Cette expression : s’il le voulait, il le ferait est une proposition composée que l’on appelle hypothétique. Or la propriété logique d’une proposition hypothétique n’est pas que l’une et l’autre propositions qui la composent soient vraies. De fait, une hypothétique vraie peut aussi être composée de deux propositions fausses ou bien seulement d’une proposition fausse et d’une – le conséquent – vraie. Une hypothétique est donc vraie, même s’il s’agit d’une énoncé comme « si l’homme volait, il se déplacerait dans les airs ». De fait, cette proposition est vraie, et pourtant ses deux parties sont manifestement fausses. De même une proposition comme « si l’homme volait, il serait un animal » est vraie elle aussi, pourtant son antécédent est faux, seul le conséquent est vrai. Donc si quelqu’un dit que cette expression « s’il le voulait, il le ferait » semble impliquer que si la volonté de faire quelque chose d’autre que ce qu’il fait concernant une chose advient à Dieu dans le futur, il y aura nécessairement en lui un changement, il faut répondre que cette interprétation est vraie au sens précis où, en disant de Dieu qu’il est puissant, on entend que tout ce que Dieu veut se réalise et que rien de qu’il refuse ne se réalise, mais que ce qu’il veut, si l’on pose par hypothèse qu’il ne le veut pas, alors cela ne se réalisera pas, et que ce qu’il ne veut pas, si l’on suppose qu’il le veut, alors cela se réalisera. Telle est la signification des notions de puissance et de volonté appliquées à Dieu. Les deux se réduisent à sa science, c’est-à-dire à son essence.
Citations
Le problème de la prédestination pose celui de l’origine du mal. Pour expliquer en quoi Dieu n’est pas l’auteur du mal, Jean Scot Ériugène recourt à une théorie bien connue : celle de la désubstantialisation du mal, qu’il lit chez Augustin. Fort d’une sorte de loi méontologique, qui, au demeurant, fonde l’essentiel de la problématique médiévale du mal et rend impossible tout retour au manichéisme, Scot affirme que le mal n’ayant aucune positivité, Dieu ne peut en être la cause. Comme le dit Augustin, le mal n’est pas un étant, mais un néant, une défaillance, un défaut du Bien. En un mot, c’est une privation. Aucune des deux sortes de maux ne doit donc être référée à Dieu : ni le péché, ni la punition du pécheur. Le péché naît quand la volonté fait défaut et défaille, c’est un manque, une néantisation de la volonté ; le châtiment n’est rien d’autre que la conséquence du péché. Scot reprend, en lui donnant un accent tout à fait original, un des thèmes centraux de la théologie augustinienne. Ce que l’on appelle le mal de peine (ou mal de tourment) est inhérent au mal de coulpe (ou mal de péché). La punition est l’impossibilité d’accomplit le moindre péché. Le coupable est puni par le fait qu’il ne peut jamais accéder à l’essence de sa culpabilité, ni jamais atteindre son être coupable. Si comme l’a montré Augustin, le péché est une chute vers l’impossible – le néant complet ne pouvant être atteint, le châtiment du pécheur est de ne pouvoir atteindre le néant auquel il aspire, de ne pouvoir échapper à l’être et, partant, à Dieu, source de l’être. Ce qui torture le pécheur et le damné est la même chose : l’impossibilité d’en finir avec l’être, avec le bien, avec soi-même. Dieu a mis une borne à la malignité du pécheur, c’est l’inconsistance du péché. Le pécheur ne peut se perdre dans le péché car il ne peut faire être le mal ni faire être son péché. Si sa doctrine du mal et du péché est augustinienne, la conséquence que Jean Scot en tire ne l’est pas : elle consiste, purement et simplement, à rejeter l’idée d’un enfer physique où les damnés seront torturés par le feu. Le feu qui brûle le damné est le même que celui qui tourmente le pécheur : c’est le manque à être de l’objet du désir ou, plus simplement, l’impossibilité du péché.
