Décrivant un de ces recueils de questions disputées à l’université de Paris à la fin du XIIIe siècle, B. Hauréau estimait (en 1896) qu’il ne pouvait « énoncer » le titre de certaines « même en latin » – P. Duhem ajoutant : « Encore le titre de la question, bien souvent, donne-t-il à peine un avant-goût de la grossière obscénité avec laquelle elle est discutée » (Le Système du monde [1re éd., 1913], Paris, Hermann, 1973, t. VI, p. 540). Il ne faut cependant pas tout confondre. La question sur les limites de l’omniscience divine (Dieu pourrait-il savoir plus de choses qu’il n’en sait ?) est une question de théologie spéculative, issue des Sentences de Pierre Lombard, qui appelle un certain nombre de décisions philosophiques sur l’infini, la différence entre savoir et connaître, le statut épistémologique de la prescience – toutes questions auxquelles les réponses d’un Ockham (Ordinatio, distinction 39) confèrent, à elles seules, une légitimité conceptuelle. Ce que Duhem appelle une « philosophie de pourceaux » couvre, en revanche, un autre type de questions : les questions quodlibétales consacrées à des sujets « médicaux » (généralement tirés des écrits d’Aristote Sur les animaux) – autre domaine, autre légitimité. C’est le cas du ms. Paris, Nat. lat. 16089, dont parle Hauréau, ou du ms. Todi, Biblioteca communale 54 : malgré la licence accordée au quodlibet (ce qu’on appellerait aujourd’hui le « n’importe quoi »), ces questions ont leur logique. Le ms. de Todi, f° 57va‑b, par exemple, contient deux séries de problèmes : la première (A) commandée par comment et d’où viennent les cheveux ?, la seconde (B) par pourquoi les femmes n’ont-elles pas de barbe ? Cette logique du poil (où s’origine peut-être l’expression « couper les cheveux en quatre ») est une logique du vivant qui suit un strict programme naturaliste et aristotélicien : (A) pourquoi les cheveux sont-ils ronds ? Pourquoi les poils ne cessent-ils jamais de pousser ? pourquoi poussent-ils droit ? Pourquoi ont-ils diverses couleurs ? Pourquoi devient-on chauve et pourquoi davantage sur la partie antérieure du crâne ? Pourquoi les cheveux de certains blanchissent-ils avec l’âge ? Pourquoi certains ont-ils les tempes grisonnantes dès l’adolescence ? Que signifie la quantité des poils formant les sourcils ? et leur qualité ? (B) Pourquoi les femmes ont-elles plus d’appétit sexuel après une maternité qu’avant ? Pourquoi ont-elles des règles et pas les hommes ? Avec quoi nourrissent-elles les enfants qu’elles portent dans l’utérus ? Quels sont les moyens anticonceptionnels ? sont-ils nombreux ? Pourquoi un homme qui couche avec un lépreux attrape-t-il la lèpre mais pas une femme ? Pourquoi un enfant né au huitième mois ne peut-il vivre alors qu’un enfant né au septième ou au neuvième le peut ? Par quel orifice sortent les menstrues ?… Le même intérêt pour les capacités sexuelles des mères de famille, voire un intérêt pour la sexualité tout court, se retrouve dans le ms. 16089 de Paris : Tous les spermes sont-ils blancs ? Une putain peut-elle devenir mère ? Les hommes roux sont-ils fidèles ? Les cheveux blancs sont-ils un signe de luxure ? Peut-on émettre du sperme en dormant ? Est-il opportun qu’un idiot prenne femme ? Un homme au sexe bifide peut-il engendrer ? Une femme enceinte prend-elle plus de plaisir en faisant l’amour ? La pudeur est-elle indispensable à la reproduction ?… Vient enfin la vraie question, qui n’eût pas déparé Le Nom de la rose et qui donne son plein éclairage à ce filet de curiosité : les sages doivent-ils rire davantage que les idiots ?
