laires de tous nos organes notem­ment les artères ont été cau­sés par tous les poi­sons que nous avons ingé­rés. Tous les remèdes je vous les ai indi­qués durant le cours de mes études. Le bloc cen­tral tout en un est la fois avec ses dif­fu­sions tra­vail ali­men­ta­tion. Tout vient de cet atôme d’a­zote j’us­qu’a par­ti­cules for­mant un point pur main­te­nu dans les crânes qui éta­blit les méta­phy­siques calo­riques que sont les fluides ner­veux direc­teurs des êtres par muscles ten­dons qui forment toutes les par­ties vitales.

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« Deux lettres » [Michel Thévoz, Écrits bruts, P.U.F., 1979]
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Le jar­din ouvrier n° 18
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p. 28–29

Saint Jean de Dieu 29 Nowambre 1948. Au feu

En éffa­çant les crimes par l’ab­so­lu­tion il n’y a aucune rai­son que toutes les autres rai­sons ne soient amni­si­tés, notem­ment celles des col­la­bo­ra­tions être états enne­mis. A par­tir de ce jour lais­sons au créa­teur son juge­rond, qui est autre chose que le nôtre nous les petits riens, a grands pou­voirs pas sa volon­té. Nous avons com­pris les choses par la divi­sion humaine. Nous avons com­pris toutes les salo­pe­ries fla­grantes. Nous savons que nous ne devons ver­ser aucune goutte de sang pour la révo­lu­tion mon­diale. Mais ce qui se pas­se­ra en boxe pure ne sera que la volon­té dif­fu­sé du créa­teur sur ses âmes ven­ge­resses. Sans comp­ter d’onc ce qu’il pro­dui­ra lui même, nous avons sa force de Dieu par les hommes (29 Dieu par les hommes tel doit tour­ner) 1949 Dieu par les hommes moyens détour­nés, par les hommes sur l’at­trac­tion. Cela nous prouve que les vrais fau­tifs n’at­ten­drons pas la puni­tion le pied ferme. Ne vous en faite en rien pour ces cas les dif­fu­sions sont lan­çées depuis des siècles et elles exis­te­rons. Chacun a sa nais­sance a un cycle de vie par­ti­cu­lière a rem­plir. Quoiqu’il fasse il l’a rem­pli­ra telle que la dif­fu­sion l’a pré­pa­ré. Tout est réglé pour la pous­sée active, que ce soit en mal ou en bien. Heureux d’onc sont ceux qui sont des masse côtes, ils ne sont que les héri­tiers de parents ou d’aïeux ayant res­pec­tés les prin­cipes loyaux du créa­teur. Pour obéir aux ordres, tout spo­lié se ser­vant d’armes pour une défense pro­blé­ma­tique sera appré­hen­dé et bru­lé vif. Pour ceux ci la chose fait par­tie de leur cycle démo­niaque a puri­fier par le feu. Si les cou­tumes anciennes ne nous avaient étés si soi­gne­se­rond caché, nous aurions sui­vis cette direc­tive divine qui com­mande de rendre la mort par la consom­ma­tion volon­taire de la mort, et tou­jours par le feu pour la puri­fi­qua­tion de l’âme à réfor­mer. Les prin­cipes d’é­par­pille­ronds et de pour­ris­se­ronds ne sont qu’un dépar­tage des âmes reprises a tem­pé­ra­teure pour for­mer une faune des plus divers, celle que nous connais­sons. Dans celle ci, pour bien mon­trer que le créa­teur a la main a tout, nous avons les ani­maux utiles et ceux démo­niaques ins­ti­tués pour la puni­tion des humains sur tout ce qui est leur pou­voir vie. Nous en voyons les dif­fu­sions mul­ti­di­vio­nables j’us­qu’a l’in­vi­sible gente micro­bienne la plus dif­fu­sée et la plus mau­vaise a la vie humaine. Du gros quand les choses sont impar­faite les cycles se dif­fusent en dés­in­té­gra­tions j’us­qu’a l’in­vi­sible. Les réunions de ces invi­sibles se dis­tri­bue dans l’air j’us­qu’a ce qu’ils soient appés par un foyer qui puri­fie­ra, tout en y pre­nant force vitale. La force vitale récu­pé­ré n’est autre que l’a­tôme azote qui se trans­forme en fluide magné­tique pour retour à l’en­droit qui la émis ou appé par les méca­niques flo­rales, fau­niques, aqua­tiques, dont nous. Le fluide magné­tique s’a­glo­mère en dif­fu­sions fils conste­ment en hau­teur, ce qui nous prouve qu’il subit inten­ce­ment l’at­trac­tion solaire. Il forme ain­si des ondes sépa­rées, courtes, moyennes, et longent (ues) la pel­li­cule atmo­sphé­rique jus­qu’au soleil.