Tu t’étonnes que le monde périsse ? C’est comme si tu t’étonnais que le monde vieillisse. Il est comme l’homme : il naît, il grandit, il meurt. Oui, le monde vieillit, et ce ne sont partout que des gémissements d’opprimés. Mais réfléchis : n’est-ce donc pour rien que, dans la vieillesse du monde, Dieu t’ait envoyé le Christ pour te refaire quand tout se défait ? Le Christ est venu à l’heure où tout se défait pour te renouveler toi-même. Le monde créé, le monde institué, le monde destiné à périr incline vers son couchant, mais Il est venu te consoler au sein de tes souffrances et te promettre un éternel repos.
Le monde dans lequel vous entrerez bientôt ne vous épargnera pas les heures difficiles. Trente années ont suffi pour modifier profondément la valeur des forces qui en constituent l’équilibre. Autour de notre France compacte et unifiée mais de population stationnaire ont grandi démesurément les races pullulantes de vie et regorgeantes de sève. Des nations nouvelles sont nées de la vie politique et d’autres réveillées d’une torpeur séculaire retrouvent avec les audaces de la jeunesse des ambitions de leur passé. L’Amérique élabore sur un plan plus vaste une humanité nouvelle, produit de la sélection de toutes nos humanités d’Europe. La massive et inhospitalière Afrique pénétrée de toutes parts, perd pour nous son mystère. Et voici, qu’acteurs imprévus dans le drame mondial apparaissent les jaunes, longtemps séquestrés dans un isolement volontaire, avec leurs réserves d’hommes inépuisables, leur énergie patiente et rusée et leur redoutable faculté d’adaptation. Tous ces nouveaux venus, profitant du lent travail accumulé par le vieil Occident et du trésor de sa coûteuse expérience, s’épargnent les longs tâtonnements, font l’économie de siècles de science et entrent de plain-pied et de niveau dans le courant du progrès moderne. Heureusement, le nombre n’est pas tout dans la balance des forces humaines, il n’est qu’un des éléments du succès. Une nation se soutient par la virilité des mœurs publiques et privées, par la concorde sociale, par l’éclat de l’intelligence et de l’effort continu vers le progrès.
Haben Sie sich überlegt, ob der Herr Zweite Staatsanwalt nicht nur einfach Ihre Stellung haben will und Sie zu diesem Zweck hereinlegt ? Das hört man jetzt viel. — Nehmen wir doch mal an, Herr Amtsrichter, Sie bescheinigen dem Juden seine Unschuld. Er hat nicht die Bohne provoziert. War gar nicht zur Stelle. Bekam sein Loch im Hinterkopf rein zufällig, bei einer Rauferei zwischen anderen Personen. Kehrt also nach einiger Zeit ins Geschäft zurück. Der Stau kann ihn da gar nicht hindern. Und das Geschäft ist um elftausend Mark geschädigt. Das ist jetzt aber eine Schädigung des Stau mit, denn der kann ja jetzt die elftausend Emm nicht von dem Arndt verlangen. Also wird der Stau, wie ich die Type kenne, sich an den Sturm halten wegen seiner Preziosen. Er geht natürlich nicht selber hin, da er als Kompagnon eines Juden ein Judenknecht ist. Aber er wird schon Leute an der Hand haben. Dann heißt es, daß die SA in nationaler Erregung Schmuckstücke klaut. Was dann die vom Sturm von Ihrem Urteil halten werden, können Sie sich ausmalen. Der einfache Mann kann es sowieso nicht verstehen. Denn wieso kann im Dritten Reich ein Jude gegen die SA recht behalten ?
Vous êtes-vous demandé si Monsieur le Procureur ne voulait pas tout simplement votre place, et si dans ce but il ne cherchait pas Il vous perdre ? Cela se fait beaucoup en ce moment… Supposons, Monsieur le Président, que vous déclariez le Juif innocent. Il n’a pas provoqué. N’était même pas là. A eu la nuque trouée par pur hasard, au cours d’une bagarre entre d’autres personnes. Revient donc, dans quelque temps, au magasin. Stau ne peut l’en empêcher. Mais le magasin a perdu onze mille marks. Et c’est une perte que doit partager Stau, maintenant qu’il ne peut plus réclamer cet argent à Weihl. Alors, tel que je le connais, Stau va s’en prendre à la section au sujet des fameux bijoux. Naturellement, il n’agira pas lui-même. En tant qu’associé d’un Juif, il passerait pour un domestique. Mais il aura des gens sous la main. On dira donc que des S.A. sous le coup d’une émotion nationale ont barboté des bijoux. Ce que la section pensera alors de votre verdict, vous pouvez l’imaginer… De toute manière, ce verdict, l’homme de la rue ne le comprendra pas. Car enfin, dans le IIIe Reich, comment un Juif peut-il avoir raison contre les S.A. ?
