Mini boss mini boss mini boss
Sad middle management mini boss – all cross !
You’re a little centaur with the policement on top !
Sad eyes clip clop floppy cock !!!
It’s just not just – but it’s not just you
But it is you a bit so we might just kill you !
Citations
Ce sont les murs qui font les prisons, mais il y a des murs partout. On y accroche ce que l’on veut, certes mais autant qu’à un jeu de construction l’ensemble des murs – la cité – ressemble à un système incohérent de canaux aveugles et vides. La destruction de la rue, du tissu vivant de la ville, est la constante du mode de construction lié au travail moderne. Hausmann, en créant des percées dans Paris inaugura à des fins de répression un style de privation et d’ennui dont les cités-dortoirs sont le lointain et misérable prolongement. L’espace urbain se confond avec le quadrillage policier en même temps qu’il est envahi par des mobiles non humains qui bouleversent son espace. Des quartiers riches aux cités ouvrières de la périphérie, des villes de province à la campagne un style non-architectural se répand, avec ses modèles, ses ersatz, ses cloisons, érodant le sentiment du paysage, aplanissant les différences, détruisant l’intensité vivante des sensations. Ce style, je l’appellerais celui de la geôle, parce qu’il exerce un contrôle permanent sur les mouvements et les déviations, parce qu’il oublie les individus à longer des murs qui leur cachent la véritable perspective de leurs déplacements, tendant à transformer la prodigieuse cartographie nerveuse de leurs mouvements en un dessin monotone axé sur quelques lignes tracées d’avance. Rien n’est plus lamentable que la critique passéiste du décor dans lequel nous vivons, mais il n’en demeure pas moins que la transformation de ce décor telle qu’elle n’est pas voulue par nous tend à l’appauvrissement croissant des données et des stimuli, comme si la beauté – l’espace librement accordé aux mouvements du corps – devenait sous nos yeux un mirage. Qui organise et veut cet appauvrissement ? Personne, sinon là encore une force inorganique inconsciente à l’œuvre derrière les gestes de la société – c’est-à-dire une force totalitaire d’elle-même, sans plan préconçu, ni idéologie qui la détermine, l’idéologie n’étant qu’un effet de cette force. Un architecte comme Le Corbusier pouvait enfermer les gens sans le vouloir, mais au moins la privation spatiale qu’il instaurait était-elle le résultat d’une volonté géométrique, d’un plan de domination mentale sur autrui critiquable en tant que tel mais ayant le mérite d’exister, d’être lisible. Aujourd’hui le plan est invisible, et c’est pourquoi tout a l’air d’aller vite dans tous les sens alors qu’au contraire la pauvreté d’imagination étend ses filets chaque jour un peu plus pesamment, tandis que s’étendent à perte de vue ces zones où l’on souhaite ne pas avoir à vivre que l’on travers à la vitesse de l’oubli entre les fragments de paradis dispersés et improbable.
En dehors de la sémantique des termes, deux développements majeurs de la logique terministe sont la théorie des conséquences et les obligationes. Formulée dès la fin du XIIe siècle la théorie des conséquences sera perfectionnée tout au long du Moyen Âge tardif. Si la conséquence des adamites est la plus célèbre, maintes autres règles sont progressivement dégagées. Le cadre général d’élaboration est fourni par la distinction entre conséquences naturelles et conséquences matérielles.
Il y a conséquence naturelle quand l’antécédent inclut le conséquent, ce qui veut dire que la validité de la conséquence est déterminée par un « lieu intrinsèque » ; il y a conséquence accidentelle, quand l’antécédent n’inclut pas le conséquent, ce qui veut dire que la conséquence tient par l’application d’une « règle extrinsèque ». C’est le cas d’une inférence comme Si homo est asinus, tu sedes (« si l’homme est un âne, tu es assis »). Cette conséquence est bonne ; elle est bonne de par la consequentia Adamitorum (ex impossibili sequitur quodlibet, « de l’impossible suit n’importe quoi ») laquelle repose elle-même sur le locus a minori (« topique du moins »), c’est-à-dire sur le fait que l’impossible paraît moins vrai que n’importe quoi d’autre – d’où résulte que si ce qui paraît le moins vrai est posé comme vrai, ce qui paraît plus vrai que le moins vrai est nécessairement vrai.
C’est sur des relations topiques (habitudines locales) de ce genre que reposent les « règles conséquentielles » vedettes de la logique du XIVe siècle : « toute conséquence est bonne dans laquelle le conséquent est nécessaire » et « toute conséquence est bonne dans laquelle l’antécédent est impossible ». Très éloignée de l’intuition naturelle, ces règles ont été violemment critiquées par les humanistes. […]
Joint à l’approfondissement des notions de logique modale, l’essor de la théorie des conséquences a permis l’éclosion de nombreuses logiques non aristotéliciennes : logique du changement […], logique déontique, logique des normes, théorie des impératifs contraires au devoir […], logique épistémique […].