Citations
La situation hégémonique des armateurs de Phocée les poussa à la démesure, tant qu’ils évoluaient du médiocre commerce intérieur vers l’acquisition de marchandises venues d’univers nouveaux, leur personnalité s’était modifiée, ils avaient entre leurs mains la chose la plus précieuse, jadis monopole des rois, le métal, et celui qui le gérait avait les moyens de dominer l’État. Mais plus leurs sources s’avéraient inépuisables, plus il s’attachaient à souligner la grâce que leur réservaient les dieux. Eux qui ne faisaient aucun cadeau se vantaient des dons que leur avaient faits les dieux. D’avoir pour guides les divinités les encouragea peut-être au début, mais plus les richesses se concrétisaient, devenaient chiffrables, plus ils surent apprécier matériellement les forces liées au pouvoir, le sublime fut subordonné à leur sens pratique, pour finir ils s’associèrent aux divinités uniquement sur les pièces de monnaie sur lesquelles ils firent graver leur portrait. C’était l’aboutissement parfait de la parabole sur la transmission de la toute-puissance, celui qui possédait les monnaies était également le représentant de la volonté divine. On pouvait désormais déterminer avec précision le niveau des faveurs accordées, la notion de divinité se convertissait en or, en argent, se pesait, rassemblée dans des bourses, des sacs, des coffres-forts. Sachant que les biens ne revenaient pas aux démons mais à ceux qui s’en étaient emparés par la force, en répandant la terreur, et sachant aussi que la magie appartenait encore au royaume des esprits, ils associèrent le concret aux mystères de l’insondable. Si bien qu’à la naissance de l’économie monétaire restèrent liées la croyance au sacré, la vénération des donateurs invisibles – détournant ainsi l’attention du principe de l’exploitation et de l’oppression. Le capitalisme vint des temples, consacré par les formules magiques et les flammes des sacrifices. Les plus célèbres représentations des créatures de l’Olympe ne furent réalisées qu’après la création des banques, le début des spéculations mondiales : jusqu’à nos jours ce furent Athéna et Zeus qui présidèrent les conseils d’administration.
rolling in off the sea
for the first time
no kind of emotion
waiting around
despite tinted eyeglasses
his muscular hindquarters
didn’t fit
the leather seat
keeping him glowing
to heat the room
would accelerate decay
worshipping the wrong god
when they started
dying wasn’t so much
after a little combing
and the max ration
there were no abstentions
from darkness to darkness
against the rectangular opening
in the deserted street a
slip of paper
gripped my hand
but the wide swathe around it
could only come from a wet brain
punched into the snow
as consciousness came back
there was a couch
a substitute body of mine
Des pantalons de yoga en plastique recyclé, Tik Tok, et le complexe militaro-industriel ; on en était là, c’est-à-dire nulle part, même pas en nous-mêmes. On s’était mépris quant au commencement du monde. L’Éden n’était pas sur terre mais dans les plaines célestes, et bien qu’effectivement tenté⋅e⋅s par le fruit défendu, Adam et Ève s’étaient aussi mépris sur la nature du fruit. La pomme ne conférait pas la sagesse. C’était le seul fruit du paradis qui, une fois dégusté, ne se dissolvait pas. Pourtant, chez ce premier couple humain, la faim et les intestins étaient illicites dans un paradis dépourvu de toilettes. Un ange leur désigna ce qu’il prétendait être les latrines de l’univers et leur promit, une fois la pomme ingérée, de les y emmener. Adam et Ève mangèrent, puis chevauchèrent les ailes de l’ange jusqu’aux chiottes promises. Plus tard, alors que nos deux ancêtres faisaient leurs besoins, l’ange s’envola, les abandonnant à leur sort loin du paradis. Les toilettes, c’était la terre. Et c’est de ce premier couple – les excrémentalistes – que, sans exception, nous descendons.
Une fois le fruit défendu absorbé, tout ce que les premiers humains seraient amenés à consommer se transformerait en merde : les entrailles tendres des mollusques, la chair sanglante du sanglier, les céréales réduites en bouillie, le lait des ongulés, les baies de ronciers. Les premiers enfants, Caïn et Abel, furent à leur naissance plongés dans un liquide teinté de leurs propres déjections. Ces déjections, appelées meconium, se formaient dans chaque fœtus humain à partir de la douzième semaine de gestation, au moment où le lit des ongles se couvre d’ongles et où émergent les organes sexuels. Le triumvirat de la folie humaine – chier, baiser, se battre – parvenait ainsi à son stade embryonnaire dans chaque fœtus au même instant, et c’est toujours le cas aujourd’hui. Pleins de merde, en ingérant parfois avant même de prendre leur premier souffle, tous les rejetons de cette première paire naquirent, eux aussi, mêlés aux déjections de leur mère – la vie humaine émergeant toujours du même endroit que la merde.