The harm will come : it never doesn’t. It will open up our chests and enter here. Some days it will come by fortune, some days by no agent in particular, and sometimes others will bring it to us, either willfully or on accident. Those others might trip, the harm spilling out of their arms onto us. We might all look at each other startled. We might all have the harm then and eyes full of tears.
The others might take one look at us or many looks at us and decide we deserve the harm. We will look back at them with our faces in the forms of questions or curses. We will say : Were my words or how they were arranged what causes you to bring this to me ? Are you upset with my body ? Do you seek vengeance against the way my eyes light up or how my body grows tense at the sunlight in particular angles ? And How dare you ! and What where you thinking ?!
Sometimes the ones who bring the harm will answer, but both their answers and their not answering can be methods by which they bring more of the harm.
The harm will take away the hours of the day of lenghten them. It will drain from us six hundred and fourteen thousand tears. It will force our perceptions to it so that we do not see the moon in the sky or the reddish-yellow apple we would otherwise eat, so that even our dreams, if we are lucky enough to have them, go to the harm as if the harm has built tracks on which a train can only go toward the location of itself but never actually arrive.
When our loved ones speak to us, we will not hear them because we will hear instead the sound the harm put in us, which at first is the sound like an alarm set by accident that softy complains of itself, and then it becomes the sound of our own ears crashing against the harm, or vice versa, until no other sound is left, and then we can’t remember there were ever other sounds at all.
The harm is always compounding, attracting to itself more of itself, and with this proliferating nature it begins to occlude what is true, right, necessary, and urgent. The purposes for which one lives, and therefore for which one exposes oneself to the harm begin to disappear from sight. One is left only with the harm and more of it, and more of it, and more of it, until there is nothing but harm and the harm spawned from that. No longer being able to see what is true, right urgent, and necessary, a person can no longer act on the true and right’s behalf, or even if some sliver of it remains uneclipsed, the harm’s proliferation can paralyze any potentiel act.
It is perhaps better to allow oneself to feel the harm than to not feel it, for the harm may also be like an entry in the encyclopedia of what has not yet been written but what is important to know. One might find in this entry the genus of the harm and its relation to other harms, might grow secure in a knowledge of harm’s taxonomy. One might find there an account of the harm’s complex relation to what is true, right, etc. that reveals crucial but elusive information about what is just and unjust in the common world. One might find information on how to act in this feeling : what alliances to make or decline, what objects to lift with one’s dominant hand, what to do with the objects one’s dominant hand has lifted, how to operate in the bitter system of the world as it is, whether to turn left or sit down or touch hands lightly with a friend and follow contradictions to their ends.
The harm can be studied like anything, every wept tear a text-book, every minute of shallow breathing a monograph, seven hours and fourteen minutes of a sleepless night a tedious-to-read but potentially useful dissertation on having existed.
It is not as if what is true, right, urgent, and necessary is a light, and what is harm is the darkness. They are both darknesses : they are both lights.
The tears are automatic. They drip down the cheeks, dampen books, keyboards, dinner plates, postcards, steering wheels. I don’t weep from sorrow. I weep as a symptom. I don’t want to cry, but I do because of a medicine. It is as if my body weeps on its own behalf.
My body has reason to weep – more reason than I do – but there are times I join my tears in their crying, adding to the tears of side effet the tears of cause. Disease has bullied me into Cartesianism, but the mixed tears undo division through liquification.
Can the tears of sadness, once shed, be extracted from the general waters ? I said, something else, « it is a mechanical problem and not a metabolic one. » I said to one friend, about the loss of another : I miss this person more than I will miss [the important body parts I will miss]. I intended this to be dramatic but of course it was matter of fact : of course the loss of a friend is worse than losing organs, limbs, or skin.
