• Michel Foucault ⋅ « Sur la jus­tice popu­laire, débat avec les maos » ⋅ Dits et écrits 27 07 17

    Ce que j’ai appe­lé dans Les mots et les choses « épis­té­mè » n’a rien à voir avec les caté­go­ries his­to­riques. J’entends tous les rap­ports qui ont exis­té à une cer­taine époque entre les dif­fé­rents domaines de la science […] Ce sont tous ces phé­no­mènes de rap­port entre les sciences ou entre les dif­fé­rents dis­cours dans les divers sec­teurs scien­ti­fiques qui consti­tuent ce que j’appelle « épis­té­mè d’une époque ».…

  • Michel Foucault ⋅ « Le jeu de Michel Foucault (entre­tien avec Dominique Colas, Alain Grosrichard, Guy Le Gaufey, Jocelyne Levi, Gerard Miller, Judith Miller, Jacques-Alain Miller, Catherine Millot, Gérard Wajeman) » ⋅ Dits et écrits

    [Il faut entendre épis­té­mè] « comme le dis­po­si­tif stra­té­gique qui per­met de trier, par­mi tous les énon­cés pos­sibles, ceux qui vont pou­voir être accep­tables à l’intérieur, je ne dis pas d’une théo­rie scien­ti­fique, mais d’un champ de scien­ti­fi­ci­té, et dont on pour­ra dire : celui-ci est vrai ou faux. C’est le dis­po­si­tif qui per­met de sépa­rer, non pas le vrai du faux, mais l’inqualifiable scien­ti­fi­que­ment du qua­li­fiable. Michel Foucault, entre­tien de 1977…

  • Michel Foucault ⋅ L’archéologie du savoir 05 09 17

    L’archive n’est pas non plus ce qui recueille la pous­sière des énon­cés deve­nus inertes et per­met le miracle éven­tuel de leur résur­rec­tion ; c’est ce qui défi­nit le mode d’actualité de l’énoncé-chose ; c’est le sys­tème de son fonc­tion­ne­ment[…] Entre la langue qui défi­nit le sys­tème de construc­tion des phrases pos­sibles, et le cor­pus qui recueille pas­si­ve­ment les paroles pro­non­cées, l’archive défi­nit un niveau par­ti­cu­lier : celui d’une pra­tique qui fait sur­gir une mul­ti­pli­ci­té d’énoncés comme autant d’événements régu­liers, comme autant de choses offertes au trai­te­ment et à la mani­pu­la­tion. Elle n’a pas la lour­deur de la tra­di­tion ; et elle ne consti­tue pas…

  • Michel Foucault ⋅ Le cou­rage de la vérité 08 04 18

    Cette année, je vou­drais conti­nuer l’étude du franc-par­ler, de la par­rê­sia comme moda­li­té du dire-vrai. (…) L’alèthurgie serait, éty­mo­lo­gi­que­ment, la pro­duc­tion de la véri­té, l’acte par lequel la véri­té se mani­feste. Donc lais­sons de côté les ana­lyses de type « struc­ture épis­té­mo­lo­gique » et ana­ly­sons un peu les « formes alèthurgiques ».…

  • Michel Foucault ⋅ Le cou­rage de la vérité

    On ne dira pas que le géo­mètre ou le gram­mai­rien, ensei­gnant ces véri­tés aux­quelles ils croient, sont des par­rè­siastes. Pour qu’il y ait par­rê­sia (…) il faut que le sujet, [en disant] cette véri­té qu’il marque comme étant son opi­nion, sa pen­sée, sa croyance, prenne un cer­tain risque, risque qui concerne la rela­tion même qu’il a avec celui auquel il s’adresse. Il faut pour qu’il y ait par­rê­sia que, en disant la véri­té, on ouvre, on ins­taure et on affronte le risque de bles­ser l’autre, de l’irriter, de le mettre en colère et de sus­ci­ter de sa part un cer­tain nombre de conduites qui…