Sans surprise, encomium – terme ancien désignant un discours flatteur – est une anagramme de meconium – le tas de merde dont nous sommes chargé⋅e⋅s à la naissance. Les plus illustres de notre espèce furent excrémentalistes. Lao Tseu, Socrate, Gertrude Stein ; commis aux étrons ! Les saints et les saintes sans nom, et les rebelles ? Des complices et acolytes de la merde ! Les plus nobles d’entre ne furent jamais que des tas de merde, naquirent parmi la merde, et chient la plupart des jours de leur vie. Les misérables et les médiocres également. Il y en a peu dans l’histoire qui jamais ne chièrent, subsistant temporairement, comme les Anciens Israélites, sur ce pain des anges qu’on appelle la « manne » ; consommant uniquement de l’opium ; ou refusant tout simplement, par lassitude devant ce monde de merde, de s’alimenter. Il n’y a guère que les hérétiques pour croire que Jésus lui-même – avant ou après la résurrection – fut capable de sauver l’humanité sans s’accroupir une seule fois. Il n’est pas jusqu’à la Sainte-Cène qui, probablement, ne voyagea par quelque intestin. Qui croit Dieu et la merde incompatibles n’a qu’une maigre compréhension des deux.
Truelles, trous, hygiène des mains : le traitement de nos déjections a ses technologies. Certains de nos décrets les ont prises pour objet. Merdes de la haute, merdes de la basse société ; toutes se confondent dans les caniveaux et les stations d’épuration, les décharges et les tas d’ordures, les cours d’eau principaux comme secondaires. Nous avons construit des bains-douches pour nous nettoyer, dont l’eau était parfois chauffée avec des pages arrachées aux livres de nos grandes bibliothèques. Il y a eu les bidets, les toilettes extérieures, les toilettes sèches, les toilettes à chasse d’eau, les WC, les urinoirs et les trous creusés à la bêche. Je ne sais pas de livre, quels que soient les fulgurants éclairages qu’il renferme, qui soit à l’abri d’un destin de papier toilette.
Une fois chez nous dans notre maison terrienne – ce trône terrestre, les toilettes du mégacosme – ce n’est pas seulement la nourriture que notre espèce mangeait qui se transformait en déchets : tout ce que nous touchions semblait faire de même. Nous naquîmes si vulnérables, si capables et dignes d’adoration, et nous le restâmes si souvent tout au long de notre vie, que nous compensâmes notre faiblesse constitutive en acquérant pour nous et pour qui nous aimions les substances de la terre, non seulement à sa surface, mais au plus profond de ses ravines. Nos industries ont digéré toute la terre comme nous avons digéré notre nourriture. Nous avons extrait, foré, récolté, abattu et confectionné, jusqu’à pouvoir reboucher complètement, avec les déchets produits par le produit de nos trous, les trous que nous avions creusés. Aujourd’hui encore, ce projet – qui consiste à ne rien laisser passer sans être touché par les mains humaines, sans être vu par les yeux humains, ou sans être dévoré et digéré par la cupidité gargantuesque du premier couple déchu débarqué dans ses toilettes terrestres – se poursuit.
Les rejetons maudits des premiers excrémentalistes ont toujours désiré, comme un papillon de nuit désire une étoile, soumettre la terre à la manufacture. Dans les mains de notre espèce, la neige devient bonhomme de neige. Les fleurs deviennent couronnes. Le mouton devient peau de mouton. Les filons d’or de la planète finissent en chaîne autour du cou d’un riche. Et puis, l’un d’entre nous a signé un urinoir – l’apogée de nos arts. Nous avons plus souvent donné les formes du déchet à notre art que nous ne lui avons donné les formes de la vie, qui ne semblait elle-même, pour l’essentiel, qu’un déchet en attente. Avant la conception, c’était l’heure de la pré-chiure, et après la mort, le post-crépuscule de l’ordure.
À mesure que notre espèce progressait en nombre et en sophistication, nos déchets devinrent plus nocifs que des excréments, et plus durables – barres de combustible usagé, poubelles à couches-culottes, émissions de carbone, glyphosates, nano-particules de plastique. Nous avons créé des ruines et édifié sur ces ruines des ruines à venir, et sur celles-ci encore d’autres ruines à venir. Les oiseaux chanteurs vinrent s’écraser contre les fenêtres de nos tours. Les biches s’explosèrent le cou contre le capot de nos voitures. Et les autres animaux s’étranglèrent avec nos languettes d’aluminium, s’étouffèrent dans nos emballages en plastique, se retrouvant sans ressources et sans repères tandis que leurs habitats se changeaient en mines et parkings à ciel ouvert. Il n’était de cruauté qu’on ne sache façonner dans le matériel terrestre:– notre merde était mortelle et complexe.