Can any particular loss be extracted from the general sorrow ? All of the losing (of body parts, capacities, people or relations between them) compounds now into one elixir of loss, fumy and irrevocable. It’s as if in all its crying my body know something about sorrow that I refuse.
The only thing sadder than existing is not existing, anyway, and everyone should have known already how impossibly sad existing is. I’d say « all that can go wrong » but the sadness of existing isn’t anything gone wrong about it, only what is definitional : first we exist, then we don’t.
I have an image of a beautiful man or woman who walks in the door like Christ and earnestly spends some time with us like the UPS man does.
An idea is to spend days walking nights writing never eating, sleep only when it rains and have an occasional beer.
À Naples, les dispositifs techniques sont cassés par principe : ce n’est qu’exceptionnellement et par un hasard déconcertant qu’on y rencontre parfois quelque chose d’intact. Avec le temps, on finit par avoir l’impression que tout y est fabriqué dans cet état déglingué. Nous ne parlons pas ici des poignées de porte par exemple qui à Naples font encore partie des êtres mythiques et ne sont là qu’en tant que symboles, pour la représentation, ce qui tient au fait que les portes y ont pour seule fonction de rester ouvertes et, s’il arrive qu’un courant d’air les ait claquées, de se rouvrir avec des cris effarés en tremblant de tout leur corps. (Naples avec des portes fermées, ce serait comme Berlin sans toitures.) Nous parlons au contraire de véritables installations mécaniques et autres appareils du même genre.
Non qu’ils ne fonctionnent pas parce qu’ils seraient cassés, mais c’est que pour le Napolitain, ce n’est qu’au moment précis où quelque chose s’est cassé que cela se met à fonctionner. Même par un vent violent, il prend la mer avec un bateau à moteur où nous oserions à peine mettre le pied. Et certes, rien ne va jamais comme il faut, mais d’une façon ou d’une autre, tout se termine toujours bien. Imperturbable, comme si de rien n’était, il réussit par exemple, à trois mètre des écueils contre lesquels la mer déchaînée menace de le fracasser, à vider le réservoir d’essence endommagé dans lequel de l’eau a pénétré et à le remplir sans couper le moteur. Et au besoin, il faut en même temps du café dessus. Ou alors, il parvient avec une maîtrise inégalable à faire redémarrer sa voiture en panne en fixant de façon improbable un petit morceau de bois qui se trouve par hasard sur la route, – mais seulement jusqu’à la prochaine panne qui ne manquera pas d’arriver. Car les réparations définitives lui font horreur, et à ce compte-là, il préférera se passer de voiture.
Et rien de tout cela ne le choque. Il vous regarderait avec étonnement si vous vous avisiez de lui dire que ce n’est pas vraiment comme ça qu’on se sert d’un moteur ou de quelque instrument technique spécialisé que ce soit. Il protesterait même énergiquement : pour lui au contraire, l’essence de la technique réside justement dans le fait que ce qui est cassé fonctionne. Et il est vrai qu’il maîtrise le maniement de la machine en passe bien au-delà de toute technique. Par sa présence d’esprit et son habileté de bricoleur, face au danger, c’est souvent précisément dans la panne qu’il trouve le moyen de se tirer avantageusement d’affaire, avec une ridicule facilité ; et en cela il ressemble par bien des aspects à l’Américain. Mais il a pour lui l’inventivité supérieure des enfants, et comme aux enfants, tout lui réussit et le hasard le sert toujours.