Un sophisma n’est pas un « sophisme » au sens habituel du terme : ce n’est pas une fallacie ni un paralogisme. Ce n’est pas un raisonnement faux ou vicieux : c’est une simple proposition déroutante (puzzling-sentence), dont l’analyse et la « solution » sont menées contradictoirement au sein d’une dispute mettant aux prises un opponens et un respondens (voire plus). L’examen d’un sophisma suit un programme précis et quasiment invariable. On définit d’abord un univers de discours, c’est la « positio » du « casus ». On fait ensuite deux inférences. L’une pend le sophisma pour conclusion, l’autre pour prémisse. La première inférence sert à prouver que le sophisma est vrai, c’est la « probatio », la seconde à prouver qu’il est faux, c’est l”« improbatio » ou « contra ». La solution (solutio) consiste généralement à déterminer le type de proposition qu’est le sophisma. Pour cela, on montre que « probatio » et « improbatio » reposent chacune sur une certaine interprétation de la phrase. Ces interprétations différentes sont explicitées par des procédures spécifiques. Le statut logique du sophisma est en général donné par l’une des qualifications suivantes : la phrase « ambiguë » (multiplex), si l’interprétation correspondant à la « probatio » et celle correspondant à l”« improbatio » sont toutes deux possibles. Elle est vraie, si le sens correspondant à la « probatio » fait que la proposition est vérifiée pour les conditions imposées par le « casus ». Elle est fausse dans le cas contraire. Un sophisma est donc généralement vrai dans un sens, faux dans un autre. Toutefois, une proposition peut bien être ambiguë et fausse dans les deux sens ou transparente mais fausse dans le cas considéré et en général (simpliciter falsa) ou encore transparente et vraie sous tous les rapports (simpliciter vera).
À quoi servent les sophismata ? Il y a approximativement autant de variétés de sophismata et de disputes dophismatiques qu’il y a de formes de disputes et de finalités pédagogiques : le spectre est large et continu.
On peut, cependant, distinguer entre les siècles. Au XIIIe siècle, la fonction du sophisma est de tester la pertinence des règles et des distinctions usuelles de la sémantique logique et de la grammaire philosophique, qu’elle soit ou non spéculative. Il en va en ce sens des sophismata comme de la plupart des énoncés discutés par les philosophes analytiques depuis Russel. […]
Au XVe siècle, le sophisma devient une méthode de raisonnement qui s’applique à tous les secteurs du savoir : notamment à la physique, phénomène particulièrement net dans l’École des Calculateurs d’Oxford et encouragé par l’existence de disputationes de parviso (« disputes de parvis ») entre étudiants hors l’école) où l’imaginaire philosophique n’est limité par aucune souci de réalisme. Les cas, les règles et les arguments sont intégrés dans une stratégie métalinguistique d’ensemble, dont la visée n’est plus pédagogique, au sens où elle serait liée à un mode particulier d’institution de la dispute, mais scientifique, au sens où le sophisma est désormais un cadre conceptuel permettant de « pousser l’examen d’une question » physique, « au-delà des limites des possibilités physiques licites pour la philosophie naturelle et de s’engager dans le champ plus large de ce qui est logiquement possible » (J. Murdoch). Le format pédagogique du sophisma devient ainsi le format même de la science comme activité discursive.
Le concept clef de la logique terministe est la suppositio, sa méthode principale est l’analyse et la solution des sophismata. Concept et méthode sont indissociables, la définition des différents types de suppositions (modi supponendi) étant illustrée, conditionnée et finalisée par l’étude des sophismata.
L’origine de la notion de suppositio est théologique et grammaticale. La théologie trinitaire distinguant les hypostases et l’essence, le mot latin suppositum (suppôt) exprime en générale l’hypostase ou la Personne. Dès le XIIe siècle, les théologiens, utilisant le verbe supponere, familier des grammairiens (qui l’utilisent dans le sens de « fonctionner comme sujet d’une phrase »), s’interrogent sur la manière dont « supposent » les termes de certains énoncés trinitaires – « manière de supposer » (modus supponendi) signifiant par conséquent ici « manière de fonctionner comme sujet grammatical », avec deux possibilités : comme nom essentiel (commun) pour désigner l’essence ou comme nom personne (propre) pour désigner le suppôt. […] Au tournant du XIIe au XIIIe siècle, le verbe supponere désigne à la fois le rôle syntaxique du sujet grammatical d’une phrase et la valeur sémantique qui est la sienne dans l’exercice de ce rôle. Le terme suppositio qui se généralise alors signifie donc simultanément la fonction sujet et la référence sémantique d’un terme. Cette approche syntactico-sémantique des termes a été baptisée « approche contextuelle » de la signification et de la référence (L.-M. de Rijk). Originairement définie dans un contexte propositionnel, la suppositio, propriété sémantique des termes sujets d’une phrase remplace, au XIIIe siècle, les notions d’appellatio ou de nominatio utilisées par les logiciens du XIIe siècle pour désigner la référence ou la dénotation d’un terme.
