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135 entrées
Mode : ParléGenre : Explication

Spécifiquement à l’avenant (PAM4052)

Réponses, empruntées au Livre de la Vie Dure et au Livre de la Vie Molle, à des questions que se posent les jeunes gens en communauté au Tuquet.

la vie dure
une cerise des opinions
comme grand petit sur le moussu des globes
et le moussu des seins des amis les plus tendres
et les plus ordinaires
aboulera aux autonomes de ça seulement vertueux,
aux moches aux yeux de leur propre parti
aux bannis de leurs propres enfers
et distribuera l’air de rien
toutes les joies réconciliées
en simplicité et en profusion
spécifiquement à l’avenant

Livre de la Vie Molle, parabole dite du « bain des molestants » – où les molestants, après avoir ravagé le temple, s’en vont aux thermes (14:32:26:72:13).

Mode : ParléGenre : Exercice

Live birds peck dead mice (PAM3952)

Le collective wisdom corpus est-il le produit d’une concaténation patiente ? Le proverbe est-elle la même vieille brave taupe creusant ses galeries, inlassablement, sous l’assaut constant des idéologies ?

Une discussion avec Sam et Sean à la surface clapotante du générique. À la surface des fois calme des fois agitée du générique. Selon le format de sagesse qui compresse et complique : catalogue de rôles paraboliques (police and thieves, silly lennon / funny ringo, poor lobster and voracious sheep), cosmologies catégoriques, lulling chiasmus or antithesis, langue s’affermissant dans la prescription, impératif moral tenu dans le modal (tu ne dois pas, tu ne peux pas, d’ailleurs tu n’as pas le droit et ce n’est de toute façon pas possible).

<notreally>Wisdom is a format, truth a compression.</butnotreally>

Procédure :
1/ Apply « Sound finder » effect on Audacity (tune a bit according to the source track)
2/ Randomly rename mp3s : for fname in *.mp3 ; do mv « $fname » $(echo « $fname » | sha1sum | cut -f1 -d’ ’).mp3 ; done
3/ Concatenate all mp3s of the folder into one mp3 : cat *.mp3 > final_file.mp3

Mode : Parlé

Branloire pérenne (PAM3852)

L’EP 38 sur 52 de la Petite Année de la Marchandise est une composition en trois mouvements pour deux percussionnistes. Sa partition est mentale, elle consiste
à se visualiser
mentalement foutant
des petits coups dans les chevilles du PETIT BONHOMME DE CHEMIN
ou bien encore à
tataner, à balayer
cette saloperie de
PETIT BONHOMME DE CHEMIN
qui mène à la mort comme on mène au mâle.

Mode : Parlé

Ma (PAM3452)

Ma est le 34e EP de la Petite Année de la Marchandise. C’est une improvisation corollaire d’un texte (Le chevauchant cravachant le galopant) et d’un exercice de prononciation en anglais et allemand (Chateau Cheuvale – colonne de droite sur la page de l’EP) qu’LL de Mars a intussusceptionnés puis précipités dans un diagramme qui a servi de partition. Les figures y sont grotesques et programmatiques, elles sont comme des nœuds de quipou qui à la fois arrêtent, scandent et démêlent les anamnèses.

Le conducteur

1/ « Ma » est, dans de nombreuses langues, le premier son humain émis reconnu comme articulation, donc comme parole.

2/ « Ma » est la première syllabe du nom de Marcel Jousse, la bête schizoïde chamane-possédée dont il est question dans Le chevauchant cravachant le galopant. On y lit que le réglage d’un rapport au monde se fait par des moments de versatilité ludique (ce que l’anglais appelle playing) et par l’affirmation d’une unité scénaristique de ces moments dans une heuristique du rejeu (ce que Jousse appelle un drame). La possibilité préservée d’une reprise, d’un recommencement, maintient ce vide efficace, fonctionnel, du « jeu pour le jeu » (le « ma » japonais : 間). Ce qui finit par constituer l’axe herméneutique du jeu enfantin, pour Jousse, c’est la porosité des rôles établis par le scénario adulte consolidé : sujet/objet, agent/agi, maître/possédé.