Le philosophe antique Héraclite, qui savait qu’il ne pouvait pas se baigner deux fois dans le même fleuve, est mort à la manière de celui qui avait mangé le vrai fruit de la sagesse, par la faute duquel nous chutâmes dans cette fosse d’aisance qu’est la terre :
« …il était allé se coucher au soleil et avait ordonné à des enfants de le couvrir de fiente de bœuf ; le lendemain on le trouva mort dans cette position et on l’enterra sur la place publique. Néanthe de Cyzique rapporte qu’il ne put se débarrasser du fumier et que, rendu méconnaissable par les ordures qui le couvraient, il fut dévoré par des chiens. »
« Ô plante sacrée, sage et qui prodigue la sagesse », murmura le premier tentateur devant l’Ève de Milton, et notre propre Ève – n’ayant besoin d’aucun serpent – a probablement murmuré la même chose à l’arbre de la corporéité. Les vers à soie font de la soie avec de la salive ; c’est de la même manière, déclara Karl Marx, que Milton a fait le Paradis perdu. Chaque épopée de la chute – aussi étrange et éblouissante soit-elle – témoigne de l’excrétion sans fin de notre espèce, car ce n’est pas seulement de la merde que nous avons appris à excréter en mangeant notre fruit défendu, ce sont tous nos orifices – pores, narines, yeux, organes génitaux – qui sont devenus des réservoirs de déchets, chacun ayant une viscosité et une finalité distinctes.
Ayant été condamné⋅e⋅s à vivre dans les toilettes du cosmos, « merde » ou ses variantes est un mot qui tombe facilement de nos bouches. Lorsqu’on nous attrape en flagrant délit, lorsque nous nous cassons une cheville, lorsque nous déclenchons une mine, ou lorsque nous plantons la camionnette, nous lâchons un « merde ! » et sa myriade de synonymes multilingues. Il est possible que « merde » soit l’une des dernières paroles les plus populaires parmi notre espèce, se disputant la première place avec « dieu ».
Comme nous naissons, nous mourons, et bien que le sort de nos âmes demeure incertain, nos cadavres finissent par devenir – comme le Paradis perdu lui-même, et aussi le Paradis retrouvé – une excrétion véreuse de plus. Et lorsque nous avons trop de quoi que ce soit – trop de problèmes, trop de couvercles en plastique, trop de chagrins, trop de longues heures au compteur et de journées difficiles au calendrier – nous contemplons ce trop, vexé⋅e⋅s et fourbu⋅e⋅s, et nous nous disons à nous-mêmes ou à qui nous entend : J’en peux plus de toute cette merde !
Ainsi, déclarer qu’une année entière fut de la merde – comme beaucoup d’entre nous l’ont fait en 2020 – s’apparente à un acte de lucidité, car déclarer une année « année de merde », c’est pour les humains la déclarer, avec une candeur pure, conséquence logique de nous-mêmes.
Consider the category of desire that is the desire to make a stony expression break. Think of those humans who are attractive for the primary reason of how the presentation of their face and body is impenetrable or brooding or fierce or impassive with brooding fierceness. This category of desire is simple, slightly mechanistic : to penetrate the brooding, fierce, impassive, impenetrable presentation.
There are several ways to make a stony expression break. These include to enrage, to surprise, to humiliate, to sadden, and to give pleasure. The experts at impassive expression, however, are not so vulnerable to sadness, rage, or humiliation : it is precisely these expressions that they have practiced steel looks against over many years, testing their own faces always against their own afflictions. For every affliction they endure they might think « And how may I use this affliction to sharpen my appearance of impassivity ? » For what, they conclude, is a humiliation if the humiliator does not succeed in casting down the eyes downward ? And what is sadness with no tears ? Or rage with no flashing eyes ? Those humans who are attractive for the primary reason of the impenetrable presentation of their face are attractive for the rigor with which they self-cultivate their impenetrability. The experts at facial impassivity are the hard scientists of themselves.
