• Michel Potay ⋅ « Préface » ⋅ La Révélation d’Arès 21 02 18

    Nos esprits doivent culti­ver toute la réa­li­té du fait d’Arès, afin qu’il ne dégé­nère pas en tra­duc­tions intel­lec­tuelles ou idéo­lo­gies, comme ce fut le cas pour tant d’autres faits : par exemple, la croix d’une hor­rible mise àmort deve­nue par l’athéologie,et l’effet d’un inquié­tant lyrisme, la croix idéale, « qui sauve ». Non-sens. Si le fait d’Arès vire à l’idéologie, si ma vie passe au roma­nesque, des constantes aber­rantes suivront.…

  • Michel Potay ⋅ « Préface » ⋅ La Révélation d’Arès 15 02 18

    De plus, Jésus qui m’apparaît n’a pas la fixi­té des visions de l’imagerie. Il va et vient posé­ment ; il se montre de face, de pro­fil, cepen­dant jamais de dos. Ses pieds nus reposent sur le sol, font cra­quer les gra­vats. S’il longe un objet, le frô­le­ment est audible. Je me sou­viens avoir dit ou écrit : « Il aurait pu faire un accroc à sa tunique. » Comme dans le lieu del’apparition les murs béent, les portes sont dégon­dées, les che­veux de Jésus flottent dans le cou­rant d’air gla­cial. Le mois de jan­vier 1974 est froid à Arès. (…) Devant cet homme – car…

  • Michel Potay ⋅ « Préface » ⋅ La Révélation d’Arès 20 02 18

    Jusqu’à mon arri­vée à Arès, où Jésus me sur­prend presque aus­si­tôt, je vivais dans l’œuf clos d’une rési­dence ecclé­sias­tique, haute en murs, étanche au pro­fane, dans le semi-silence des voix com­pas­sées et du frois­se­ment des soutanes.…

  • Michel Potay ⋅ « Préface » ⋅ La Révélation d’Arès 21 02 18

    Quarante fois Jésus va dic­ter son mes­sage jusqu’à la nuit du 12 au 13 avril. Mais ce n’est qu’à par­tir de la dixième veillée que je com­prends que son mes­sage sera peut-être long. L’écritoire impro­vi­sé des pre­miers jours est amé­lio­ré et lais­sé en per­ma­nence sur le lieu. Tout natu­rel­le­ment je donne à chaque dic­tée le nom de veille ou veillée, parce qu’elle a tou­jours lieu la nuit, et dans les mêmes cir­cons­tances. Une voix m’appelle entre 23h et 3h. Invariablement, quand j’arrive sur le lieu de l’apparition, celle-ci m’y pré­cède et attend. Par contre, à l’issue de chaque veille, je…

  • Michel Potay ⋅ « Préface » ⋅ La Révélation d’Arès

    Ce regard « d’homme à homme » a pour moi d’autant plus de prix que je remarque, et que je res­sens avec dou­leur, « quel effort repré­sente pour Jésus d’apparaître en ce monde pour­ri de péché – en com­men­çant par moi – comme l’épreuve de des­cendre dans une fosse infecte. J’avais le sen­ti­ment de puer de l’esprit et qu’il fal­lait vrai­ment beau­coup d’amour pour l’approcher et pour me regar­der ». (…) Jésus se tourne, bouge, remue la tête, les bras, les mains, très posé­ment. Ses sen­ti­ments se tra­duisent plu­tôt « par l’étrange varia­tion de la brillance de l’œil ».…

  • Michel Potay ⋅ « Préface » ⋅ La Révélation d’Arès

    À par­tir d[u] moment [de la révé­la­tion], le pres­tige ecclé­sias­tique me quit­tant, « l’embarras s’organise autour du témoin », dis-je à mes proches en plai­san­tant amèrement.…

  • Michel Potay ⋅ « Liminaire à l’é­di­tion de 1974 » ⋅ La Révélation d’Arès

    Je consta­tai ain­si que pour intro­duire l’essentiel, l’Évangile, dans les esprits reli­gieux les plus éclai­rés il fal­lait pas­ser par leur curio­si­té pour l’accessoire, les cir­cons­tances de sa révé­la­tion et ses consé­quences pra­ti­qurs et secondaires.…

  • Michel Potay ⋅ « Liminaire à l’é­di­tion de 1974 » ⋅ La Révélation d’Arès

    Outre mes dif­fi­cul­tés de dis­cer­ne­ment, il faut bien dire en effet que rien dans ma vie de pécheur ne me ren­dit jamais digne et capable de la mis­sion sublime que Dieu me confie. Rien, ni mérites, ni mêmes dis­po­si­tions spi­ri­tuelles, car, homme de prière, je n’étais pas mys­tique ; pas­teur pug­nace, je n’étais ni doux, ni contem­pla­tif ; témoin de plu­sieurs miracles dans ma vie pas­sée je fus sou­vent incré­dule ; je ne fus jamais inté­res­sé par les annales du sur­na­tu­rel, les récits deré­vé­la­tions et d’apparitions que je jugeais niais, dénués de dyna­mique pas­to­rale et donc inutiles. Je n’étais vrai­ment pas l’homme qui…

  • Michel Potay ⋅ « Liminaire à l’é­di­tion de 1974 » ⋅ La Révélation d’Arès

    Le Christ que je vis n’était pas un esprit, mais une per­sonne bien en volume et cer­tai­ne­ment pesante, car je sen­tis la lour­deur de son bras quand il posa sa main sur ma tête. Quand il m’oignit les lèvres je dis­tin­guai les sillons de la peau des pha­lan­gettes et les ongles normaux.…

  • Michel Potay ⋅ « Liminaire à l’é­di­tion de 1983 » ⋅ La Révélation d’Arès 25 02 18

    Dieu sait que la foi – sur­tout la foi lucide, qui se recon­quiert des griffes des reli­gions – a dis­pa­ru, au point qu’on ne retrouve qu’avec peine et patience les res­ca­pés du confor­misme, du doute et de l’athéisme au milieu d’une huma­ni­té bru­tale et maté­ria­liste, d’un grouillis de jambes, qui ne portent plus d’âmes, qui ne sont vrai­ment plus que jambes d’os et de chair pour cou­rir après les biens ter­restres, bot­ter et écra­ser les obs­tacles à leurs dési­rs, jambes qui inondent la terre, tel­le­ment que l’oiseau ne trouve plus l’herbe sous leur piétinement.…