On peut, comme nous l’avons vu, accepter sans peine l’équivalence entre le « locutoire » ou « constatif » austinien et le « parler de » ou « apophantique » aristotélicien. Dans les deux cas, il y va d’un régime normal du discours, celui que la philosophie pense et pratique, lié au moins dans l’Antiquité à l’ontologie et à la phénoménologie, que l’on peut désigner par réduction comme « illusion descriptive » et qu’Austin considère d’emblée comme le seul auquel les philosophes ont prêté attention. Un normal statement est un logos apophantikos, un « énoncé propositionnel » : « le chat est sur le paillasson » vaut « la neige est blanche » ou « Socrate est mortel ». Tous deux disent quelque chose, legein ti pour Aristote et say something pour Austin, et même disent « quelque chose de quelque chose » (ti kata tinos, S est P). Ils ont dans les deux cas un rapport au meaning, au sêmainein, à la signification, c’est-à-dire généralement au sens et à la référence, et ils sont susceptibles de vérité et de fausseté, true/false, alêthes/pseudos.
Ce sont les mêmes éléments qui composent l’esprit et le monde. Cette situation est identique pour tout esprit et son monde, malgré l’abondance insondable de « renvois » entre eux. Le monde m’est donné une seule fois, et non pas sous une version existante et une version perçue. Le sujet et l’objet ne font qu’un. On ne peut dire que la barrière entre eux a été brisée par suite d’une pratique récente dans les sciences physiques, puisque cette barrière n’existe pas.
Qui donc peut se tenir au-dessus de la mêlée interprétative en un lieu lui permettant d’assigner à chaque énoncé une signification constante ? Et pourquoi considère-t-on que la menace que ferait peser une telle autorité est moins grave que celle que constitue l’interprétation équivoque ?
Peut-on écrire sans protocole ? Peut-on d’ailleurs manger sans protocole ? Se balader dans une ville sans protocole et sans qu’on vous donne un sandwich quand vous êtes noir ? N’importe quoi, peut-être, mais pas n’importe comment.
Donc, des phrases simples. Pour une raison simple : c’est qu’un terrain, c’est quand on parle, et que l’idée qu’on se fait de la parole, c’est que c’est moins compliqué que l’écrit, et du coup quand on la retranscrit, et qu’on s’aperçoit qu’entre les répétitions, les digressions et les hésitations, c’est incompréhensible, on te nettoie tout ça, on éclaircit, on purifie, pour aboutir à des phrases, je disais, simples, sympathiques – au fond, oui, c’est ça, sympathiques. Des phrases qu’on se verrait bien dire soi-même, illico, la lecture « silencieuse » se doublant d’une lecture à voix haute in petto (on s’entend lire ce qu’on lit), alors quelque chose de la distance de l’écrit, son côté toujours un peu pierre tombale, disparaîtrait, fondrait dans la sympathie de l’oral, les souvenirs scolaires mauvais, l’effort au déchiffrement, toutes les fois où on a buté parce que c’était difficile, envolés dans la fluidité d’un rapport cool au paragraphe, ou encore mieux, comme les objectivistes, comme cette poésie qui consiste à retaper des phrases orales déjà écrites en passant à la ligne souvent, sauf que les objectivistes ne retapaient pas des phrases sympathiques, au contraire ils retapaient les phrases de procès horribles, des témoignages plus insoutenables les uns que les autres, et comme pour qu’on les lise d’une traite, que rien ne nous échappe, et qu’on n’échappe à rien, ils avaient adopté cette méthode, qui consiste à ressaisir presque telles quelles des phrases terribles, si bien que l’effet, au bout d’un moment, c’est qu’on repose le livre, on ne peut plus continuer ce livre à la fois si facile à lire et insupportable, de telle sorte que je me demande si ce n’est pas le seul genre de phrases qu’on peut moralement récrire telles quelles, parce que sinon à quoi ça sert de récrire des phrases sympathiques pour les rendre encore plus sympathiques ? Voulez-vous être dans un livre comme dans des pantoufles ? Aimeriez-vous pantoufler dans ce bouquin ? Par ailleurs, on ne peut sans cesse jeter des seaux d’eau glacée à la tête du lecteur, ou du spectateur. Il faut, d’une certaine manière, lui avancer ses pantoufles, avant de lui mettre les pieds dans l’eau glacée. Cela, les objectivistes l’ont parfaitement compris.