Surprise, while effective at making the unbroken expression break, is difficult to achieve in this population. It takes practiced unpredictability to surprise the expert of the unrelentingly unmoved face. The surprised look, however, is a moment of intense satisfaction for those who have the occasion to witness it. In a stony face surprise is something like a rock slide––or if an exceptional example, as if a cliff face falls––and revealed by this fall is an entirely new landscape of unimaginable charm and elasticity, one that practically bounds with itself : meadows, flowers, small animals, clear lakes ruffled by soft breezes.
Of all the reasons to test against a hard face, to watch it express its own pleasure is the most compelling. Emily Dickinson described it : « It is a Vesuvian face. Had let its pleasure through. » It is no mistake that Dickinson imagined the « pleasure through » to be of the kind that could eviscerate cities. This expression of pleasure, when let through this kind of face, has no small effect : it is exactly, too, like Dickinson suggests in the same poem, the firing of a gun : whatever is a not-nothing is the not-nothing of this event, which is really undeniably something, like any form of explosion. To achieve a look of pleasure in a face which has practiced itself against expressing open delight is always an historic accomplishment in the history of desires and faces.
This desire––to delight the undelighted face––can compel an ambitious person to attempt to cause another pleasure for years. « Might I break open their face with pleasure ? » the ambitious appreciator of undoing impassive face asks, and failing, tries again, and failing, tries again, employing every weapon in the arsenal of interpersonal pleasures, until one day, if they are lucky, the pleasure in the unpleased face is revealed.
When the pleasure arrives (as if a gun shot, volcano, dynamited urban structure, star which has imploded) it is unsurprising if an entire city must be devastated into a monument of that very moment, all things frozen under ash, lovers curled together, infants in mothers’ arms, bathers eternally in baths––all necessarily sacrificed to memorialize a moment when she or he or they who often appears beyond pleasure displays, in his or her or their face, a look of it.
to effect a number of rapid changes on an already rapidly changing face
The impassive face has its rival : the face that can never hold still. The face is kinetic, elastic, morphologically indistinct, blooming like fractals, the curse of digital photographers and bio-informationists who must try to fix, in data, what is in its very form unfixable. This face provides an onrush of information which comes so quickly it almost evades processing : this face is prolific, a human comedy of feeling––any one hour of reading this face means one can read a Balzac’s worth of novels, also witness a projected record of the generic legacy of the human race (and beyond that, the pre-human ones), also witness an ardent record of feeling in a bathetic leaping from the grotesque to the precious to the sublime and whatever chimerical expression of feeling results from quick leaps from one feeling to the next : the grotesque-delicate, the thoughtful-enraged, the distracted-amused.
These are the faces, which, like the avant-garde literature, must at once create their own texts and their own theories of reading them. For what are these faces without a unique critical infrastructure newly invented to interpret them ? These are the faces easily mistaken for noise, like the sounds of traffic outside the window, so relentless it soon becomes what you can’t hear.
The highly sensitive flashing of these eyes might appear, without sufficiently developed methods of reading, random, aleatory, chaotic. At their extreme, and like any complex thing, such rapidly flashing and elastic and rapidly expressing faces might be mistaken for disorganized.
When they arrive without theory, these faces are a delight to those enthralled with enlightenment methods, who need a lot of things to categorize, who like to impose order, who are besot, like Fourier’s children, with the passion to sort small things into useful piles1. Not accidently, these faces are also of delight to sadists, those sub-sub-enlightenmentarians, who also never forget to bring with them a scalpel. For what could be of more delight to a sadist than a face that in a few minutes can write a dozen very clear books about exquisite and surprising varieties of pain ?
to resolve a face’s contradictions
Do not forget the face that looks like its opposite : the face of a cherubic CEO, or a villainous and sometimes demonic face on a person who it virtuous, or a languid face on a firebrand, or an angry face on a person who is mostly indifferent, or a stupid face on a very bright person, or an ugly face on en attractive person, or some combination of the above––a villainous stupid face on a bright and virtuous person, an ugly cherubic face on a sexy CEO. These faces present those who look upon them with a challenge of interpretation : should you believe the face, or should you believe the condition of personality under the face ? Or, if there is a third option, is any manner of belief about the face only in fact belief about a condition in which the face is opposite to itself ?
These faces are of particular desirability to the suspicious, like Platonists, or fans of the idea of false consciousness, or admirers of Freu. Such a desire-er of faces might want to wash off the accumulation of misleading fleshy evidence that is a person’s face, so as to reveal whatever kind of truer, demystified thing exists under it.