  • Michel Foucault ⋅ Le cou­rage de la vérité

    La pra­tique de la par­rê­sia s’oppose terme à terme à ce qui est en somme l’art de la rhé­to­rique. (…) Le bon rhé­to­ri­cien, le bon rhé­teur est l’homme qui peut par­fai­te­ment et est capable de dire tout autre chose que ce qu’il sait, tout autre chose que ce qu’il croit, tout autre chose que ce qu’il pense, mais de le dire de telle manière que, au bout du compte, ce qu’il aura dit, et qui n’est ni ce qu’il croit ni ce qu’il pense ni ce qu’il sait, sera, devien­dra ce que pensent, ce que croient et ce que croient savoir ceux…

  • Michel Foucault ⋅ Le cou­rage de la vérité

    Disons, très sché­ma­ti­que­ment, que le rhé­teur est, ou en tout cas peut par­fai­te­ment être un men­teur effi­cace qui contraint les autres. Le par­rè­siaste, au contraire, sera le diseur cou­ra­geux d’une véri­té où il risque lui-même et sa rela­tion avec l’autre. (…) La par­rê­sia est tout de même autre chose qu’une tech­nique ou un métier, (…) c’est une atti­tude, une manière d’être qui s’apparente à la ver­tu, une manière de faire. »…

  • Michel Foucault ⋅ Le cou­rage de la vérité 10 10 18

    Démosthène dit ain­si que, à la dif­fé­rence des mau­vais par­rè­siastes qui, eux, disent n’importe quoi et n’indexent pas leurs dis­cours à la rai­son, il ne veut pas par­ler sans rai­son, il ne veut pas « en venir aux injures » et « rendre coup pour coup » (vous savez, ces fameuses dis­putes où on dit n’importe quoi, pour­vu que ça puisse des­ser­vir l’adversaire et être utile à sa propre cause). Il ne veut pas faire cela, il veut au contraire, avec de la par­rê­sia (meta par­rê­sias) dire le vrai (ta ale­thê : les choses vraies). D’ailleurs, il ajoute : je ne dis­si­mu­le­rai rien (oukh apo­kh­rup­sô­mai). Ne…

  • Michel Foucault ⋅ Le cou­rage de la vérité

    Le cynisme ne se contente donc pas de cou­pler ou de faire se cor­res­pondre, dans une har­mo­nie ou une homo­pho­nie, un cer­tain type de dis­cours et une vie conforme aux prin­cipes énon­cés dans le dis­cours. Le cynisme lie le mode de vie et la véri­té sur un mode beau­coup plus ser­ré, beau­coup plus pré­cis. Il fait de la forme de l “exis­tence une condi­tion essen­tielle pour le dire-vrai. Il fait de la forme de l “exis­tence la pra­tique réduc­trice qui va lais­ser place au dire-vrai. Il fait enfin de la forme de 1 “exis­tence une façon de rendre visible, dans…

  • Michel Foucault ⋅ Le cou­rage de la vérité

    Et un peu plus loin il ajoute : Tu es le meilleur et le plus par­fait des phi­lo­sophes, étant le mar­tyr, le témoin de la véri­té (mar­tu­rôn tês alê­theias). Alors bien sûr, mar­tu­rôn ([du verbe] mar­tu­rein) ne désigne pas uni­que­ment le mar­tyr au sens que nous don­nons d’ordinaire à ce terme. C’est le témoi­gnage de la véri­té qui est ici dési­gné. Mais vous voyez bien que dans la bouche de Grégoire, il ne s’agit pas sim­ple­ment du témoi­gnage ver­bal de quelqu’un qui dirait la véri­té. Il s’agit bien de quelqu’un qui, dans sa vie même, dans sa vie de chien, n’a…