3/ « Ma » est un monosyllabe chinois qui imprime l’échangeur [agent/agi] dans le circuit de toute langue et fait son mandarin dans la langue :

Est-ce que maman a châtié le cheval ? Est-ce que le cheval a châtié maman ? (exercice de prononciation mandarin)

<
Le mamamama chinois, exercice de réglage accentuel à l'usage des étrangers, construit, par la répétition, une différence rythmique au sein d'un perçu-comme-même ; c'est le mode de la reprise des jeux enfantins (le noch einmal évoqué par Benjamin dans Spielzeug und Spielen). Ce mode n'autorise qu'un seul rôle, celui de fouetteur fouetté par son langage gestuel et vocal. Ainsi agent/agi, cheval/mère, sont moins des chapichapos – dont le ballet synchronise la pantomime d'un rangement – que des bêtes schizoïdes chamane/possédé – occupées à maintenir l'indétermination de leur idiome commun. Leurs « reprises » ne visent pas l'accord avec un langage soit déjà connu, soit déjà écrit, mais le maintien d'une roue libre spéculative où le signifiant ne risque pas de se fixer – ou plus exactement, de s'admirer dans ce qu'il prend pour son image enfin recomposée.

4/ « Ma » est le radical du prénom d'une fille et par là presque fatalement le nom-doudou qui remplace, valide, complète en l’écourtant, le nom conventionnel de la marionnette parentale. Un nom de formule macho-magique, possessif à clef unique mais accentuable, tonifiable, intensifiable à l’infini.

Mode : Parlé

Les pieds sur Nathalie Quintane – un entretien (PAM3152)

EP 31 sur 52. Un entretien dans Nathalie Quintane, les pieds sur son intérieur, à l’occasion de son sentiment sur, à propos de sa raison, dans ses contradictions les plus sous, avec-c’est-à-dire-sans elle (son nom, sa profile pic de livre de poche), et certainement sans non plus de terrain commun tassé par les noms et leurs opinions ou l’inverse (d’ailleurs laissez-moi vous dire que ça n’a aucune importance, ou l’importance décisive de toute chose dans la tradition de là n’est pas la question). On y parle de politique par devant et des moyens de s’en sortir par derrière, de mozza frontale et de tatoo lombaire, d’immensités complexes à choper rageusement par les flancs et à tordre jusqu’à ce qu’elles bougent.

Mode : ParléGenre : Discours

Mon analyse

(Aménagement du territoire de subjectivité spectaculaire)
Bonjours, je vais bien.
Je vais faire une analyse.
En direct de mon intérieur, du nid de mes opinions, du terrier de mes visions.
Je vais expliquer dans une video.
Suivez-moi dans ma video.
Je ferai une nouvelle video si celle-là n’est pas suffisante.
Je vais bien, je vous adresse ce message.
Il faut que ce soit bien compris.
C’est pas les voisins qui me gênent, là.
Je vous adresse cet appel via depuis à travers mon media.
Un dix-huit juin par jour pendant toute la vie.
Je vais m’individuer devant vos yeux par un récit du monde qui va vous retourner, vous faire voir, vous ouvrir les yeux.
Regarde ! De la liberté d’expression. De la pure. De la bonne. De la vraie.
Sans filtre. Et comme ça fait un petit bail que je couve mes dernières opinions.
J’analyse. Je fais comparaître mes petits.
Une maison, une piaule, une piscine à boules où les boules sont mes opinions.
Bonus-source : La trentième maison de Georges Simenon

Mode : ÉcritGenre : Texte

Ein Querschnitt durch alles (3/3)

On pense, on craint, quand on prépare un bœuf bourguignon, de ne pas vraiment cuisiner un bœuf bourguignon, quand on écrit de la poésie (vers, champs, blocs, ou lignes, ou phrases, ou propositions) de ne pas être en train d’en écrire, quand on fait un film, de ne pas être suffisamment dans le cinéma – ou trop, ce qui revient au même, la posture consistant à vouloir à tout prix se situer dans la Nouvelle Cuisine, l’Anti-Poésie, ou le Non-Cinéma, produit des effets identiques, puisqu’elle présente l’assignation à un lieu, et l’obligation conséquente qu’aurait ce qu’on fait d’y entrer, ou de ne pas désirer y être, comme un impératif. Ce n’est pas un problème de savoir ou de maîtrise technique, mais le désir, soutenu par l’exclusion qui cerne ce dont on s’exclut, de rejoindre le point d’ancrage, l’horizon rêvé où l’on fait du vrai bœuf bourguignon, de la poésie, du cinéma – ceux qui sortent, à reculons ou excités du cinéma / de la poésie, les refondent, mais ceux qui s’y sentent et le revendiquent ne font pas mieux, en les maintenant bien inaliénables, privés.