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« Deux lettres » [Michel Thévoz, Écrits bruts, P.U.F., 1979]
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Le jar­din ouvrier n° 18
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p. 27–28

Le désordre du Guide [des éga­rés] n’est pas un désordre : c’est ordre dif­fé­rent. Maïmonide oblige son lec­teur à accep­ter et pra­ti­quer l’inter­tex­tua­li­té. Pour lui tout mot compte, chaque uni­té dis­cur­sive doit être inter­pré­tée en liai­son avec une autre : « Il faut com­bi­ner les cha­pitres les uns avec les autres. En lisant un cha­pitre, il ne faut pas seule­ment avoir pour but de com­prendre l’en­semble de son sujet, mais aus­si de sai­sir chaque parole qui s’y pré­sente mot après mot, même si elle ne concerne pas le sujet du cha­pitre. » Cette atten­tion à la lettre prend son sens dans une nou­velle règle her­mé­neu­tique : « Dire quelque chose hors de sa place, pour expli­quer quelque autre chose à sa véri­table place » – une for­mule ambi­guë, que cer­tains auteurs ont ensuite éri­gée en pro­cé­dé. Un bon exemple d’her­mé­neu­tique maï­mo­ni­dienne est ain­si don­né par Maître Eckhart dans le second Prologue de l’œuvre des expo­si­tions, quand il explique que tout pas­sage cité pour expli­quer un autre pas­sage de l’Écriture doit être à son tour expli­qué par lui, là où il se trouve. Cette réver­sion des exé­gèses va sans doute au-delà de l’in­ten­tion même de Maïmonide, elle exprime, tou­te­fois, à sa suite, une soli­da­ri­té inter­tex­tuelle à laquelle l’exé­gèse tra­di­tion­nelle ne s’o­blige pas.

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p. 215
, coll. « Que sais-je »

Chaque chose d’i­ci-bas, que ce soit une sub­stance ou un acci­dent, émet des rayons à l’ins­tar des astres. La grande diver­si­té des choses de ce monde pro­vient tout entière de ce choc de rayons. Toute l’ac­tion des étoiles s’ef­fec­tue par l’in­ter­mé­diaire des rayons. Il n’est pas jus­qu’à la voix humaine qui ne pro­duise des rayons et qui, comme toutes les autres choses réelles, n’a­gisse par leur inter­mé­diaire dans le monde des quatre éléments.

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Les rayons des étoiles [De radiis stel­la­tis, 9e siècle]
, , cité par A. de Libera, Penser au Moyen Âge, Seuil, 1991, p. 266

Et ce quelque chose de tel que rien de plus grand ne peut être pen­sé est si véri­ta­ble­ment qu’il n’est même pas pos­sible de pen­ser qu’il n’est pas. Car on peut pen­ser que quelque chose est, et ce quelque chose être tel qu’il ne peut être pen­sé n’être pas – et c’est là quelque chose de plus grand que quelque chose que l’on peut pen­ser n’être pas. Donc, si ce qui est tel que rien de plus grand ne peut être pen­sé peut être pen­sé n’être pas, cette chose même qui est telle que rien de plus grand ne peut être pen­sé n’est pas la chose qui est telle que rien de plus grand ne peut être pen­sé. Mais c’est logi­que­ment inac­cep­table. Il est donc bien vrai qu’il y a une chose telle que rien de plus grand ne peut être pen­sé et qu’elle ne peut être pen­sée n’être pas. Et cela, c’est toi Seigneur notre Dieu ! Donc si tu es si véri­ta­ble­ment, Seigneur mon Dieu, que tu ne pour­rais pas même être pen­sé n’être pas. C’est donc toi seul qui, de tout, as l’être au sens le plus vrai et au maxi­mum, car tout ce qui est autre que toi n’est pas si véri­ta­ble­ment et, par consé­quent, a moins d’être. Pourquoi donc l’in­sen­sé a‑t-il dit dans son cœur : « Il n’y a pas de Dieu », quand il est si évident pour un esprit rai­son­nable que, de tout, c’est toi qui as l’être au maxi­mum ? Oui, pour­quoi, sinon parce qu’il est sot et insensé ?

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« Que Dieu ne peut pas être pen­sé ne pas être » Proslogion
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