  • Michel Foucault ⋅ Le cou­rage de la vérité

    Troisièmement, le par­rè­siaste, là encore par défi­ni­tion, ne parle pas par énigmes, à la dif­fé­rence du pro­phète. Il dit au contraire les choses le plus clai­re­ment, le plus direc­te­ment pos­sible, sans aucun dégui­se­ment, sans aucun orne­ment rhé­to­rique, de sorte que ses paroles peuvent rece­voir immé­dia­te­ment une valeur pres­crip­tive. Le par­rè­siaste ne laisse rien à inter­pré­ter. Certes, il laisse quelque chose à faire : il laisse à celui auquel il s’adresse la rude tâche d’avoir le cou­rage d’accepter cette véri­té, de la recon­naître et d’en faire un prin­cipe de conduite. Il laisse cette tâche morale, mais, à la dif­fé­rence du pro­phète, il…

  • Michel Foucault ⋅ L’archéologie du savoir 23 11 15

    Avant d’avoir affaire, en toute cer­ti­tude, à une science, ou à des romans, ou à des dis­cours poli­tiques, ou à l’œuvre d’un auteur ou même à un livre, le maté­riau qu’on a à trai­ter dans sa neu­tra­li­té pre­mière, c’est une popu­la­tion d’événements dans l’espace du dis­cours en géné­ral. Ainsi appa­raît le pro­jet d’une des­crip­tion des évé­ne­ments dis­cur­sifs comme hori­zon pour la recherche des uni­tés qui s’y forment. Cette des­crip­tion se dis­tingue faci­le­ment de l’analyse de la langue. Certes, on ne peut éta­blir un sys­tème lin­guis­tique (si on ne le construit pas arti­fi­ciel­le­ment) qu’en uti­li­sant un cor­pus d’énoncés, ou une collection…

  • Michel Foucault ⋅ L’archéologie du savoir

    Derrière le sys­tème ache­vé, ce que découvre l’analyse des for­ma­tions, ce n’est pas, bouillon­nante, la vie elle-même, la vie non encore cap­tu­rée ; c’est une épais­seur immense de sys­té­ma­ti­ci­tés, un ensemble ser­ré de rela­tions mul­tiples. Et de plus, ces rela­tions ont beau n’être pas la trame même du texte, elles ne sont pas par nature étran­gères au dis­cours. On peut bien les qua­li­fier de « pré­dis­cur­sives », mais à condi­tion d’admettre que ce pré­dis­cur­sif est encore du dis­cur­sif, c’est-à-dire qu’elles ne spé­ci­fient pas une pen­sée, ou une conscience ou un ensemble de repré­sen­ta­tions qui seraient, après coup et d’une façon jamais tout à…

  • Michel Foucault ⋅ L’archéologie du savoir

    Et aus­si­tôt le pro­blème se pose : si l’énoncé est bien l’unité élé­men­taire du dis­cours, en quoi consiste-t-il ? Quels sont ses traits dis­tinc­tifs ? Quelles limites doit-on lui recon­naître ? Cette uni­té est-elle ou non iden­tique à celle que les logi­ciens ont dési­gnée par le terme de pro­po­si­tion, à celle que les gram­mai­riens carac­té­risent comme phrase, ou à celle encore que les « ana­lystes » essaient de repé­rer sous le titre de speech act ? Quelle place occupe-t-elle par­mi toutes ces uni­tés que l’investigation du lan­gage a déjà mises au jour, mais dont la théo­rie est bien sou­vent loin d’être ache­vée tant les pro­blèmes qu’elles…

  • Michel Foucault ⋅ Leçons sur la volon­té de savoir (1970–1971) 23 11 14

    Il existe depuis des siècles un thème dont la bana­li­té porte jusqu’au dégoût, c’est le thème que tout le monde fina­le­ment est un peu phi­lo­sophe. Thème que le dis­cours phi­lo­so­phique écarte aus­si­tôt pour faire appa­raître celui-ci, à savoir que la phi­lo­so­phie est une tâche spé­ci­fique, en retrait et à dis­tance de toutes les autres et qui ne peut se réduire à aucune autre. Mais thème que le dis­cours phi­lo­so­phique reprend non moins régu­liè­re­ment pour affir­mer que la phi­lo­so­phie n’est rien d’autre que le mou­ve­ment de la véri­té elle-même, qu’elle est la conscience pre­nant conscience de soi – ou qu’il est…

  • Michel Foucault ⋅ Leçons sur la volon­té de savoir (1970–1971)