Nathalie Quintane, Mortinsteinck

eQda : 2. Une putain de rage mitonne dans mon cœur

Version courte : quand le binaire n’amadoue plus, la connaissance est comme rendue momentanément indigeste. Peut-être surtout pour les yeux. Peut-être pas.

tachetache

« Objects I see in this water (EDIT : cum) stain : Do you still see things like you did in clouds when you were younger ? »1

Bonjours. Cet épisode porte sur l’épisode précédent. Depuis lui, j’ai eu 30 ans et deux fois suis monté sur scène : une fois pour faire rire par absence de dramaturgie, une autre fois pour faire chier par absence de dramaturgie. Ça n’est ni une chose ni une chose dont je suis fier, mais le temps écoulé en substance depuis l’été dernier a – comme le post de forum reproduit ci-dessus et cousu depuis juin dans la doublure de ma veste – instamment posé la question si je voyais toujours, ayant eu 30 ans, des choses comme j’en voyais plus jeune dans les nuages du ciel ou dans le sperme des draps.

La langue allemande enseigne

  • qu’on peut poser la question si… (die Frage ob…) sans passer par de savoir si…2
  • qu’on doit faire attention à ne pas être dupe d’elles quand on parle des choses, celles qu’on voit comme celles qu’on croit voir, celles perçues comme celles conçues, parce qu’elles circulent sous deux formes, deux sens, moins binaires que bifrontes : le Ding (un informe dardé : pierre, gland, chat, chien – toute configuration de la matière animée comme inanimée) et la Sache (une belle et authentique question : une dramatique de gland, un débat sur chat, l’affaire pierre, le souci chien – à chaque fois tout un plat).

Il semble évident que la plupart d’entre nous voit la plupart du temps dans tout – ses cieux comme ses draps – toute une production plutôt que du produit produit. C’est que tous nous dramatisons. Tous faisons de gros, gros efforts de dramaturgie pour ne pas nous cantonner à la vue mais accéder à la vision.

On aurait tort de croire que nos efforts de dramaturgie se réduisent aux moments où, monde des mondes, self des selfs, cœur des cœurs et cervelle des cervelles, on s’offre tout son soul sur scène à la grabouille d’un parterre d’yeux verjutés de chiance ou de rire.

Marseille : rires. (Accéder aux autres plats)

Pour se laisser faire indolent de la dramaturgie, il suffit d’un plan ; de même pour se mettre à faire impérieux de la dramaturgie, il suffit d’un espace travaillé par le regard comme fond : cieux, draps, page blanche, scène de théâtre effectivement. Il suffit d’avoir saisi, dans la grabouille d’un mur, d’un ciel, d’un tissu, d’une sauce de salade, ou dans le bordel de déterminations historiques qui saturent la page blanche et la scène, un ensemble et de s’y tenir, plutôt que de s’en tenir à la vue d’un hétéroclite profus.

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Mode : Parlé

B R A V (PAM2152)

BRAV est la relecture, le 4 décembre 2014, par Lotto Thiessen et Erica Zingano d’une improvisation donnée par Antoine Hummel et Sam Langer au Palais de la Poésie de Paris le 12 novembre 2014, dont l’enregistrement original s’est révélé inexploitable dans son intégralité. De la captation du 12 n’ont été conservés dans le montage du 4 que les passages ris, parfois en contexte.

Antoine Hummel : colon basse, speaker natif bourgeois
Sam Langer : collabo de colon basse, connu pour ses rôles antérieurs de colon basse
Lotto Thiessen : colon colonisée alto, rire basse
Erica Zingano : colonisée alto
Auda City : paulstretch, échos, réverbes, tempi varium algebrosis

BRAV est un produit produit dans le cadre de la Petite Année de la Marchandise.