En revanche, tout ce qui est intact, ce qui marche pour ainsi dire tout seul, l’inquiète au fond, car c’est justement parce que ça marche tout seulque l’on ne peut finalement jamais savoir comment et où ça va aller. Certes, lorsqu’à l’essai, la chose marche vraiment, et de surcroît à peu près comme prévu, il tombe dans une extase donnant généralement dans le patriotique – « Evviva l’Italia !! » – tout enclin à se voir, lui et son pays, à la pointe de tous les peuples de la civilisation. Mais il n’est jamais sûr de ce genre de chimères, et même dans le train de Castellammare à Naples, dont on pourrait se dire qu’au bout d’un demi-siècle d’existence, il finit par faire partie du monde profane, il arrive qu’on ne sache pas, jusqu’à la dernière seconde, où il va vraiment aller. C’était du moins la philosophie du chef de gare, telle qu’il me l’exposa lorsque je l’interrogeai à ce sujet. En dernier ressort, il n’y a rien à faire, ce qui est intact fonctionne, c’est comme ça, ce n’est pas un exploit particulier, c’est un cas de force majeure*, et les voies de Dieu sont impénétrables. En tout cas, le remède à l’enchantement, c’est que l’objet casse. C’est pourquoi, dans la mesure du possible, cela arrive vite et peut-être plus fréquemment que nécessaire, même aux yeux d’un homme prudent. Il est possible que cela ait un rapport avec le climat, mais quoi qu’il en soit, ça ne fait pas de mal, car c’est bien la seule manière de se dire que ça remarchera un jour.
Ce qui en revanche pourrait s’avérer dangereux, ce sont des éléments comme l’électricité par exemple, qu’on ne peut casser à proprement parler et dont on ne peut savoir à cent pour cent s’ils sont vraiment de ce monde. Mais c’est là que Naples nous offre le lieu qu’il faut. Ce genre d’être spirituels, dont l’énigme reste entière, se fond sans problème avec la gloire des puissances religieuses, et la festive ampoule Osram fraternise dans les tableaux sacrés napolitains avec la couronne et l’auréole resplendissantes de la Madone, à la grande fascination de l’âme qui la vénère. Inversement, on aura du mal à trouver à Naples quelque chose de plus lamentable que l’utilisation appropriée et profane de l’électricité. C’est une compassion véritablement cosmique qui vous étreint le cœur à la vue de la misérable ampoule qui pendouille mélancoliquement du plafond, pétrie d’ennui mortel dans une obstination vaine, raillée ou oubliée par tout le monde. Et la loi impitoyable qui veut que le tramway soit privé de courantun jour sur deux demeure insondable. « La corrente non c’è ? », telle est la sobre formule pour désigner ce décret céleste. Possible que le téléphone marcherait assez bien, si seulement les numéros n’en faisaient pas qu’à leur tête et si l’annuaire officiel, ou du moins les renseignements, étaient initiés au secrets de ces chiffres. Mais quoi qu’il en soit dans le détail, à Naples tout ceci ne fait plus partie du seul domaine de la technique.
La technique, en effet, ne commence véritablement que là où l’homme oppose son veto à l’automatisme hostile et verrouillé des créatures-machines et intervient lui-même dans leur monde. Mais ce faisant, il s’avère supérieur, et de loin, à la loi de la technique. Car s’il s’approprie la maîtrise des machines, c’est moins en apprenant leur maniement réglementaire qu’en y découvrant son propre corps. Il commences certes par détruire la fausse magie hostile à l’homme du fonctionnement intact de la machine, mais dans un deuxième temps, il s’installe, souverain, dans l’âme simple du monstre démasqué, et se réjouit de s’être réellement incorporé sa possession pour la dominer intégralement, dans une utopie de toute-puissance existentielle. Il ne veut plus rien savoir des prétentions techniques de son instrument asservi, d’un regard incorruptible il a percé à jour le faux-semblant de sa pure apparence ; un petit morceau de bois ou un torchon font aussi bien l’affaire. Bien entendu, la violence de l’incorporé doit faire ses preuves d’heure en heure, dans le choc victorieux. Avec une fougue effarante, le Napolitain s’élance au volant de sa voiture, et si rien n’est fracassé, le mur qui longe la rue, un chariot tiré par un âne, voire sa propre machine, alors tout ça n’avait aucun sens. Ce qu’on possède, il faut aussi le malmener, sinon on n’en profite pas, il faut l’user jusqu’à la corde et s’en délecter, pour ainsi dire l’engloutir et le dévorer. Cependant la Napolitain traite sa machine avec bienveillance, avec un rien de brutalité, tout comme son âne.