Similarly, these faces attract the humans who like to be righters of wrongs, fighters against injustices, exposers of truths, and seekers of remedies. If I am a mirror enough, the exposer of truth thinks to herself (making her habitual error of thought), the face itself will transform in response to the veracity of my reflection : what is virtuous, if I reflect it, will soon appear with virtue, what is evil will be revealed !
But among the reformers who like these faces, there is another sort of person who might gaze upon these faces with a different interest. These are the rough dialecticians, always looking for the contradiction. How interesting, they think, and what could it mean for history, that a face is wrong for itself in a time in which all is also so wrong. The animals sit forlorn or ride subways in city centers. The water has become poison. The old behave like the young, and the young are too worried to move. Pilotless weapons have the name of birds, so why shouldn’t faces, also, lead away from the facts ? To the lovers of the contradiction, these faces are a perfect account of our time : the poetry of the wrong.
I have often thought that the faces do not reveal the person but rather the conditions in which all things are the opposite of what they appear to be would become most interesting in a death mask. With the personality gone, would the face that was always untrue finally be made the truth ? And what do we do with a contradiction when its only resolution is that half the facts are removed ?
- Fourier believed that the perfect work for very young children was sorting peas : « The thing to be done is to separate the smallest peas for the sweetened ragout, the medium ones for the bacon ragout, and the largest for the soup. The child of thirty-five months first selects the little ones which are the most difficult to pick out ; she sends all the large and medium ones to the next hollow, where the child of thirty months shoves those that seem large to the third hollow, returns the little ones to the first, and drops the medium grains into the basket. The infant of twenty-five months, placed at the third hollow, has an easy task ; he returns some medium grains to the second, and gathers the large ones into his basket. » ↩
It isn’t just that it wasn’t, going unchallenged
or on the level of a line : it was that each one
was from the soul, which was not quite wrenched
which is why discourse is so important
& why I had trouble on my hands.
So which which why why may be unpleasant
much less comforting than bomb bomb thrust thrust
after between & before lesiure which moved me not
that my voice neither my touch neither that
nor my ear led me to your ready persecutors
but that you hammered, and increasingly so,
gathering detractors & detesters to spit & threaten
that you could not take another point of view
that you still return to shout your accusations
into my reverie already troubled ear.
For why cannot you admit that your corruption
was inescapable & that I was not the surrenderable sort
who could so lightly without thought
take your dictum as my obligation
take your force as just, without fear, without condescension ?
Soft, soft, the languish shocked
terrible pitted think & lost
city swtiched semiotic drink
rigid through pale tube, pallor
of the jaundiced eye, soft swum
cinnamon, soft, the languished
suck, a wind bobbing in beauty
drizzled by terrible patterning
institute Taste, rowed behind
closed streets, dark camouflage
on the flanks of the swam,
retreated, untoi sip, heading on
the camps glowing, energetic magpies
perch between parading for food
beneath the arching cave-lamps
soft, soft, the languish shocked
by an empty series of neutral doorways
once again there, oblivious,
regulation parlour, containable situations,
flicks through manual, pincer on number
appropriate, approximate, checks time.
144. L’hypocondrie est une maladie très extraordinaire. Il y a la petite hypocondrie et la noble. C’est à partir de là qu’il faut essayer d’entrer de force dans l’âme. (D’autres maladies mentales.)
369. L’hypocondrie fraye la voie à la connaissance de soi quant au corps, à la maîtrise de soi, l’auto-domination et l’auto-vivification.
393. Hypocondrie absolue. Il faudra que l’hypocondrie devienne un art, une pédagogie.
484. L’hypocondrie est une imagination pathologisante, attachée à la foi en la réalité de ses productions, de ses phantasmes.
Hypochondrie ist eine sehr merckwürdige Kranckheit. Es giebt eine kleine und eine erhabene Hypochondrie. Von hier aus muß man in die Seele einzudringen suchen. (Übrige Gemüthskranckheiten.)
Die Hypochondrie bahnt den Weg zur körperlichen Selbstkenntniß — Selbstbeherrschung — Selbstlebung.
Absolute Hypochondrie – Hypochondrie muß eine Kunst werden — oder Erziehung werden.
Tout ce qui se fait involontairement doit être transformé et se faire volontairement.
Alles Unwillkührliche soll in ein Willkührliches verwandelt werden.