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Mode : Parlé

Otto und die Sirenen (PAM2052)

Otto und die Sirenen : ein Versuch über die Onomastik der Ware und der Leute raconte l’histoire de choses et de gens qui portent le nom de leur fonction, de l’usage de leur corps comme projet de vente ou projet de séduction. Le bouclette est écrit en grec épique de dictionnaire, en allemand marxiste d’essai et en allemand de dictionnaire.

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Mode : ÉcritGenre : Explication

Un clerc

Kenneth Goldsmith est un poète américain, primé par le MOMA et reçu à la Maison Blanche, qui a bâti son œuvre et sa réputation sur la pratique et l’historicisation de la « non-expressivité » et de la « non-originalité ». Le 13 mars 2015, Goldsmith a lu en public, dans une université américaine, un poème intitulé The Body of Michael Brown qui consistait en la reprise, présentée comme littérale, du texte du rapport d’autopsie d’un jeune homme noir assassiné par un officier de police le 9 août 2014 1. Répondant aux controverses nées de cette lecture, Goldsmith s’est récemment posé en victime d’une censure morale venant de la gauche.

Cette justification fait suite à une une déclaration quasi martyrologique dans laquelle il affirme avoir simplement reproduit le texte de l’autopsie – sans l’éditorialiser (mot anglais pouvant signifier « interpréter » ou « angler », dans le jargon journalistique) –, défendant une pratique de la littéralité qui indique (guck mal !), mais l’air de rien et sans la souligner, la teneur ou la charge idéologique du document source. La robe du grand mage débusqueur d’idéologies s’éraille cependant lorsque Goldsmith admet avoir altéré le texte pour produire un effet poétique (« altered the text for poetic effect »), traduit en anglais standard des termes du lexique médical qui seraient demeurés obscurs et auraient interrompu le flux du texte (« translated into plain English many obscure medical terms that would have stopped the flow of the text ») et narrativisé le texte de manière à le rendre moins didactique et plus littéraire (« narrativized it in ways that made the text less didactic and more literary »)2.

Que ces ajustements, retouches, altérations du texte d’origine ne soient pas perçus comme des écarts conséquents par rapport au vœu de littéralité interroge. Quel genre de théorie du langage suppose ces procédures non-expressives ? Quel territoire un terme comme « éditorialiser » recouvre-t-il si de tels arrangements en sont exclus ? Quel « art poétique » s’accommode de la polarité littéraire vs. didactique ?

Plus loin, Goldsmith dit n’avoir ajouté ni altéré un seul mot ou sentiment qui ne préexistât dans le texte d’origine (« That said, I didn’t add or alter a single word or sentiment that did not preexist in the original text. »). Un littéraliste déclaré affirme donc que la précaution qui consiste à préserver un lexique ou un registre sentimental suffit à tenir le serment de loyauté à l’égard d’un texte. Mais quelle est, au juste, la nature d’une loyauté au seul « scribe » – celui dont on prend la peine de corriger l’expression ?

On dit : le remontage de l’expérience du témoin est un problème dramaturgique vieux comme le premier crime. La réécriture « correctrice » de l’expérience du scribe fait, elle, en 2015, écho aux pratiques plus anciennes du clerc : assimilation de l’expérience individuelle à un corpus stylisé (piégé dans la catégorie dramatique de l’épiphanie qu’on peut aussi bien appeler breaking news), corpus auquel est conféré le privilège du caprice dans la désignation, la nomination et la domestication du flux. Ainsi le programme de non-expressivité et de non-originalité s’appuie-t-il commodément sur des énoncés originaux qu’il s’approprie dans la tradition (et dans le préau) de l’académie, celle qui aliène en prétendant transmettre.

Le même problème dramaturgique s’était posé à l’occasion de l’exposition exhibit b, dont les organisateurs ont répondu aux accusations de racisme par une déclaration dont le fond était que leur bonne foi d’antiracistes suffisait à pousser du bon côté du regard la reproduction de tableaux vivants par des acteurs noirs in situ. Le fait que la reproduction littérale, par des agents institutionnels, de zoos humains à l’intérieur d’un théâtre, se fût heurtée à des manifestations de non-acteurs également vivants et également noirs à l’extérieur du théâtre, constitue un énoncé d’une « littéralité » qu’aucune glose ne saurait réduire : à partir de maintenant, se laver les mains dans la grande tradition cathartique au sein d’une société bâtie et nourrie sur l’exploitation et sa douce historisation dans l’ordre des Grandes Découvertes (l’esclavage comme « contact » anthropologique, la colonisation comme « middle ground » etc.), ne sera plus possible.