N’étant plus liée d’aucune façon aux objectifs de ses usages, la technique subit ici les diversions les plus curieuses et s’inscrit avec des effets aussi surprenants qu’évidents dans un terrain vital qui lui est complètement étranger. S’il n’est certainement pas dans l’intention de l’ampoule Osram de prêter leur auréole aux madones, si un moteur de deux-roues n’a pas vu le jour pour être libéré des contraintes d’une moto fracassée afin de fouetter la crème dans un pot grâce à son mouvement rotatif, autour d’un axe légèrement décentré, la technique moderne apporte néanmoins, sur ces modes insoupçonnés, la parade la plus parfaite aux exercices de ce XVIIe siècle qui survit d’étrange façon avec le tramway électrique et le téléphone ; et c’est ainsi que toute cette vie dispose librement de la technique moderne, alors que celle-ci en est la toile de fond de la manière la plus involontaire. Ici, les mécanismes ne peuvent pas former le continuum civilisateur auquel ils sont destinés ; Naples leur dévisse la tête.
Au bout du compte, il en va ici de la technique moderne comme de ces deux rails abandonnés du monde entier, descendant tout rouillés les rues du Monte Santo. Les cris guerriers qui accompagnent les projets audacieux pour lesquels, on ne sait pas quant, les rails se sont retrouvés là, sont éteints et oubliés depuis longtemps. En revanche, l’eau qui circule dans les canalisations gicle d’un tuyau égaré dans la bouche des enfants des rue jubilants, avec une puissance de fonctionnement incomparable, et tout le voisinage se réjouit de cette source providentielle. C’est ainsi que se rejoignent dans cette ville les instruments spécialisés les plus compliqués de la technique pour les usages les plus simples et que personne encore n’avait imaginés. Pour qu’ils rendent involontairement de tels services, ils ont été complètement remodelés ; quant à remplir leur fonction véritable, ils y échouent systématiquement.
Technische Vorrichtungen sind in Neapel grundsätzlich kaputt : nur ausnahmsweise und dank einem befremdlichen Zufall kommt auch Intaktes vor. Mit der Zeit gewinnt man den Eindruck, daß alles schon in kaputtem Zustande hergestellt werde. Wir sprechen hier nicht von den Türklinken etwa, welche in Neapel noch zu den mythischen Wesen zählen und nur zu symbolischer Repräsentation an den Türen angebracht sin.d ; das hängt damit zusammen, daß dort die Türen überhaupt bloß dazu da sind, offen zu stehen und, wenn sie von einem Luftzug mal zugeworfen werden, mit entsetztem Kreischen und am ganzen Leibe zitternd wieder aufzugehen. (Neapel mit geschlossenen Türen, das wäre wie Berlin ohne Hausdächer.) Sondern von richtigen maschinellen Einrichtungen und dergleichen Apparaten ist die Rede. Aber nicht daß diese nun darum, weil sie kaputt sind, etwa nicht funktionieren, sondern beim Neapolitaner fängt das Funktionieren gerade erst da an, wo etwas kaputt ist. Er geht mit einem Motorboot aufs offene Meer, sogar bei heftigem Wind, in das wir kaum den Fuß zu setzen wagten. Und es geht zwar niemals, wie es gehen sollte, aber so oder so doch immer gut. Mit unerschitterlicher Selbstverständlichkeit bringt er es, drei Meter von den Klippen, an denen ihn die wilde Brandung zu zerschmettern droht, zum Beispiel fertig, den beschädigten Benzinbehälter, in den das Wasser eingedrungen ist, abzulassen und neu zu füllen, ohne den Motor auszusetzen. Wenn nötig, kocht er gleichzeitig auf der Maschine noch Kaffee. Oder es gelingt ihm in unübertrefflicher Meisterschaft, sein defektes Auto durch das ungeahnte Anbringen eines kleinen Holzstücks, das sich von ungefähr auf der Straße findet, wieder in Gang zu bringen, – allerdings nur, bis es bald und mit Sicherheit wieder kaputt geht. Denn endgültige Reparaturen sind ihm ein Greuel, da verzichtet er schon lieber auf das ganze Auto.
