444. Définitions en S + 7. Exemples : – aca­dé­mi­cien : ver para­site du porc. – écri­vain : herse des­ti­née à émiet­ter la croûte super­fi­cielle d’une terre. – lec­teur : fonc­tion­naire romain adjoint à un pro­con­sul. – prin­temps : forme d’un cris­tal qui a plu­sieurs faces paral­lèles à une même droite. « Les prin­temps iri­sés de la neige » (Nerval). – été : Durée qui n’a ni com­men­ce­ment ni fin « Il son­geait à l’été futur, étrange mys­tère ; à l’été pas­sé, mys­tère plus étrange encore » (Hugo). – Poésie : pop. argent « avoir de la poé­sie plein les poches » (Céline). – prose : carac­tères quan­ti­ta­tifs et mélo­diques des sons en tant qu’ils inter­viennent dans la poé­sie « en appre­nant la poé­sie d’une langue, on entre plus inti­me­ment dans l’esprit de la nation qui la porte » (Staël). – ciel : techn. : levier à dis­po­si­tif recourbé.

402. Ce qui peut arri­ver de pire au roman c’est le « poé­tique ». See « la recherche » : its cloying sen­ti­men­ta­li­ty. On lui par­donne plus ou moins parce que ce n’est pas de la poésie.

403. Des com­men­ce­ments per­pé­tuels parce que des fins provisoires.

1470. Les phi­lo­sophes, si jamais ils s’intéressent à la poé­sie, ne connaissent en règle géné­rale qu’un poète. Ils ont « leur » poète. Deleuze-Guattari connaissent, appa­rem­ment, Henri Michaux. Heidegger avait pha­go­cy­té Hölderlin. Milner, dans « L’amour de la langue », s’intéresse à Bonnefoy (comme Renaud Camus). Certains Philosophes assignent à cer­tains poètes des rôles : X est ceci, Y cela. Ils font même d’eux (ain­si Badiou de Mallarmé) des phi­lo­sophes à part entière. Ils se com­portent en cela comme le lec­teur un peu pares­seux. Cela ne tire pas à consé­quence. Mais ce qui est tout à fait défen­dable chez un lec­teur est plu­tôt abu­sif chez le phi­lo­sophe. Il s’agit en fait d’une déné­ga­tion radi­cale de la poé­sie. La poé­sie n’a pas qu’un seul repré­sen­tant. Il n’y a pas qu’un seul poète.

3747. Chaque objet, of course, doit avoir sa propre sin­gu­la­ri­té, son ins­cape et son ins­tress. Mais Constable ne recherche guère les sin­gu­liers ; il vise un ins­cape géné­ral, un ins­tress du temps sai­si dans les chan­ge­ments constants du ciel.

3736. C’est la « com­po­si­tion » des ciels qui dit le temps. Les nuages ont la charge du temps. Le pay­sage au sol marque la per­ma­nence. Mais c’est une per­ma­nence caduque. Car simul­ta­né­ment le ciel per­pé­tuel­le­ment chan­geant a un large degré de per­ma­nence, puisque les « châ­teaux » de nuages, comme dit Shelley, sont sans cesse recons­truits. Et le pour­ris­se­ment végé­tal, les ruines des habi­ta­tions, etc., marquent au contraire l’irrémédiablement pas­sé dans le pay­sage au sol. Permanence et chan­ge­ment échangent leurs pro­prié­tés (c’est cela le rap­port pas­sé-pré­sent, temps-durée) ; et pour les faire sen­tir de la manière la plus effi­cace il faut que le ciel soit aus­si exact que le reste du paysage.

3737. Constable’s para­dox : the ever-present in per­pe­tual change : clouds (see Damascius selon Simplicius).

3738. Constable’s Sky Studies : Une conden­sa­tion du chan­ge­ment des nuages ; pas un ins­tant du ciel, en fait. Much dif­ferent from pho­to­gra­phy. Mémoire, et non souvenir.

3739. His pain­tings are his life (see Zuk).

3740. « The com­ple­men­ta­ry aspects of conven­tio­nal land­scape pain­ting which C. wan­ted to sup­press : one was the imi­ta­tion of land­scapes pain­ted by ear­lier artists, the other the tel­ling of a sto­ry, the alle­go­ri­zing or other­wise tar­ting up the land­scape. » But this in order to tell ano­ther sto­ry : the (natu­ral) his­to­ry of the wea­ther. The sto­ry of time through the changes in the forms of clouds. A com­po­si­tion in time.

4143. Dans l’infra­mince passe la langue.

4144. L’explosion du jeu de mots a sui­vi l’implosion de la rime.

4145. Projet d’art de mémoire : faire de tous les objets du monde des rm. Les titrer, les signer.

4146. Lascault : « qui parle de Duchamp ne doit jamais reje­ter un jeu de mots pos­sible. » Hum. Bien au contraire… ne devrait accueillir un jeu de mots qu’avec d’extrêmes précautions.

4147. Thierry de Duve, défi­ni­tion du rea­dy-made : « c’est une œuvre d’art réduite à l’énoncé “ceci est de l’art” ». Non. C’est une œuvre d’art de poésie.

4148. (rem. 3825) D’où, en remon­tant, du poète pas­sion­né de machines par essence céli­ba­taires (pho­no­graphe, pho­to­gra­phie en cou­leur, méca­nisme pour la com­mu­ni­ca­tion avec les pla­nètes), Charles Cros.