    J’étais par­ti de deux modèles d’analyse. Dans l’un (qui me semble carac­té­ri­ser la tra­di­tion phi­lo­so­phique), la volon­té de savoir est prise à l’intérieur d’une connais­sance préa­lable dont elle consti­tue le dérou­le­ment, comme le déca­lage et le délai inté­rieur. Dans l’autre modèle, le connaître doit être ana­ly­sé comme pur évé­ne­ment à la sur­face de pro­ces­sus qui ne sont pas en eux-mêmes de l’ordre de la connais­sance ; appe­lons savoir l’ensemble de ces évé­ne­ments. Quant à la connais­sance (c’est-à-dire au rap­port sujet-objet), elle serait un effet inté­rieur au connaître. Effet qui n’a pas pu être évi­té mais qui n’est peut-être pas néces­saire. Enfin,…

  • Michel Foucault ⋅ Leçons sur la volon­té de savoir (1970–1971)

    [L’effet sophis­tique] est ren­du pos­sible par le fait que, dans la pra­tique du dis­cours, ce qui est mani­pu­lé, ce sont non pas les choses elles-mêmes, mais leurs sym­boles ver­baux. Très exac­te­ment leur nom. […] Il se pro­duit dans une cer­taine dif­fé­rence entre les noms et les choses, entre les élé­ments sym­bo­liques et les élé­ments sym­bo­li­sés. En quoi consiste cette dif­fé­rence ? Ce n’est point celle par laquelle les mots pro­duisent un effet de sens, alors que les choses ne le pro­duisent pas. Ce n’est pas non plus la dif­fé­rence entre phy­sis et nomos, entre le carac­tère natu­rel des choses et le…

  • Michel Foucault ⋅ Leçons sur la volon­té de savoir (1970–1971)

    La dif­fé­rence, par laquelle s’élimine la réa­li­té maté­rielle du dis­cours, est la condi­tion de l’apophantique comme champ de la véri­té ou de l’erreur des pro­po­si­tions. […] Le sophisme n’est jamais réel­le­ment décla­ra­tif. Il ne peut y avoir apo­phan­tique qu’à la condi­tion que soit d’abord neu­tra­li­sée la maté­ria­li­té du dis­cours et qu’ensuite ce dis­cours soit trai­té selon l’axe de la réfé­rence à ce dont il parle. […] La Sophistique, elle, se main­tient tou­jours au niveau d’une cer­taine « hylé­tique » du dis­cours […] et ce à quoi elle abou­tit […] c’est au silence d’un des deux par­te­naires. […] L’apophantique se défi­nit par la continuité…

  • Michel Foucault ⋅ Leçons sur la volon­té de savoir (1970–1971)

    Le sophisme, lui, prend appui non pas sur la struc­ture élé­men­taire de la pro­po­si­tion mais sur l’existence d’un énon­cé ; sur le fait que des mots ont été pro­non­cés et qu’ils demeurent là, au centre de la dis­cus­sion, comme ayant été pro­duits et pou­vant être répé­tés, recom­bi­nés au gré des par­te­naires ; c’est dit, c’est dit : non point comme une forme idéale, régu­lière et qui peut rece­voir cer­tains types de conte­nu mais un peu comme ces tro­phées que les guer­riers après la bataille mettent au milieu d’eux et qu’ils vont s’attribuer, non sans dis­pute et contes­ta­tion eis meson [« au milieu »].…

  • Michel Foucault ⋅ Leçons sur la volon­té de savoir (1970–1971)

    [En contexte sophis­tique,] l’attribution d’un énon­cé à un sujet par­lant ne ren­voie pas au sens qu’il a vou­lu y mettre, à son inten­tion signi­fiante ou sa pen­sée. S’il emploie le verbe man­ta­nein, peu importe qu’il ait vou­lu dire « apprendre ». Cette inten­tion ne fixe pas l’usage du mot dans la dis­cus­sion, mais plus radi­ca­le­ment encore : la par­tie sophis­tique qui se joue ne per­met pas au sujet par­lant de se réfé­rer à des règles (gram­ma­ti­cales ou logiques) concer­nant l’usage des mots et que tous les par­te­naires auraient admises. Il n’y a pas de recours à un « niveau d’arbitrage méta­lin­guis­tique ». Chaque sujet est…