Dabei fällt ihm auch weiter nichts auf. Er würde einen erstaunt angucken, wenn man ihm sagen wollte, daß dieses nicht eigentlich die Art sei, sich eines Motors oder überhaupt der technischen Zweckinstrumente zu bedienen. Er würde sogar energisch widersprechen : für ihn liegt vielmehr das Wesen der Technik im Funktionieren des Kaputten. Und in der Behandlung defekter Maschinen ist er allerdings souverän und über alle Technik weit hinaus. In seiner bastelnden, stets geistesgegenwärtigen Geschicklichkeit, mit der er vor einer Gefahr oft grade aus dem Defekt lächerlich einfach den rettenden Vorteil schlägt, hat er in der Tat manches mit dem Amerikaner gemein. Aber es ist bei ihm der höhere Erfindungsreichtum der Kinder, und wie die Kinder hat er in allem Glück, und wie den Kindem kommt ihm der Zufall immer zustatten.
Das Intakte dagegen, das sozusagen von selber geht, ist ihm im Grunde unheimlich, denn grade weil es von selber geht, kann man letztlich nie wissen, wie und wohin es gehen wird. Er gerät ja zwar, wenn die Sache bei der Erprobung tatsächlich und sogar ungefähr, wie man es dachte, funktioniert, in eine, meist patriotisch gerichtete, Verzückung – »Evviva t!talia!!« – und ist leicht geneigt, sich und sein Land schon an der Spitze der Zivilisation aller Völker zu sehen. Aber ganz ” sicher ist er solcher Unwesen nie, und selbst bei der Eisenbahn von Castellammare nach Neapel, welche doch im Laufe ihres halben Jahrhunderts allmählich profan geworden sein dürfte, kann man hin und wieder bis zur letzten Minute nicht wissen, wo sie wirklich hinfahren wird. So wenigstens lautete die Philosophie des Bahnhofsvorstehers, die er auf mein Befragen äußerte. Man kann da letztlich nichts machen, das Intakte funktioniert eben, das ist von ihm auch nicht einmal eine besondere Leistung, – force majeure, und Gottes Wege sind unerforschlich. Der Verzauberung ist auf alle Fälle damit abgeholfen, daß die Sache kaputt geht. Wo sich das irgend bewerkstelligen läßt, geschieht es deshalb schnell und sogar häufiger, als selbst der vorsichtige Mann es für nötig hält. Das mag wohl mit dem Klima zusammenhängen, jedenfalls schadet es nichts, denn nur so ist daran zu denken, daß die Sache mal wieder funktionieren wird.
Gefährlich könnten dagegen hier Elemente werden, welche, wie die Elektrizität, nicht eigentlich kaputt zu machen sind und bei denen auch nicht einwandfrei festzustellen ist, ob sie wirklich von dieser Welt stammen. Dafür aber hält Neapel seinen Ort bereit Solche unenträtselt spirituale Wesen fließen unbedenklich mit der Glorie der religiösen Mächte zusammen, und die festliche Osrambirne verschwistert sich im neapolitanischen Heiligenbild mit der Strahlenkron5 ! der Madonna zur Faszination der ehrfürchtigen Seele. Hingegen wird man schwerlich Kläglicheres finden als die eigentlichen, profanen Nutzanwendungen der Elektrizität in Neapel. Schlechterdings kosmisches Mitleid greift einem ans Herz angesichts der jämmerlichen Glühbirne, welche in todesmatter Trübsal melancholisch an der Decke baumelt, in ihrem hoffnungslosen Ausharren von aller Welt verspottet oder vergessen. Auch ist das unerbittliche Gesetz noch immer unergründet, nach welchem der Straßenbahn alle paar Tage der Strom ausgeht ; »la corrente non c’e« lautet die schlichte Formel für diese Fügung des Himmels. Möglich, daß vielleicht das Telephon recht gut funktionieren würde, wenn da die Nummern nicht ihre eigenen Wege gingen und das amtliche Register oder doch die Auskunftsstellen des Geheimnisses dieser Zahlen teilhaftig wären. Doch wie dem im einzelnen auch sei, das alles gehört in Neapel nicht mehr ins Gebiet bloßer Technik.