Cette idéologie, qui a produit des cartographies molaires aux paysages discontinus, trouve son prolongement dans la foi de l’institution en son contexte comme paysage de reproduction d’exception (non-problématique en soi). À cette confiance, les non-acteurs répondent par la convocation d’un contexte plus large, celui d’une société dans laquelle le racisme est considéré comme une tache (« le cancer de la société ») pour éviter d’être traité comme mode, la collection d’énoncés qui va du cri de singe aux jets de bananes occultant la fabrique insidieuse du racisme institutionnel. Ainsi, en 2015, des non-acteurs à l’extérieur du théâtre ont une connaissance plus fine des problèmes de poétique et de dramaturgie que des artistes, à l’intérieur.

Le geste de Goldsmith rapatrie un corps noir dans le discours biologisant de l’universalisme blanc (fait d’une collection d’énoncés sans cesse contredits par la permanence de l’exploitation) et dit, depuis l’intérieur du théâtre, ce que ses énoncés dissimulent sous le va-de-soi de l’antiracisme : « une fois morts nous serons égaux ». En fait de littéralité, son geste ne fait que préserver l’équiformité de son document source3, mais il défère à son texte (par les modifications mentionnées tout à l’heure, les corrections de clerc) le statut de document de culture solidaire d’un ordre dramaturgique solidaire d’un ordre institutionnel ; aussi n’y a-t-il rien d’étonnant à ce que son geste appelle, en fin de compte, le même ordre de commentaires que ceux produits par sa cause (le défendre en définissant l’art conceptuel comme pain stimulus ne fait que confirmer ceci : la carte des affects suscités par une telle œuvre est superposable à celle de ceux suscités par le meurtre lui-même).

C’est ainsi que la conceptualité, en partie parce que décrétée de l’intérieur, rejoint les discours formalisateurs et indexateurs (rapports, gloses, expertises). Et c’est ainsi que Goldsmith, plein d’une foi dans son geste et dans une dramaturgie qui l’excepte (foi résumée dans la célébration d’une force du décontexte), se voit confirmé dans son rôle de clerc.

  1. Le rapport d’autopsie est libre d’accès (pdf, 6 pages, 15,7Mo) ↩
  2. Une dernière retouche, concernant l’agencement, n’est pas mentionnée par l’auteur dans ce message : la description des parties génitales de M. Brown a été déplacée en toute fin de texte, comme la soulignant de fait et couronnant l’ensemble du texte, ce qui ne peut susciter un simple commentaire mais appelle probablement un exposé long-comme-ma-bite sur les perceptions et représentations du « corps noir ». ↩
  3. L.L. de Mars, dans Synoptikon II – dérive du littéral (Pré Carré 3), et à propos de tout autre chose, fait la différence entre la littéralité soumise à sa cause énoncée (« elle traque une fidélité à sa cause — par une harmonique formelle, une équiformité déjà bien problématique — qui garantirait la forme idéalement sans reste susceptible de renvoyer aux conditions de sa réalisation, et autorisant le même ordre des commentaires, des interprétations, des propositions. On peut déjà s’interroger sur le sens d’une forme programmatiquement motivée par sa disparition même… ») et la littéralité qui abolit le supposé rapport, primordial, causal de l’énoncé sur la représentation (« c’est dans la morsure imperceptible d’un corps sur l’autre que l’énoncé et l’image qui en rend compte font de la littéralité une relation réciproque. »). Le texte de Goldsmith appartient à la première catégorie ; ce n’est qu’une image – infiniment expressive – de son propre conditionnement. L’ambition, celle d’une désubjectivation des modes de représentation, est non seulement manquée mais contredite par une déclaration de littéralité qui ignore le biais culturel par lequel elle paie son tribut à l’énoncé de référence. Autrement dit, sa procédure n’accomplit pas un décontexte radical, elle produit un recontexte spectacularisant. ↩