  • Michel Foucault ⋅ Leçons sur la volon­té de savoir (1970–1971)

     Tenir pour vrai, dans le sophisme, c’est s’engager à tenir. De là le fait impor­tant que le sophisme emporte avec lui une onto­lo­gie bizarre, par­tielle limi­ta­tive, dis­con­ti­nue et boi­teuse. En effet, la seule chose que mani­pule le Sophiste, le seul être auquel il s’adresse, c’est celui de la chose dite ; c’est celui de l’énoncé dans sa réa­li­té maté­rielle. Matérialité para­doxale puisqu’elle implique soit les sons, soit les lettres, et, par­tant, une rare­té comme celle des choses ; son dérou­le­ment linéaire et sériel et [néan­moins] son main­tien. Or, si les mots ont leur réa­li­té maté­rielle spé­ci­fique, au milieu de toutes les autres…

  • Michel Foucault ⋅ Leçons sur la volon­té de savoir (1970–1971)

    L’effet appa­rent de véri­té qui vient jouer dans le sophisme est en réa­li­té un lien qua­si juri­dique entre un évé­ne­ment dis­cur­sif et un sujet par­lant. De là, le fait qu’on trouve chez les Sophistes les deux thèses : Tout est vrai (dès que tu dis quelque chose, c’est de l’être). Rien n’est vrai (tu as beau employer des mots, ils ne disent jamais l’être).…

  • Michel Foucault ⋅ Leçons sur la volon­té de savoir (1970–1971)

    Ne pas se contre­dire dans le jeu sophis­tique, c’est dire la même chose. La même chose iden­ti­que­ment, sub­stan­tiel­le­ment. Se contre­dire, c’est sim­ple­ment dire autre chose, ne pas dire la même chose. On voit bien que dans une phi­lo­so­phie du signi­fié et de la dif­fé­rence, on peut très bien dire une chose, puis une autre, sans se contre­dire ; en revanche dans la sophis­tique, où le seul être c’est ce qui a été dit, il n’y a que deux pos­si­bi­li­tés : ou bien dire la même chose, ou bien ne pas dire la même chose (tenir ou ne pas tenir, ce qui est…

  • Michel Foucault ⋅ Leçons sur la volon­té de savoir (1970–1971)

    Le sophisme a beau faire jouer des oppo­si­tions fami­lières être/­non-être, contradictoire/non contra­dic­toire, vrai/faux, il faut bien se rendre compte de la manière dont se fait ce jeu : – vrai/faux fonc­tionne comme équi­valent : accordé/pas accor­dé, – être/­non-être fonc­tionne comme équi­valent : dit/pas dit, – non contradictoire/contradictoire comme rejeté/non reje­té. Toutes oppo­si­tions, on le voit, qui jouent au niveau de l’existence du dis­cours comme évé­ne­ments dans un jeu.…

  • Michel Foucault ⋅ Leçons sur la volon­té de savoir (1970–1971)

    Il faut dans ces condi­tions, bien gar­der pré­sent à l’esprit que le logos apo­phan­ti­kos dont parle Aristote s’établit dans un double sys­tème d’oppositions : – Il s’oppose expli­ci­te­ment [Peri her­me­neia, 4, 17a2] à la prière, à l’ordre, au com­man­de­ment, bref à toutes ces for­mu­la­tions qui ne peuvent pas être rame­nées à des pro­po­si­tions vraies ou fausses. Le logos apo­phan­ti­kos est donc un type d’énonciation qui s’oppose à d’autres énon­cia­tions. Le logos apo­phan­ti­kos est alors un énon­cé décla­ra­tif. – Il s’oppose impli­ci­te­ment, ou en tout cas à un autre niveau, à des énon­cés qui ont aus­si la forme décla­ra­tive, mais qui sont…