Die Technik beginnt vielmehr eigentlich erst da, wo der Mensch sein Veto gegen den feindlichen und verschlossenen Automatismus der Maschinenwesen e inlegt und selber in ihre Welt einspringt. Dabei erweist er sich allerdings dem Gesetze der Technik um Spannen überlegen. Denn er eignet sich die Führung der Maschinen nicht so sehr dadurch an, daß er ihre vorschriftsmäßige Handhabung erlernt, als indem er den eigenen Leib darin entdeckt. Zerstört er dazu zwar zunächst die menschenfeindliche falsche Magie intakten maschinellen Funktionierens, so installiert er sich jedoch alsdann souverän in des entlarvten Ungeheuers einfältiger Seele und freut sich des wahrhaft einverleibten Besitzes zum unumschränkten Herrenturn utopischer Daseins-Allmacht. Auf die technischen Anmaßungen seines leibeigenen Instruments läßt er “sich nicht mehr ein, diesen Schein und Trug seiner bloßen Erscheinung hat er mit unbestechlichem Blicke . durchschaut ; ein Stückchen Holz oder ein Lappen tut’s auch. Aber freilich muß sich die Gewalt des Einverleibten im sieghaften Anprall stündlich bewähren. In beängstigender Verve jagt er mit seinem Auto drauflos, und wenn dabei nicht irgend etwas in Trümmer geht, die Straßenmauer oder ein Eselkarren oder die eigene Maschine, so hat die ganze Autofahrerei keinen Sinn gehabt. Ein richtiges Eigentum muß eben auch geschunden werden, sonst hat man nichts davon, es muß bis auf den letzten Stumpf gebraucht und ausgekostet, gleichsam vertilgt und aufgefressen werden. Doch ist im ganzen das Verhältnis des Neapolitaners zu seiner Maschine gutmütig, nur etwas brutal ; gerade wie zu seinem Esel.
An die vorgeschriebenen Zweckverwendungen in keiner Weise mehr gebunden, erfährt die Technik hier die sonderbarsten Ablenkungen und geht mit ebenso überraschenden wie evidenten Wirksamkeiten in einen ihr völlig fremden Lebensgrund ein. Wiewohl es gewiß nicht die Absicht der Osrambirne ist, Madonnen ihre Glorie zu leihen, noch auch ein Radmotor das Licht der Welt dazu erblickte, aus den Zwängen des zerschmetterten Motorrads gelöst mit seinen um eine leicht exzentrische Achse wirbelnden Drehungen in einem Topf die Sahne zu schlagen, leistet die moderne Technik auf solche ungeahnte Weisen den übungen dieses mit elektrischer Straßenbahn und Telephon seltsam überlebenden 17. Jahrhunderts die ausgezeichnetste Hilfestellung und dient so überall der Freiheit dieses Leben über sie aufs unfreiwilligste noch zur Folie. Die Mechanismen können hier das zivilisatorische Kontinuum nicht bilden, zu dem sie ausersehen ; Neapel dreht ihnen das Gesieht auf den Rücken.
Der modernen Technik geht’s hier im ganzen letztlich wie jenem weltverlorenen Schienenpaar, welches einsam und verrostet den Monte Santo die Straßen hinunterläuft. Das Feldgeschrei der kühnen Pläne, zu denen es, man weiß nicht wann, hierher verschlagen wurde, ist längst verklungen und vergessen. Mit beispielloser Kraft des Funktionierens aber spritzt es den jubelnden Straßenkindern das Wasser, welches aus irgendeiner verirrten Leitung durch seine Rohre fließt, zu seligem Ergötzen in den Mund, und die ganze Nachbarschaft erfreut sich dieser hochwillkommenen Quelle. So etwa vereinigen sich in dieser Stadt die kompliziertesten Zweckinstrumente der Technik zu einfachster, doch nie erträumter Verrichtung. Zu der unfreiwilligen Stiftung solchen Nutzens sind sie vollendet umgemodelt, zu ihren eigentlichen Zwecken versagen sie konsequent.
Cf. L’exotisation / érotisation de Benjamin/Lacis sur Naples. Le Napolitain comme enfant des rues, primitif de la modernité (porosité privé/public, individu/communauté, syncrétisme sacré naïf/profane), symptôme (excès ou « reste ») de la marchandise (cf. flaneur, chiffonnier).